La fin de la route ressemblait à un rêve. A l’approche de Hong Kong, tout ce qu’un cycliste pouvait espérer d’un paysage, le décor nous l’offrait. Malgré cette vie de pauvreté et de simplicité volontaire, nous ne manquions de rien. Depuis longtemps, nos cerveaux étaient dépendants à la dose journalière d’endorphine que nous leur fournissions. Pas de problème, l’activité physique fera toujours partie de notre quotidien. Pour les non-initiés, cette drogue naturelle est produite par l’hypophyse après un effort physique intense, une excitation ou par la nourriture épicée. Lorsque l’endorphine est produite, il en résulte une sensation formidable de bien-être. Ils avaient raison, la meilleure source de bonheur se trouve en nous. Laissez tomber le chocolat, venez faire du vélo avec nous !
Certains signes ne mentent pas. Le retour à la maison était éminent et il en était mieux ainsi. Depuis onze mois, nous avions fait un voyage risqué, mais sans accrochage et sans ennui majeur. Cela relevait du miracle compte tenu des habitudes de conduites asiatiques. Quelques kilomètres avant d’arriver à Hong Kong, une dame sur sa motocyclette s’est engagée sans regarder sur la route où nous roulions, frappant violemment Geneviève de côté. En se retournant pour regarder l’étendue des dégâts, notre maladroite avait oublié d’immobiliser sa moto et elle est venu me heurté, moi qui roulait un peu plus loin devant. Heureusement, cette démonstration de pilotage causa seulement quelques égratignures et un poignet foulé. Pour quelques jours, Geneviève dut conduire sa bécane d’une seule main ! Comme on dit : plus de peurs que de mal.
Tandis que notre dernier jour de vélo approchait, nos montures se transformaient graduellement en pièces de ferraille rouillée. Après 15 000 km, Geneviève roulait sur des roues de plus en plus tordues. Sur les 27 vitesses que mon vélo avait au départ, seulement quatre ou cinq fonctionnaient encore. Nous pouvions toujours avancer, c’était l’important. Il ne restait plus que quatre kilomètres à faire pour atteindre la destination ultime de notre voyage quand Geneviève a entendu le bruit caractéristique d’un rayon de roue qui se brise. Rien de problématique, nous avions déjà réparé une dizaine de rayons auparavant. C’est en se penchant plus près sur le problème que nous avons réalisé que ce n’était pas un rayon qui avait brisé, mais le moyeu de la roue qui était littéralement fendu. Le genre de problème majeur qui nous aurait retenus plusieurs semaines afin de commander une nouvelle pièce. Ouf ! Quelle chance ! Après 300 jours de vélo et 15 081 km, le bris mécanique était survenu la toute dernière journée, à 4 kilomètre de notre arrivée ! Incroyable ! Nous étions bénis des Dieux.
Le temps d’une photo pour immortaliser le moment, nous étions à la ligne d’arrivée de notre long périple. Après 1000 heures à pédaler, nous y étions. Je ne savais pas trop qu’est-ce qu’on pouvait dire à la fin d’une telle aventure. Je voulais remercier Geneviève d’avoir été une si bonne compagne. Après avoir réussit ce défi avec elle, j’avais le sentiment que notre couple n’avait jamais été aussi fort. Nous étions dans la même équipe plus que jamais. Nous avions appris énormément sur nos forces et nos faiblesses. Cela aidait à affronter tous les obstacles. Le bilan du voyage ne pouvait qu’être positif… mais je préférai me taire. Le sentiment était trop étrange pour l’exprimer avec des mots.
Nous avons entreposé les vélos chez un bon samaritain et nous avons embarqué sur un vol qui nous menait au Népal. C’était la fin d’une époque. La fin d’une belle aventure. Nous volions en direction des montagnes avec des projets et des rêves plein la tête. Nous ne n’étions pas prêts de nous arrêter. Ce n’est pas une question de chance, mais un choix de vie. Pour nous, ça s’appelle vivre…
dimanche 22 novembre 2009
samedi 7 novembre 2009
Destination finale : Hong Kong !
Les dernières semaines avaient été rudes sur ma carcasse de voyageur. Alors que je m’étais débarrassé de mes béquilles, un virus me pris et tira toute l’énergie que mon corps possédait. Une semaine de fièvre, quatre jours au lit et la vigueur d’un ours qui sort de son hibernation. Les scientifiques donnent un nom à ce virus : H1N1. Les joueurs de Scrabble préfèrent l’appeler influenza. Pour ma part, j’ai compris pourquoi tant de gens sont décédés de la grippe espagnole, un virus qui revient à la mode aujourd’hui.
Les parents de Geneviève nous avaient quittés et nous nous retrouvions à nouveau seuls au milieu de Shanghai. Seuls… avec nos vélos. La liberté d’aller où nous voulions pour les trois mois suivant. La liberté… Allo !? … la liberté ! Normalement, ces trois syllabes suffisent pour allumer l’étincelle au cœur de tout bon aventurier. Pour Pierre et Geneviève, il n’y avait plus de réponse au numéro composé. Hélas, après neuf mois lâchés lousses dans la nature, nous avions épuisé la majorité de nos fantasmes d’aventures. Nous nous retrouvions au dépourvu devant tant de possibilités et si peu de motivation. Repartir sur de longues routes ? L’envie n’y était plus. La vie de routard sur deux roues qui nous excitait tant au départ était devenue routine. Une routine qui avait perdu de la couleur de jour en jour. Presque à chaque jour, nous étions à penser à notre retour au Québec. C’était clair, il nous fallait redessiner le portrait de la fin de notre long voyage.
Nous regardions la carte du monde à la recherche d’un nouveau terrain de jeux. La Chine islamique, côté Xinjiang nous intéressait. Par contre, le cyclotourisme dans cette province éloignée se traduisait par des semaines intensives de vélo sur des territoires hostiles. Des kilomètres et de kilomètres à traverser les plus grands déserts de Chine. Certes, un beau défi, mais nous avions déjà donné beaucoup d’énergie dans la catégorie des défis ! La Mongolie offrait sa part d’attrait, mais à l’approche de l’hiver, il nous faudrait mettre des pneus à neige sur nos vélos ! Le camping dans la neige au milieu de la steppe exposé aux vents Sibériens nous laissait imaginer d’affreuses histoires. Nous avions exploré l’étendu du possible ; Philippines, Japon, Singapour, Malaisie… et regardé ce qu’il reste dans le fond de nos poches. La banque ne permettait plus trop de folies. Malheureusement, nous étions deux cyclistes fauchés qui devaient plutôt être en train de travailler comme tout le monde, mais qui s’obstinaient à parcourir le monde avec un budget qui frôlait le ridicule. Ce que nous cherchions ; une route facile et colorée dans un pays où la vie est simple et gratuite. C’est en regardant les photos de voyage de Fransesco et Romina que la solution m’apparu.
Les aiguilles blanches qui perçaient le ciel bleu illuminaient les visages bronzés de nos deux amis sur leur tandem, perdus quelque part au moyen orient. Des sommets enneigés qui réveillaient un sentiment fort : l’appel des montagnes… l’appel de l’air frais. A ma connaissance, il y avait bien un endroit pas trop loin qui pouvait assouvir notre soif des hauteurs. Un endroit qu’on nomme Népal !
Notre voyage prenait alors une nouvelle tangente ! Geneviève était motivée par la nouvelle proposition. Une finale de rêve dans les Himalaya ! Jamais nous n’avions pensé visiter ce sanctuaire de la montagne au cours de ce périple, mais nous nous laissions guider par nos instincts. La fin de notre route ne se ferait pas à vélo, mais à pied !
Nous nous trouvions environ à 4000 km à l’Est de Katmandu. Pas question de pédaler la Chine à nouveau en sens inverse ! Nous avons plutôt décidé de voler Hong Kong – Katmandu. Rien de trop beau vous en conviendrez ! Nous étions comme deux enfants qui attendent le Père Noël… trop excités dans l’attente. Cependant, avant de déballer notre beau cadeau, il nous fallait bien pédaler les 3000 km qui nous séparaient de Hong Kong. De la petite bière… quand on sait que le Père Noël arrive !
Dans une forme physique relativement mauvaise, nous avons repris la route. Les blessures, les virus et la vie (trop) confortable à voyager d’hôtel en hôtel en transport motorisé nous avaient ramolli le corps. Nous avions alors orienté nos vélos de manière à longer la côte Est de la Chine sur toute son arête. Nous voulions voir l’océan ! Nous allions traverser les provinces de Zhejiang, Fujian et Guangdong ; les territoires les plus riches et industrialisés du pays communiste. On nous avait prévenus ; préparez-vous à découvrir les pires horreurs industrielles. Nos observations furent à la fois surprenantes et dégoutantes. Des usines qui s’étendaient comme des forêts, des routes larges comme des fleuves, des cieux couverts par des fumées grisâtres qui tentaient de se déguiser en nuages, mais qui étaient démasqués par leur puanteur. Shell, Goodyear, China Plastic Industries, Volkswagen ; eh oui, les grands pollueurs de cette planète s’y rassemblaient, monopolisant le bord de la mer comme un groupe de Québécois qui débarque à Forth Lauderdale. Pas moyen d’atteindre l’eau, la côte est une zone industrielle protégée, contrôlée… interdite. Nous apprécions seulement les camions entrer et sortir de cette nouvelle Citée Interdite chinoise. Je me demandais : Pourquoi est-ce mieux de construire les usines au bord de la mer ? Peut-être que c’est plus facile de distribuer ses produits à l’étranger… peut-être que c’est plus facile de se débarrasser de ses déchets toxiques ? Dans un pays où il semble y avoir ni lois ni règles, les anarchistes milliardaires chinois sont aux anges. Fuir. Fuir cette région qui n’était définitivement pas faite pour le cyclotourisme. Sur quelles routes nous étions nous lancés encore une fois ?
Notre progression vers le sud nous mena ensuite sur les chemins montagneux de la province du Fujian. La population y était moins dense et les paysages plus beau. Le bord de la mer était maintenant rendue disponible par de magnifiques plages découpées par des falaises pittoresques. Nous n’avons pas manqué d’y planter notre tente à maintes reprises ! Afin de soigner notre solitude, nous avons aussi participé à la communauté de Couch Surfing. Cette organisation basée sur le web permet aux gens d’offrir un espace pour recevoir des voyageurs. Que ce soit sur un lit, sur un plancher ou un divan, les voyageurs peuvent s’y poser quelques nuits en échange de discussions intéressantes et de nouvelles amitiés. Nous avons souvent dormis chez les habitants qui nous ont fait découvrir la vie dans leur municipalité. L’expérience est inoubliable ! Si vous êtes intéressés à ouvrir vos portes et vos horizons vous aussi, visitez www.couchsurfing.org pour plus d’information. Tout est gratuit, sécuritaire et sympathique !
Plus la fin du voyage arrivait, plus le temps semblait s’accéléré. Quand je me surprenais à penser que, bientôt, nous serions de retour au Québec, je regardais autour de moi et l’envi me prenait de prendre 400 photos du paysage, des habitants et des nuages. L’envi de dire aux gens qu’on rencontre sur la route qu’on est heureux d’être là avec eux. La vie sur la route me manquerait, c’est certain ! Au même moment, nous profitions de la proximité de la mer pour nous offrir, presque chaque soir, un festin en règle de fruits de mer. Pour une somme ridicule, nous mangions comme des grands seigneurs. C’est en dégustant des crevettes fraîches et en regardant les vagues se briser sur le flanc d’une falaise rocheuse que je repensais à mon enfance passée au bord de l’océan. L’eau est une source d’énergie pour moi. La vision de la mer rechargeait mes batteries.
Nous avons ensuite rejoint la province du Guangdong ; la dernière ! Le Guangdong était un vrai paradis du cyclotourisme ! Des petites routes cimentées longeaient de longues plages désertes en traversant des forêts qui sont encore vierges aujourd’hui. Nous traversons des villages de pêcheurs et profitons de nos derniers instants en Chine. Le Mandarin avait alors laissé la place au Cantonais, ce qui rendait certaines discussions plus ardues. Retour au langage des signes ! Après plus de 300 jours à vivre dans nos bagages et près de 15 000 km roulés, nous nous étions parfaitement adaptés à la vie sur la route. Monter la tente, cuisiner le riz et entretenir les vélos se faisaient machinalement sans penser. L’expérience était réussit ; nous étions devenus de vrais nomades.
Dans un bordel de construction typique aux grosses villes de la Chine, nous avons rejoint le poste de douane de Hong Kong. Il n’y avait plus qu’à s’y présenter et la Chine serait derrière nous ! Nous avions peine à y croire ! Comment était-ce possible que cette aventure avait une fin ? C’était comme si nous allions nous réveiller d’un rêve et que, finalement, notre route allait se poursuivre sur des mois et des années. Hélas ! Le 2 octobre 2009, nous quittions le pays qui nous avait tant fascinés pendant plus de 5 mois. La fin d’un chapitre… mais pas la fin de l’histoire encore !
Les parents de Geneviève nous avaient quittés et nous nous retrouvions à nouveau seuls au milieu de Shanghai. Seuls… avec nos vélos. La liberté d’aller où nous voulions pour les trois mois suivant. La liberté… Allo !? … la liberté ! Normalement, ces trois syllabes suffisent pour allumer l’étincelle au cœur de tout bon aventurier. Pour Pierre et Geneviève, il n’y avait plus de réponse au numéro composé. Hélas, après neuf mois lâchés lousses dans la nature, nous avions épuisé la majorité de nos fantasmes d’aventures. Nous nous retrouvions au dépourvu devant tant de possibilités et si peu de motivation. Repartir sur de longues routes ? L’envie n’y était plus. La vie de routard sur deux roues qui nous excitait tant au départ était devenue routine. Une routine qui avait perdu de la couleur de jour en jour. Presque à chaque jour, nous étions à penser à notre retour au Québec. C’était clair, il nous fallait redessiner le portrait de la fin de notre long voyage.
Nous regardions la carte du monde à la recherche d’un nouveau terrain de jeux. La Chine islamique, côté Xinjiang nous intéressait. Par contre, le cyclotourisme dans cette province éloignée se traduisait par des semaines intensives de vélo sur des territoires hostiles. Des kilomètres et de kilomètres à traverser les plus grands déserts de Chine. Certes, un beau défi, mais nous avions déjà donné beaucoup d’énergie dans la catégorie des défis ! La Mongolie offrait sa part d’attrait, mais à l’approche de l’hiver, il nous faudrait mettre des pneus à neige sur nos vélos ! Le camping dans la neige au milieu de la steppe exposé aux vents Sibériens nous laissait imaginer d’affreuses histoires. Nous avions exploré l’étendu du possible ; Philippines, Japon, Singapour, Malaisie… et regardé ce qu’il reste dans le fond de nos poches. La banque ne permettait plus trop de folies. Malheureusement, nous étions deux cyclistes fauchés qui devaient plutôt être en train de travailler comme tout le monde, mais qui s’obstinaient à parcourir le monde avec un budget qui frôlait le ridicule. Ce que nous cherchions ; une route facile et colorée dans un pays où la vie est simple et gratuite. C’est en regardant les photos de voyage de Fransesco et Romina que la solution m’apparu.
Les aiguilles blanches qui perçaient le ciel bleu illuminaient les visages bronzés de nos deux amis sur leur tandem, perdus quelque part au moyen orient. Des sommets enneigés qui réveillaient un sentiment fort : l’appel des montagnes… l’appel de l’air frais. A ma connaissance, il y avait bien un endroit pas trop loin qui pouvait assouvir notre soif des hauteurs. Un endroit qu’on nomme Népal !
Notre voyage prenait alors une nouvelle tangente ! Geneviève était motivée par la nouvelle proposition. Une finale de rêve dans les Himalaya ! Jamais nous n’avions pensé visiter ce sanctuaire de la montagne au cours de ce périple, mais nous nous laissions guider par nos instincts. La fin de notre route ne se ferait pas à vélo, mais à pied !
Nous nous trouvions environ à 4000 km à l’Est de Katmandu. Pas question de pédaler la Chine à nouveau en sens inverse ! Nous avons plutôt décidé de voler Hong Kong – Katmandu. Rien de trop beau vous en conviendrez ! Nous étions comme deux enfants qui attendent le Père Noël… trop excités dans l’attente. Cependant, avant de déballer notre beau cadeau, il nous fallait bien pédaler les 3000 km qui nous séparaient de Hong Kong. De la petite bière… quand on sait que le Père Noël arrive !
Dans une forme physique relativement mauvaise, nous avons repris la route. Les blessures, les virus et la vie (trop) confortable à voyager d’hôtel en hôtel en transport motorisé nous avaient ramolli le corps. Nous avions alors orienté nos vélos de manière à longer la côte Est de la Chine sur toute son arête. Nous voulions voir l’océan ! Nous allions traverser les provinces de Zhejiang, Fujian et Guangdong ; les territoires les plus riches et industrialisés du pays communiste. On nous avait prévenus ; préparez-vous à découvrir les pires horreurs industrielles. Nos observations furent à la fois surprenantes et dégoutantes. Des usines qui s’étendaient comme des forêts, des routes larges comme des fleuves, des cieux couverts par des fumées grisâtres qui tentaient de se déguiser en nuages, mais qui étaient démasqués par leur puanteur. Shell, Goodyear, China Plastic Industries, Volkswagen ; eh oui, les grands pollueurs de cette planète s’y rassemblaient, monopolisant le bord de la mer comme un groupe de Québécois qui débarque à Forth Lauderdale. Pas moyen d’atteindre l’eau, la côte est une zone industrielle protégée, contrôlée… interdite. Nous apprécions seulement les camions entrer et sortir de cette nouvelle Citée Interdite chinoise. Je me demandais : Pourquoi est-ce mieux de construire les usines au bord de la mer ? Peut-être que c’est plus facile de distribuer ses produits à l’étranger… peut-être que c’est plus facile de se débarrasser de ses déchets toxiques ? Dans un pays où il semble y avoir ni lois ni règles, les anarchistes milliardaires chinois sont aux anges. Fuir. Fuir cette région qui n’était définitivement pas faite pour le cyclotourisme. Sur quelles routes nous étions nous lancés encore une fois ?
Notre progression vers le sud nous mena ensuite sur les chemins montagneux de la province du Fujian. La population y était moins dense et les paysages plus beau. Le bord de la mer était maintenant rendue disponible par de magnifiques plages découpées par des falaises pittoresques. Nous n’avons pas manqué d’y planter notre tente à maintes reprises ! Afin de soigner notre solitude, nous avons aussi participé à la communauté de Couch Surfing. Cette organisation basée sur le web permet aux gens d’offrir un espace pour recevoir des voyageurs. Que ce soit sur un lit, sur un plancher ou un divan, les voyageurs peuvent s’y poser quelques nuits en échange de discussions intéressantes et de nouvelles amitiés. Nous avons souvent dormis chez les habitants qui nous ont fait découvrir la vie dans leur municipalité. L’expérience est inoubliable ! Si vous êtes intéressés à ouvrir vos portes et vos horizons vous aussi, visitez www.couchsurfing.org pour plus d’information. Tout est gratuit, sécuritaire et sympathique !
Plus la fin du voyage arrivait, plus le temps semblait s’accéléré. Quand je me surprenais à penser que, bientôt, nous serions de retour au Québec, je regardais autour de moi et l’envi me prenait de prendre 400 photos du paysage, des habitants et des nuages. L’envi de dire aux gens qu’on rencontre sur la route qu’on est heureux d’être là avec eux. La vie sur la route me manquerait, c’est certain ! Au même moment, nous profitions de la proximité de la mer pour nous offrir, presque chaque soir, un festin en règle de fruits de mer. Pour une somme ridicule, nous mangions comme des grands seigneurs. C’est en dégustant des crevettes fraîches et en regardant les vagues se briser sur le flanc d’une falaise rocheuse que je repensais à mon enfance passée au bord de l’océan. L’eau est une source d’énergie pour moi. La vision de la mer rechargeait mes batteries.
Nous avons ensuite rejoint la province du Guangdong ; la dernière ! Le Guangdong était un vrai paradis du cyclotourisme ! Des petites routes cimentées longeaient de longues plages désertes en traversant des forêts qui sont encore vierges aujourd’hui. Nous traversons des villages de pêcheurs et profitons de nos derniers instants en Chine. Le Mandarin avait alors laissé la place au Cantonais, ce qui rendait certaines discussions plus ardues. Retour au langage des signes ! Après plus de 300 jours à vivre dans nos bagages et près de 15 000 km roulés, nous nous étions parfaitement adaptés à la vie sur la route. Monter la tente, cuisiner le riz et entretenir les vélos se faisaient machinalement sans penser. L’expérience était réussit ; nous étions devenus de vrais nomades.
Dans un bordel de construction typique aux grosses villes de la Chine, nous avons rejoint le poste de douane de Hong Kong. Il n’y avait plus qu’à s’y présenter et la Chine serait derrière nous ! Nous avions peine à y croire ! Comment était-ce possible que cette aventure avait une fin ? C’était comme si nous allions nous réveiller d’un rêve et que, finalement, notre route allait se poursuivre sur des mois et des années. Hélas ! Le 2 octobre 2009, nous quittions le pays qui nous avait tant fascinés pendant plus de 5 mois. La fin d’un chapitre… mais pas la fin de l’histoire encore !
jeudi 1 octobre 2009
Nouveaux Visiteurs!
Nous y étions ! Shanghai ! La grande ville ! Lors de nos premiers tours de pédales en Asie, nous aurions été nerveux d’entrer dans un territoire aussi peuplé sur des bécanes sans moteur. Mais, lorsque nous y étions, après 8 mois de voyage, c’était différent. La fatigue mentale qui nous faisait rêver au moment où nous allions enfin entreposer nos vélos et la confiance acquise pendant les 900 heures pédalées se traduisaient alors par une insouciance assurée. Nous avons foncés droits au cœur de la ville sans se poser de question. Était-ce sécuritaire ? Était-ce légal ? Nous en étions totalement indifférents. Allons terminer cette longue et rude étape le plus rapidement possible!
Nous avions deux jours pour nous refaire une beauté avant que la famille de Geneviève ne vienne nous rejoindre. Nous avions la poussière accumulée sur 4000 km à laver et des vêtements troués qui ne tiennent plus qu’à des fils. Nous avons sorti de nos bagages ce qu’il nous restait de mieux pour les accueillir à l’aéroport : des pantalons déchirés et des t-shirts blanchis par le soleil. Triste…
Nous étions bien excités de revoir la famille après une si longue absence. Est-ce que les parents de Geneviève accepteraient bien le mode de vie que nous vivions ici ? Peut-être que notre mode de vie ne leur conviendrait pas ! Nous revisitions les repères qu’un occidental cherche lorsqu’il atterrit en Asie. Nous voulions par-dessus tout que tout le monde passe du bon temps et que les trois semaines de visites soient remplies de belles découvertes. Pour Marie-Hélène, il s’agissait d’une première expérience avec son sac à dos dans un pays totalement étranger. Nous étions doublement motivés à ce que la petite sœur subisse la fameuse piqûre du voyage ! Nous devons avouer que nous nous étions mis beaucoup de pression pour que tout soit parfait même si, au fond, nous savions fort bien que le simple fait de partager du temps ensemble suffirait pour rendre le voyage agréable.
Le jour avant leur arrivée, une pluie torrentielle nettoyait les rues de marbre du centre-ville. Ces rues qui, même sous un ciel fâché, brillent comme les Mercedes des multimillionnaires Chinois. Une journée où les seuls individus qui s’affaire à l’extérieur le font par nécessité. Sous nos imperméables, nous explorions la concession française quand je glissai hors de mes vieilles sandales. C’est que mes Crocs ont les dents bien usées après avoir marché trop de kilomètres. Résultat : pied droit coupé bien profond par un morceau de tuile cassé sur le trottoir, visite des hôpitaux de Shanghai en vitesse, points de suture et béquilles pour 3 semaines ! Voila qui était peu pratique pour entamer la semaine de visite avec la famille. Geneviève se retrouvait alors avec un blessé contraint au repos au lieu d’un assistant guide !
Après une petite opération à mon pied, nous avons sautés dans un taxi pour accueillir les visiteurs qui seraient avec nous pour trois semaines. Un sentiment très spécial de revoir les proches après avoir vécu parmi des visages étrangers pendant neuf mois. C’était comme si un peu de notre maison et de notre confort revenaient pour un instant. Très réconfortant, je vous l’assure! Ils avaient même pris soin de nous réapprovisionner en objets de subsistance pour cyclistes : vêtements neufs, café, chocolat, pièces de réparation, etc.
A partir du moment où la famille Dupont (à l’exception de la grande sœur) mettait le pied en Chine, nous avons entrepris une grande tournée des principaux endroits touristiques de la Chine moderne. Nous avons aligné sur notre trajectoire pas moins de trois sites faisant partie du patrimoine de l’UNESCO. Des incontournables tels que la Grande Muraille de Chine et le Palais d’Eté de Chengde nous ont émerveillés pendant plusieurs heures de visite.
Une soirée sur la grande muraille avec Geneviève et Marie-Hélène restera gravée dans ma mémoire pour toujours. Nous étions au sommet d’une petite colline, à marcher sur cette merveille alors que le soleil peinturait le ciel d’orange et de violet. La température était celle d’une soirée chaude du Québec où on cherche les terrasses pour aller prendre une bière entre amis. Nous étions seuls dans ce décor merveilleux et silencieux. Au loin, nous pouvions apercevoir la muraille qui serpentait sur le sommet des montagnes voisines. Le calme de l’endroit et la beauté du décor nous procurait un sentiment d’apesanteur indescriptible. Nous comprenions pourquoi des centaines d’aventuriers viennent y passer la nuit alors qu’ils avaient prévu revenir avant la noirceur. Si Marie-Hélène avait un demi-doute sur l’attrait du voyage, je crois qu’à ce moment nous étions tous d’accord sur une chose : il n’y avait pas de meilleur endroit dans le monde ni de meilleur moment dans l’histoire. Il n’y avait qu’un moment présent extraordinaire.
Nous nous étions refusé d’entraîner nos visiteurs dans des trous à rats où nous étions désormais abonnés pour passer nos nuits. De même, nous nous étions entendus pour visiter seulement les restaurants recommandables pour les estomacs fragiles d’occidentaux. Or, nous avons tout de même réussit à sortir des sentiers battus. Avec le père de Geneviève, les visites touristiques se terminaient souvent par une bonne bière froide dans l’entrée d’un dépanneur perdu. La soif nous a souvent guidés sur des chemins magiques ! A la grande déception de Guy, nous n’avons pu trouver un endroit pour faire quelques pas de danse sous les regards des Chinois curieux. Dommage ! Bravo Guy pour ta performance de vélo dans les deux plus grosses villes de la Chine ! Même les moines du spectacle de Kong Fu auraient eu peur du trafic!
Carmen, la mère de Geneviève, était armée d’une motivation de fer pour tout visiter ! Malgré des problèmes d’estomac qui l’ont ralentie tout le temps de son séjour, elle était toujours remplie d’une bonne humeur et d’un enthousiasme contagieux. Par chance qu’elle n’était pas au sommet de sa forme sinon elle aurait fait le tour de tous les jardins de la Chine ! Elle aura surement des bonnes anecdotes à raconter sur la longue file que nous avons fait pour aller voir la carcasse de Mao Tse-Tung ! Deux heures de combats sans règles avec des Chinois fous avant de voir leur idole congelé. Carmen compris vite le ridicule de la situation et y mis autant d’énergie que nous pour garder nos places ! Beaucoup de plaisir !
Trois semaines si vite passées ! Le temps seulement que ma blessure au pied guérisse et la famille repartait déjà vers les pays froids ! Leur visite avait été une succession de bons moments, de bons repas et de belles découvertes. Nous avions alors notre quota de visites des endroits touristiques de la Chine et nous étions prêts pour reprendre la route ! Nous étions cependant moins enthousiastes à l’idée de pédaler de longues distances d’ici la fin de notre voyage. Nous jetions alors le dard sur Hong Kong, la prochaine destination ! De nouveaux projets vannaient de germer dans nos têtes ! De nouveaux pays étaient en vue ! A suivre…
Nous avions deux jours pour nous refaire une beauté avant que la famille de Geneviève ne vienne nous rejoindre. Nous avions la poussière accumulée sur 4000 km à laver et des vêtements troués qui ne tiennent plus qu’à des fils. Nous avons sorti de nos bagages ce qu’il nous restait de mieux pour les accueillir à l’aéroport : des pantalons déchirés et des t-shirts blanchis par le soleil. Triste…
Nous étions bien excités de revoir la famille après une si longue absence. Est-ce que les parents de Geneviève accepteraient bien le mode de vie que nous vivions ici ? Peut-être que notre mode de vie ne leur conviendrait pas ! Nous revisitions les repères qu’un occidental cherche lorsqu’il atterrit en Asie. Nous voulions par-dessus tout que tout le monde passe du bon temps et que les trois semaines de visites soient remplies de belles découvertes. Pour Marie-Hélène, il s’agissait d’une première expérience avec son sac à dos dans un pays totalement étranger. Nous étions doublement motivés à ce que la petite sœur subisse la fameuse piqûre du voyage ! Nous devons avouer que nous nous étions mis beaucoup de pression pour que tout soit parfait même si, au fond, nous savions fort bien que le simple fait de partager du temps ensemble suffirait pour rendre le voyage agréable.
Le jour avant leur arrivée, une pluie torrentielle nettoyait les rues de marbre du centre-ville. Ces rues qui, même sous un ciel fâché, brillent comme les Mercedes des multimillionnaires Chinois. Une journée où les seuls individus qui s’affaire à l’extérieur le font par nécessité. Sous nos imperméables, nous explorions la concession française quand je glissai hors de mes vieilles sandales. C’est que mes Crocs ont les dents bien usées après avoir marché trop de kilomètres. Résultat : pied droit coupé bien profond par un morceau de tuile cassé sur le trottoir, visite des hôpitaux de Shanghai en vitesse, points de suture et béquilles pour 3 semaines ! Voila qui était peu pratique pour entamer la semaine de visite avec la famille. Geneviève se retrouvait alors avec un blessé contraint au repos au lieu d’un assistant guide !
Après une petite opération à mon pied, nous avons sautés dans un taxi pour accueillir les visiteurs qui seraient avec nous pour trois semaines. Un sentiment très spécial de revoir les proches après avoir vécu parmi des visages étrangers pendant neuf mois. C’était comme si un peu de notre maison et de notre confort revenaient pour un instant. Très réconfortant, je vous l’assure! Ils avaient même pris soin de nous réapprovisionner en objets de subsistance pour cyclistes : vêtements neufs, café, chocolat, pièces de réparation, etc.
A partir du moment où la famille Dupont (à l’exception de la grande sœur) mettait le pied en Chine, nous avons entrepris une grande tournée des principaux endroits touristiques de la Chine moderne. Nous avons aligné sur notre trajectoire pas moins de trois sites faisant partie du patrimoine de l’UNESCO. Des incontournables tels que la Grande Muraille de Chine et le Palais d’Eté de Chengde nous ont émerveillés pendant plusieurs heures de visite.
Une soirée sur la grande muraille avec Geneviève et Marie-Hélène restera gravée dans ma mémoire pour toujours. Nous étions au sommet d’une petite colline, à marcher sur cette merveille alors que le soleil peinturait le ciel d’orange et de violet. La température était celle d’une soirée chaude du Québec où on cherche les terrasses pour aller prendre une bière entre amis. Nous étions seuls dans ce décor merveilleux et silencieux. Au loin, nous pouvions apercevoir la muraille qui serpentait sur le sommet des montagnes voisines. Le calme de l’endroit et la beauté du décor nous procurait un sentiment d’apesanteur indescriptible. Nous comprenions pourquoi des centaines d’aventuriers viennent y passer la nuit alors qu’ils avaient prévu revenir avant la noirceur. Si Marie-Hélène avait un demi-doute sur l’attrait du voyage, je crois qu’à ce moment nous étions tous d’accord sur une chose : il n’y avait pas de meilleur endroit dans le monde ni de meilleur moment dans l’histoire. Il n’y avait qu’un moment présent extraordinaire.
Nous nous étions refusé d’entraîner nos visiteurs dans des trous à rats où nous étions désormais abonnés pour passer nos nuits. De même, nous nous étions entendus pour visiter seulement les restaurants recommandables pour les estomacs fragiles d’occidentaux. Or, nous avons tout de même réussit à sortir des sentiers battus. Avec le père de Geneviève, les visites touristiques se terminaient souvent par une bonne bière froide dans l’entrée d’un dépanneur perdu. La soif nous a souvent guidés sur des chemins magiques ! A la grande déception de Guy, nous n’avons pu trouver un endroit pour faire quelques pas de danse sous les regards des Chinois curieux. Dommage ! Bravo Guy pour ta performance de vélo dans les deux plus grosses villes de la Chine ! Même les moines du spectacle de Kong Fu auraient eu peur du trafic!
Carmen, la mère de Geneviève, était armée d’une motivation de fer pour tout visiter ! Malgré des problèmes d’estomac qui l’ont ralentie tout le temps de son séjour, elle était toujours remplie d’une bonne humeur et d’un enthousiasme contagieux. Par chance qu’elle n’était pas au sommet de sa forme sinon elle aurait fait le tour de tous les jardins de la Chine ! Elle aura surement des bonnes anecdotes à raconter sur la longue file que nous avons fait pour aller voir la carcasse de Mao Tse-Tung ! Deux heures de combats sans règles avec des Chinois fous avant de voir leur idole congelé. Carmen compris vite le ridicule de la situation et y mis autant d’énergie que nous pour garder nos places ! Beaucoup de plaisir !
Trois semaines si vite passées ! Le temps seulement que ma blessure au pied guérisse et la famille repartait déjà vers les pays froids ! Leur visite avait été une succession de bons moments, de bons repas et de belles découvertes. Nous avions alors notre quota de visites des endroits touristiques de la Chine et nous étions prêts pour reprendre la route ! Nous étions cependant moins enthousiastes à l’idée de pédaler de longues distances d’ici la fin de notre voyage. Nous jetions alors le dard sur Hong Kong, la prochaine destination ! De nouveaux projets vannaient de germer dans nos têtes ! De nouveaux pays étaient en vue ! A suivre…
dimanche 13 septembre 2009
Express pour Shanghai (3e partie)
Hunan
Flanqués de nos trois confrères Chinois, nous avons atteint le Hunan, une province de la Chine centrale. Nous sommes heureux de maîtriser un peu de Mandarin afin de pouvoir partager de bons moments avec des gens qui vivent la même chose que nous. Leur itinéraire coupa le nôtre juste au moment où, en regardant la carte, nous étions bien découragés de voir Shanghai aussi loin. Au moment où Geneviève et moi commencions à sentir la solitude qui nous envahissait. Certain moments, nous demandions vraiment pourquoi nous nous donnions tout ce mal pour pousser nos vélos aussi loin. Or, partager notre route avec ces amis pour quelques jours nous redonna le goût d’avancer !
Le Hunan est situé au centre d’un pays qu’on déconseille aux voyageurs pendant la saison chaude. En été, on suffoque souvent sous une atmosphère horriblement chaude et humide (40-45 C) ; Une sensation qui s’apparente probablement aux légumes qui cuisent sous la pression d’un presto. Sinon, on endure des tempêtes tropicales persistantes. Croyez-moi, ces orages n’ont rien à voir avec les petites giboulées du Québec. Bref, la température estivale de la Chine nous garantie de tremper nos vêtements à chaque jour ; soit par la pluie, soit par la chaleur halitueuse. Vous comprendrez alors que nous sommes la risée de bien des gens lorsque nous leur avouons notre résolution à traverser la Chine à vélo pendant cette période.
Heureusement, le Hunan est une province extrêmement riche en fruits et légumes ! Les produits y étaient offerts presque gratuitement. J’ai le souvenir que les pastèques étaient moins chères que l’eau ! Notre consommation de fruits prenait alors des proportions exagérées !
- 10 kg de pastèques, 5 kg de litchis et 5 kg de poires pour emporter svp !
Après plus de 200 jours sur la route, nous nous sentions bien déconnectés de tout ce qui se passait sur la planète. Sans journaux, sans télévision et sans radio, il y aurait pu y avoir une troisième guerre mondiale, nous l’aurions ignoré. Qu’importe, nous étions très bien connectés sur ce qui se passait tout près de nous : les odeurs, les couleurs et les gens que nous avons rencontrés. En effet, c’était notre objectif, c’était le but principal de notre périple !
Un matin, alors que nous roulions sous un soleil de plomb, un phénomène étrange se passa. Comme si Geneviève et moi avions mis nos lunettes de soleil, tout devint sombre autour de nous. Aucun nuage dans le ciel, c’était une de ces journées chaudes qui se préparait. Une heure plus tard, la lumière réapparue et nous convainquit que c’était l’heure de sortir la crème solaire. Phénomène qu’on s’expliquait mal avant que des citoyens des villes nous demandèrent si nous avions observé l’éclipse totale de soleil ! C’était un événement qu’on attendait depuis longtemps en Asie. Nous l’ignorions. Le même phénomène pourra seulement être observé à nouveau en 2045 ! Déconnectés nous disions…
Jiangxi et Zhejiang
Tranquillement, les décors ruraux se transformèrent pour laisser la place à des paysages urbains très ennuyants. Dans les provinces de l’Est, les Chinois regardent fièrement pousser le béton autour de leurs anciennes fermes! La présence des monstrueux édifices est symbole de prospérité pour tous ! Chacun voit son avenir au sommet des constructions à 50 étages. Les énormes villes surpeuplées et surpolluées s’entassaient donc sur notre trajet. Au même moment, nous étions par une effroyable monotonie qui nous laissait bien tristes. Comme dans le jour de la marmotte, les journées passèrent et se ressemblaient tous ! De ville en ville nous roulions, fatigués, dans le simple but d’atteindre Shanghai avant que les parents de Geneviève n’arrivent.
Shanghai
Après 40 jours de vélo intensif, nous avons enfin rejoint la mégapole Chinoise ! Une étape importante de notre voyage se terminait. Certes, nous étions essoufflés physiquement, mais nous étions surtout accablés par une fatigue psychologique intense. La monotonie des derniers jours nous laissait un sentiment de morosité écrasante. Pendant plus d’un mois, nous avons roulé 100 km par jour en moyenne. C’était beaucoup de kilomètres en trop peu de temps. Nous avions perdu la joie de faire du vélo. Jamais nous n’avions pensé abandonner notre projet, mais nous étions désormais peu optimistes à l’idée de pousser nos vélos plus loin après Shanghai.
Heureusement, nous avions près d’un mois devant nous pour nous réconcilier avec nos vélos. A l’arrivée des parents et de la sœur de Geneviève, nous avons entreposé les vélos pour partir avec notre sac à dos ! Des nouvelles aventures en vue ! Mais ca c’est une autre histoire…
Flanqués de nos trois confrères Chinois, nous avons atteint le Hunan, une province de la Chine centrale. Nous sommes heureux de maîtriser un peu de Mandarin afin de pouvoir partager de bons moments avec des gens qui vivent la même chose que nous. Leur itinéraire coupa le nôtre juste au moment où, en regardant la carte, nous étions bien découragés de voir Shanghai aussi loin. Au moment où Geneviève et moi commencions à sentir la solitude qui nous envahissait. Certain moments, nous demandions vraiment pourquoi nous nous donnions tout ce mal pour pousser nos vélos aussi loin. Or, partager notre route avec ces amis pour quelques jours nous redonna le goût d’avancer !
Le Hunan est situé au centre d’un pays qu’on déconseille aux voyageurs pendant la saison chaude. En été, on suffoque souvent sous une atmosphère horriblement chaude et humide (40-45 C) ; Une sensation qui s’apparente probablement aux légumes qui cuisent sous la pression d’un presto. Sinon, on endure des tempêtes tropicales persistantes. Croyez-moi, ces orages n’ont rien à voir avec les petites giboulées du Québec. Bref, la température estivale de la Chine nous garantie de tremper nos vêtements à chaque jour ; soit par la pluie, soit par la chaleur halitueuse. Vous comprendrez alors que nous sommes la risée de bien des gens lorsque nous leur avouons notre résolution à traverser la Chine à vélo pendant cette période.
Heureusement, le Hunan est une province extrêmement riche en fruits et légumes ! Les produits y étaient offerts presque gratuitement. J’ai le souvenir que les pastèques étaient moins chères que l’eau ! Notre consommation de fruits prenait alors des proportions exagérées !
- 10 kg de pastèques, 5 kg de litchis et 5 kg de poires pour emporter svp !
Après plus de 200 jours sur la route, nous nous sentions bien déconnectés de tout ce qui se passait sur la planète. Sans journaux, sans télévision et sans radio, il y aurait pu y avoir une troisième guerre mondiale, nous l’aurions ignoré. Qu’importe, nous étions très bien connectés sur ce qui se passait tout près de nous : les odeurs, les couleurs et les gens que nous avons rencontrés. En effet, c’était notre objectif, c’était le but principal de notre périple !
Un matin, alors que nous roulions sous un soleil de plomb, un phénomène étrange se passa. Comme si Geneviève et moi avions mis nos lunettes de soleil, tout devint sombre autour de nous. Aucun nuage dans le ciel, c’était une de ces journées chaudes qui se préparait. Une heure plus tard, la lumière réapparue et nous convainquit que c’était l’heure de sortir la crème solaire. Phénomène qu’on s’expliquait mal avant que des citoyens des villes nous demandèrent si nous avions observé l’éclipse totale de soleil ! C’était un événement qu’on attendait depuis longtemps en Asie. Nous l’ignorions. Le même phénomène pourra seulement être observé à nouveau en 2045 ! Déconnectés nous disions…
Jiangxi et Zhejiang
Tranquillement, les décors ruraux se transformèrent pour laisser la place à des paysages urbains très ennuyants. Dans les provinces de l’Est, les Chinois regardent fièrement pousser le béton autour de leurs anciennes fermes! La présence des monstrueux édifices est symbole de prospérité pour tous ! Chacun voit son avenir au sommet des constructions à 50 étages. Les énormes villes surpeuplées et surpolluées s’entassaient donc sur notre trajet. Au même moment, nous étions par une effroyable monotonie qui nous laissait bien tristes. Comme dans le jour de la marmotte, les journées passèrent et se ressemblaient tous ! De ville en ville nous roulions, fatigués, dans le simple but d’atteindre Shanghai avant que les parents de Geneviève n’arrivent.
Shanghai
Après 40 jours de vélo intensif, nous avons enfin rejoint la mégapole Chinoise ! Une étape importante de notre voyage se terminait. Certes, nous étions essoufflés physiquement, mais nous étions surtout accablés par une fatigue psychologique intense. La monotonie des derniers jours nous laissait un sentiment de morosité écrasante. Pendant plus d’un mois, nous avons roulé 100 km par jour en moyenne. C’était beaucoup de kilomètres en trop peu de temps. Nous avions perdu la joie de faire du vélo. Jamais nous n’avions pensé abandonner notre projet, mais nous étions désormais peu optimistes à l’idée de pousser nos vélos plus loin après Shanghai.
Heureusement, nous avions près d’un mois devant nous pour nous réconcilier avec nos vélos. A l’arrivée des parents et de la sœur de Geneviève, nous avons entreposé les vélos pour partir avec notre sac à dos ! Des nouvelles aventures en vue ! Mais ca c’est une autre histoire…
lundi 31 août 2009
Express pour Shanghai (2e partie)
Guanxi
Les montagnes et la pluie du Yunnan, comme toutes les choses de ce monde, ont un début et une fin. C’est en atteignant le Guanxi, province voisine, que nous avons atteint les limites de ces deux sources d’ennuie qui, quelque fois, nous paraissent éternelles. Nous avons alors apprécié le soleil qui avait disparu depuis trop longtemps. Un répit qui nous permet de mettre des vêtements secs pour la première fois depuis 10 jours et 10 nuits! De même, la Terre était redevenue ronde sous nos roues et nous pédalions désormais sur des routes bien plates, quel bonheur !
Le Guanxi partage une longue frontière avec le Vietnam. Cette proximité est flagrante par la similarité des paysages. Des petites collines aux formes excentriques qui ont poussé sur des terres ultra-fertiles. Parfois, il est possible d’entendre des conversations dans une langue qu’on devine être du Vietnamien.
Un jour, alors que nous avions fait une courte escale dans une grande cité, un homme véreux vola l’ordinateur de vélo à Geneviève. Voyant que l’objet ne lui était d’aucune utilité, il s’empressa de venir essayer de nous le vendre… se dénonçant du même coup ! En m’exprimant son irrésolution à me rendre l’objet pillé, la discussion tourna rapidement en empoignade. Grabuge qui attroupa un nombre assez suffisant de curieux pour convaincre notre bandit que tout était perdu pour lui. Décidément, le Vietnam n’était pas trop loin !
C’est quelque part au Sud Ouest de la Chine que nous avons franchit une étape importante pour les cyclotouristes que nous sommes : 10 000 km !!! Nous étions fiers de se que nous avions accompli en 6 mois de vélo. C’est devant une vieille maison de campagne en brique que nous avons fêté l’événement avec ce qu’il faut pour être heureux en ces cas-là: un festin de mangues et de litchis frais! Les fermiers autour semblaient bien hébétés de nous voir célébrer je-ne-sais-quoi au milieu de nulle part ! Nous avons alors repensé à tous les efforts que nous avons investis pour se rendre où nous étions. Sans doute, nous avions changé d’idée sur ce qui nous paraissait inconcevable de réaliser au départ. Quel sera donc la distance totale de notre longue route ? Où le hasard nous mènera dans les prochains mois ? Des questions auxquels nous avons peu de réponses…
Un jour, alors que je roulais devant Geneviève, je m’arrêtai au bord de la route pour faire le plein d’eau. Lorsque je repris la route quelque secondes plus tard, j’attendis Geneviève, mais jamais je ne la revis… elle avait disparut ! Je ne la voyais ni derrière ni devant. Le plus ennuyeux c’est que je ne me souvenais plus exactement la dernière fois que je l’avais aperçue. Je me résolu donc à rebrousser chemin pour aller la rejoindre. Elle devait probablement être retenue par une crevaison. Presque chaque jour nous sommes gênés par des débris sur la route qui transpercent nos pneus. Je roulai donc en sens inverse sur plus de 10km. Toujours pas de nouvelles… J’arrêtai donc dans un village pour demander si quelqu’un aurait vue une cycliste sur un vélo qui ressemble à un vaisseau spatial.
-Pas vu…
-Pas vu…
Je stoppai même les camions.
-Pas vu…
-Pas vu…
-Oui, me confia un vieux bonhomme sur son tracteur, elle se trouve dans la direction opposée, à 15 km devant. Il m’indiquait du doigt la direction où j’avais pris l’eau.
Je retournai donc vers le point où je m’arrêtai pour prendre l’eau... En chemin, je continuai de demander aux gens. Contrairement au bonhomme dans son tracteur, personne n’avait vu Geneviève. Or, il faut savoir qu’en Asie, une information donnée par une seule personne ne vaut rien. Il faut toujours confirmer par une source différente. « Je ne sais pas » est une réponse qu’on entend rarement ici. Souvent, les gens prétendent savoir pour ne pas perdre la figure.
De retour au point de disparition, toujours personne n’avait vu passer Geneviève. Il était donc bien peu probable qu’elle soit devant moi ! Elle devait vraisemblablement se trouver derrière moi, mais plus loin ! Je retournai donc une seconde fois en arrière. Cette fois avec la résolution de dépasser mon bonhomme sur son tracteur et de faire au moins 15km pour la retrouver. Toujours rien. Seulement les regards amusés des gens qui me voient passer et repasser sur la même route tel un Sherlock Holmes à l’ouvrage. Ma deuxième tentative de retour en arrière fût inutile. Cette fois, il n’était plus question de revenir en arrière. Geneviève devait finalement se trouver devant tel que le disait le bonhomme.
Geneviève est une grande fille, elle peut très bien se débrouiller sans moi ! Nous nous rejoindrions donc à Yanshuo, où il était envisagé de se rendre. Cette journée-la nous avions prévu parcourir 110 km. Cependant, avec les 50km que je venais d’ajouter à mon compteur en tentant de trouver Geneviève, je doutais que je puisse rejoindre Yanshuo? Néanmoins, il fallait s’y rendre, sinon retrouver Geneviève serait devenue très compliqué.
Je repris donc la route seul en m’imaginant les histoires les plus farfelus, les histoires les plus abracadabrantes et, finalement, les histoires les plus horribles. C’est avec nervosité que je poussais sur mes pédales. Même si je me rendais à Yanshuo, ville de la taille de Québec, comment est-ce que je retrouverais Geneviève ? Je me rappelai alors que, la veille, elle avait parlé d’une auberge jeunesse où il serait possible d’aller. Mon plan était simple : me rendre à cette auberge et lui écrit un email. Si à la tombée de la nuit je demeurerais sans réponse, j’avertirais la police.
Enfin, à mon arrivée à l’auberge je retrouvai Geneviève, les larmes aux yeux ! Lorsque je m’étais arrêté pour prendre de l’eau, elle m’avait dépassé sans m’apercevoir ! Toute la journée, elle fît une course folle pour tenter de me rejoindre, croyant que j’étais devant. Les vendeurs de fruits au bord de la route, tous ignorants qu’ils étaient, lui indiquaient que j’étais tout près devant. Bref, nous avons passé une journée bien angoissante, sans manger et, de mon côté, je venais de faire 150km en un temps record ! Moral de cette histoire : toujours croire les vieux bonhommes sur leur tracteur, mais pas les vendeurs de fruits !
Accompagnés de trois cyclistes chinois que nous avons rencontrés sur la route, nous avons roulé vers le Hunan. Plus que trois autres provinces et nous serions à Shanghai !
Les montagnes et la pluie du Yunnan, comme toutes les choses de ce monde, ont un début et une fin. C’est en atteignant le Guanxi, province voisine, que nous avons atteint les limites de ces deux sources d’ennuie qui, quelque fois, nous paraissent éternelles. Nous avons alors apprécié le soleil qui avait disparu depuis trop longtemps. Un répit qui nous permet de mettre des vêtements secs pour la première fois depuis 10 jours et 10 nuits! De même, la Terre était redevenue ronde sous nos roues et nous pédalions désormais sur des routes bien plates, quel bonheur !
Le Guanxi partage une longue frontière avec le Vietnam. Cette proximité est flagrante par la similarité des paysages. Des petites collines aux formes excentriques qui ont poussé sur des terres ultra-fertiles. Parfois, il est possible d’entendre des conversations dans une langue qu’on devine être du Vietnamien.
Un jour, alors que nous avions fait une courte escale dans une grande cité, un homme véreux vola l’ordinateur de vélo à Geneviève. Voyant que l’objet ne lui était d’aucune utilité, il s’empressa de venir essayer de nous le vendre… se dénonçant du même coup ! En m’exprimant son irrésolution à me rendre l’objet pillé, la discussion tourna rapidement en empoignade. Grabuge qui attroupa un nombre assez suffisant de curieux pour convaincre notre bandit que tout était perdu pour lui. Décidément, le Vietnam n’était pas trop loin !
C’est quelque part au Sud Ouest de la Chine que nous avons franchit une étape importante pour les cyclotouristes que nous sommes : 10 000 km !!! Nous étions fiers de se que nous avions accompli en 6 mois de vélo. C’est devant une vieille maison de campagne en brique que nous avons fêté l’événement avec ce qu’il faut pour être heureux en ces cas-là: un festin de mangues et de litchis frais! Les fermiers autour semblaient bien hébétés de nous voir célébrer je-ne-sais-quoi au milieu de nulle part ! Nous avons alors repensé à tous les efforts que nous avons investis pour se rendre où nous étions. Sans doute, nous avions changé d’idée sur ce qui nous paraissait inconcevable de réaliser au départ. Quel sera donc la distance totale de notre longue route ? Où le hasard nous mènera dans les prochains mois ? Des questions auxquels nous avons peu de réponses…
Un jour, alors que je roulais devant Geneviève, je m’arrêtai au bord de la route pour faire le plein d’eau. Lorsque je repris la route quelque secondes plus tard, j’attendis Geneviève, mais jamais je ne la revis… elle avait disparut ! Je ne la voyais ni derrière ni devant. Le plus ennuyeux c’est que je ne me souvenais plus exactement la dernière fois que je l’avais aperçue. Je me résolu donc à rebrousser chemin pour aller la rejoindre. Elle devait probablement être retenue par une crevaison. Presque chaque jour nous sommes gênés par des débris sur la route qui transpercent nos pneus. Je roulai donc en sens inverse sur plus de 10km. Toujours pas de nouvelles… J’arrêtai donc dans un village pour demander si quelqu’un aurait vue une cycliste sur un vélo qui ressemble à un vaisseau spatial.
-Pas vu…
-Pas vu…
Je stoppai même les camions.
-Pas vu…
-Pas vu…
-Oui, me confia un vieux bonhomme sur son tracteur, elle se trouve dans la direction opposée, à 15 km devant. Il m’indiquait du doigt la direction où j’avais pris l’eau.
Je retournai donc vers le point où je m’arrêtai pour prendre l’eau... En chemin, je continuai de demander aux gens. Contrairement au bonhomme dans son tracteur, personne n’avait vu Geneviève. Or, il faut savoir qu’en Asie, une information donnée par une seule personne ne vaut rien. Il faut toujours confirmer par une source différente. « Je ne sais pas » est une réponse qu’on entend rarement ici. Souvent, les gens prétendent savoir pour ne pas perdre la figure.
De retour au point de disparition, toujours personne n’avait vu passer Geneviève. Il était donc bien peu probable qu’elle soit devant moi ! Elle devait vraisemblablement se trouver derrière moi, mais plus loin ! Je retournai donc une seconde fois en arrière. Cette fois avec la résolution de dépasser mon bonhomme sur son tracteur et de faire au moins 15km pour la retrouver. Toujours rien. Seulement les regards amusés des gens qui me voient passer et repasser sur la même route tel un Sherlock Holmes à l’ouvrage. Ma deuxième tentative de retour en arrière fût inutile. Cette fois, il n’était plus question de revenir en arrière. Geneviève devait finalement se trouver devant tel que le disait le bonhomme.
Geneviève est une grande fille, elle peut très bien se débrouiller sans moi ! Nous nous rejoindrions donc à Yanshuo, où il était envisagé de se rendre. Cette journée-la nous avions prévu parcourir 110 km. Cependant, avec les 50km que je venais d’ajouter à mon compteur en tentant de trouver Geneviève, je doutais que je puisse rejoindre Yanshuo? Néanmoins, il fallait s’y rendre, sinon retrouver Geneviève serait devenue très compliqué.
Je repris donc la route seul en m’imaginant les histoires les plus farfelus, les histoires les plus abracadabrantes et, finalement, les histoires les plus horribles. C’est avec nervosité que je poussais sur mes pédales. Même si je me rendais à Yanshuo, ville de la taille de Québec, comment est-ce que je retrouverais Geneviève ? Je me rappelai alors que, la veille, elle avait parlé d’une auberge jeunesse où il serait possible d’aller. Mon plan était simple : me rendre à cette auberge et lui écrit un email. Si à la tombée de la nuit je demeurerais sans réponse, j’avertirais la police.
Enfin, à mon arrivée à l’auberge je retrouvai Geneviève, les larmes aux yeux ! Lorsque je m’étais arrêté pour prendre de l’eau, elle m’avait dépassé sans m’apercevoir ! Toute la journée, elle fît une course folle pour tenter de me rejoindre, croyant que j’étais devant. Les vendeurs de fruits au bord de la route, tous ignorants qu’ils étaient, lui indiquaient que j’étais tout près devant. Bref, nous avons passé une journée bien angoissante, sans manger et, de mon côté, je venais de faire 150km en un temps record ! Moral de cette histoire : toujours croire les vieux bonhommes sur leur tracteur, mais pas les vendeurs de fruits !
Accompagnés de trois cyclistes chinois que nous avons rencontrés sur la route, nous avons roulé vers le Hunan. Plus que trois autres provinces et nous serions à Shanghai !
mardi 4 août 2009
Express pour Shanghai
Je ne me souviens plus trop de la raison pour laquelle nous nous sommes engagés dans une telle aventure. Je ne sais pourquoi une telle bravade nous a intéressés. Cependant, lorsque la famille de Geneviève nous annonça quelle souhaitait venir nous visiter à Shanghai, nous avons dessiné un itinéraire de 3500km qui nous mènerait à leur rencontre dans l’Est de le Chine. Disposant de 40 jours pour traverser un pays montagneux qui s’étend sur des milliers de kilomètres, nous étions visiblement devant un défi de taille. C’est probablement pour cela que l’idée nous charmait.
Cette course folle vers la Chine urbaine était destinée à nous faire traverser 5 provinces. . Ainsi, chaque province offre un spectacle bien différent de leurs voisins, chaque canton parle son propre langage, chaque contrée sert sa propre (pas toujours propre !) nourriture locale. Un périple, où nous avons salué rapidement une diversité culturelle fantastique. Il aurait fallu y passer des années pour bien comprendre la vie qui s’agitait autour de nous. Pourquoi tant de pauvreté ? Pourquoi tant de richesse ? Pourquoi ces Chinois, tels de bons païens, nous reçoivent avec tant de gentillesse et obligeance ? Nous pédalions trop vite pour saisir le sens de ces circonstances. Tant de territoire à relier sur nos vélos… trop peu de jours nous avions pour vagabonder dans les campagnes. Allons-y ! Voici donc un résumé de cette épreuve fort déraisonnable, mais remplie de péripéties. Une étape qui nous taxa une quantité colossale d’énergie !
Yunnan
Le 26 Juin, nous étions en train d’attacher les bagages sur les vélos après plus d’un mois d’inactivité. Il n’était pas tellement tôt, mais les festivités de la soirée précédente nous laissèrent un poids sur le cerveau. Comme à chaque fois, il nous était impossible de prendre la route en bonne condition physique. Il fallait absolument se donner une gueule de bois avant de quitter… cela était o-bli-ga-toire.
Sensation étrange que de piloter nos bécanes chargées après tout ce temps. Nous nous sentions comme deux cavaliers qui retrouvaient leur monture ! Derniers regards sur Kunming, ville que nous avons aimée et, en peu de temps, celle-ci disparue derrière nous. Maintenant armés d’une connaissance approximative du Mandarin et d’une volonté de se rapprocher de la population, nous étions en route vers de nouveaux récits.
Les premières journées furent difficiles. Une accablante déception s’empara de Geneviève. La forme physique n’était plus... Du moins, elle n’était plus se qu’elle était. Chaque ascension lui brisait le moral. Souvent, les larmes de ses yeux se joignaient à la sueur de son front pour mouiller sa figure attristée. C’est que le Yunnan est une des provinces les plus montagneuses de la Chine. L’effort nécessaire pour franchir les sommets, accompagné des multiples souffrances qui surviennent lorsqu’on passe trop de temps sur un vélo affligeaient Geneviève de tout son être.
Au même moment, nous vivions la vie la plus inconfortable qui puisse être. Pendant 10 jours, nous avons roulé sur des routes perdues sans refuges. Nous avons affronté une météo qui oscillait entre déluges et légères averses sans jamais permettre au soleil de nous réchauffer. La tête callée entre les épaules comme un chien qui reçoit une correction de son maître, nous avons traversé les plateaux élevés en essayant d’oublier l’eau qui transperce nos manteaux et nos bagages. 10 jours d’intempéries… trempes en lavette !
Devant notre condition, l’altruisme des gens était à son maximum. Jamais auparavant nous avions assisté à une telle démonstration de générosité. Je me souviens de cet homme qui nous invita à nous recueillir dans sa misérable demeure située au milieu des terres les plus éloignés dans les montagnes. Il nous offrit le peu qu’il posséda avec la plus grande des fiertés. Deux lits qu’il désigna pour être les nôtres. De peur de décevoir, nous acceptions l’offre. Ce soir-là, lui et sa femme dormirent sur le fauteuil déchiré de leur salon. A l’aube, l’image des deux Chinois somnolant nous toucha beaucoup. Il était clair que dans leur position, ils avaient dû lutter pour trouver le sommeil. Il n’y avait pas de merci assez puissant qui pouvait exprimer notre reconnaissance et pas d’excuse assez cohérente pour formuler notre embarras. Nous sommes repartis sous la pluie avec un sentiment étrange. Est-ce que ces gens seraient aussi bien reçus dans notre pays dont on parle avec tant de bien ? Nous préférons ne pas répondre à la question…
Pendant 10 jours, nous avons aperçu que de rares villages. Nous avons vécu dans la nature parmi les fermiers et les campagnards. Notre éloignement de la ville s’est aussi fait sentir dans notre carnet de dépenses. Après 10 jours de vélos, nous avions chacun vécu sur un budget de 2,5$ par jour! Pas que nous avons été économes, mais il y avait eu peu d’occasion jusque là de sortir notre porte-monnaie.
Nous sommes ensuite arrivés à Nanning avec des vélos qui se plaignent de tous les bruits et des bagages qui sentent les égouts.
- Je crois qu’on mérite un repos Geneviève…
- Tu connais une plage au soleil près d’ici ?
- Oui… dans 3000km seulement !
Guanxi
A suivre...
Cette course folle vers la Chine urbaine était destinée à nous faire traverser 5 provinces. . Ainsi, chaque province offre un spectacle bien différent de leurs voisins, chaque canton parle son propre langage, chaque contrée sert sa propre (pas toujours propre !) nourriture locale. Un périple, où nous avons salué rapidement une diversité culturelle fantastique. Il aurait fallu y passer des années pour bien comprendre la vie qui s’agitait autour de nous. Pourquoi tant de pauvreté ? Pourquoi tant de richesse ? Pourquoi ces Chinois, tels de bons païens, nous reçoivent avec tant de gentillesse et obligeance ? Nous pédalions trop vite pour saisir le sens de ces circonstances. Tant de territoire à relier sur nos vélos… trop peu de jours nous avions pour vagabonder dans les campagnes. Allons-y ! Voici donc un résumé de cette épreuve fort déraisonnable, mais remplie de péripéties. Une étape qui nous taxa une quantité colossale d’énergie !
Yunnan
Le 26 Juin, nous étions en train d’attacher les bagages sur les vélos après plus d’un mois d’inactivité. Il n’était pas tellement tôt, mais les festivités de la soirée précédente nous laissèrent un poids sur le cerveau. Comme à chaque fois, il nous était impossible de prendre la route en bonne condition physique. Il fallait absolument se donner une gueule de bois avant de quitter… cela était o-bli-ga-toire.
Sensation étrange que de piloter nos bécanes chargées après tout ce temps. Nous nous sentions comme deux cavaliers qui retrouvaient leur monture ! Derniers regards sur Kunming, ville que nous avons aimée et, en peu de temps, celle-ci disparue derrière nous. Maintenant armés d’une connaissance approximative du Mandarin et d’une volonté de se rapprocher de la population, nous étions en route vers de nouveaux récits.
Les premières journées furent difficiles. Une accablante déception s’empara de Geneviève. La forme physique n’était plus... Du moins, elle n’était plus se qu’elle était. Chaque ascension lui brisait le moral. Souvent, les larmes de ses yeux se joignaient à la sueur de son front pour mouiller sa figure attristée. C’est que le Yunnan est une des provinces les plus montagneuses de la Chine. L’effort nécessaire pour franchir les sommets, accompagné des multiples souffrances qui surviennent lorsqu’on passe trop de temps sur un vélo affligeaient Geneviève de tout son être.
Au même moment, nous vivions la vie la plus inconfortable qui puisse être. Pendant 10 jours, nous avons roulé sur des routes perdues sans refuges. Nous avons affronté une météo qui oscillait entre déluges et légères averses sans jamais permettre au soleil de nous réchauffer. La tête callée entre les épaules comme un chien qui reçoit une correction de son maître, nous avons traversé les plateaux élevés en essayant d’oublier l’eau qui transperce nos manteaux et nos bagages. 10 jours d’intempéries… trempes en lavette !
Devant notre condition, l’altruisme des gens était à son maximum. Jamais auparavant nous avions assisté à une telle démonstration de générosité. Je me souviens de cet homme qui nous invita à nous recueillir dans sa misérable demeure située au milieu des terres les plus éloignés dans les montagnes. Il nous offrit le peu qu’il posséda avec la plus grande des fiertés. Deux lits qu’il désigna pour être les nôtres. De peur de décevoir, nous acceptions l’offre. Ce soir-là, lui et sa femme dormirent sur le fauteuil déchiré de leur salon. A l’aube, l’image des deux Chinois somnolant nous toucha beaucoup. Il était clair que dans leur position, ils avaient dû lutter pour trouver le sommeil. Il n’y avait pas de merci assez puissant qui pouvait exprimer notre reconnaissance et pas d’excuse assez cohérente pour formuler notre embarras. Nous sommes repartis sous la pluie avec un sentiment étrange. Est-ce que ces gens seraient aussi bien reçus dans notre pays dont on parle avec tant de bien ? Nous préférons ne pas répondre à la question…
Pendant 10 jours, nous avons aperçu que de rares villages. Nous avons vécu dans la nature parmi les fermiers et les campagnards. Notre éloignement de la ville s’est aussi fait sentir dans notre carnet de dépenses. Après 10 jours de vélos, nous avions chacun vécu sur un budget de 2,5$ par jour! Pas que nous avons été économes, mais il y avait eu peu d’occasion jusque là de sortir notre porte-monnaie.
Nous sommes ensuite arrivés à Nanning avec des vélos qui se plaignent de tous les bruits et des bagages qui sentent les égouts.
- Je crois qu’on mérite un repos Geneviève…
- Tu connais une plage au soleil près d’ici ?
- Oui… dans 3000km seulement !
Guanxi
A suivre...
vendredi 24 juillet 2009
Cadeau (1/5)
Voici quelques photos que nous avons rassemblées de nos premiers moments de voyage en Thaïlande!
http://dl.free.fr/mHrl3l1yG
Le lien sera disponible pendant 30 jours.
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