dimanche 13 septembre 2009
Express pour Shanghai (3e partie)
Flanqués de nos trois confrères Chinois, nous avons atteint le Hunan, une province de la Chine centrale. Nous sommes heureux de maîtriser un peu de Mandarin afin de pouvoir partager de bons moments avec des gens qui vivent la même chose que nous. Leur itinéraire coupa le nôtre juste au moment où, en regardant la carte, nous étions bien découragés de voir Shanghai aussi loin. Au moment où Geneviève et moi commencions à sentir la solitude qui nous envahissait. Certain moments, nous demandions vraiment pourquoi nous nous donnions tout ce mal pour pousser nos vélos aussi loin. Or, partager notre route avec ces amis pour quelques jours nous redonna le goût d’avancer !
Le Hunan est situé au centre d’un pays qu’on déconseille aux voyageurs pendant la saison chaude. En été, on suffoque souvent sous une atmosphère horriblement chaude et humide (40-45 C) ; Une sensation qui s’apparente probablement aux légumes qui cuisent sous la pression d’un presto. Sinon, on endure des tempêtes tropicales persistantes. Croyez-moi, ces orages n’ont rien à voir avec les petites giboulées du Québec. Bref, la température estivale de la Chine nous garantie de tremper nos vêtements à chaque jour ; soit par la pluie, soit par la chaleur halitueuse. Vous comprendrez alors que nous sommes la risée de bien des gens lorsque nous leur avouons notre résolution à traverser la Chine à vélo pendant cette période.
Heureusement, le Hunan est une province extrêmement riche en fruits et légumes ! Les produits y étaient offerts presque gratuitement. J’ai le souvenir que les pastèques étaient moins chères que l’eau ! Notre consommation de fruits prenait alors des proportions exagérées !
- 10 kg de pastèques, 5 kg de litchis et 5 kg de poires pour emporter svp !
Après plus de 200 jours sur la route, nous nous sentions bien déconnectés de tout ce qui se passait sur la planète. Sans journaux, sans télévision et sans radio, il y aurait pu y avoir une troisième guerre mondiale, nous l’aurions ignoré. Qu’importe, nous étions très bien connectés sur ce qui se passait tout près de nous : les odeurs, les couleurs et les gens que nous avons rencontrés. En effet, c’était notre objectif, c’était le but principal de notre périple !
Un matin, alors que nous roulions sous un soleil de plomb, un phénomène étrange se passa. Comme si Geneviève et moi avions mis nos lunettes de soleil, tout devint sombre autour de nous. Aucun nuage dans le ciel, c’était une de ces journées chaudes qui se préparait. Une heure plus tard, la lumière réapparue et nous convainquit que c’était l’heure de sortir la crème solaire. Phénomène qu’on s’expliquait mal avant que des citoyens des villes nous demandèrent si nous avions observé l’éclipse totale de soleil ! C’était un événement qu’on attendait depuis longtemps en Asie. Nous l’ignorions. Le même phénomène pourra seulement être observé à nouveau en 2045 ! Déconnectés nous disions…
Jiangxi et Zhejiang
Tranquillement, les décors ruraux se transformèrent pour laisser la place à des paysages urbains très ennuyants. Dans les provinces de l’Est, les Chinois regardent fièrement pousser le béton autour de leurs anciennes fermes! La présence des monstrueux édifices est symbole de prospérité pour tous ! Chacun voit son avenir au sommet des constructions à 50 étages. Les énormes villes surpeuplées et surpolluées s’entassaient donc sur notre trajet. Au même moment, nous étions par une effroyable monotonie qui nous laissait bien tristes. Comme dans le jour de la marmotte, les journées passèrent et se ressemblaient tous ! De ville en ville nous roulions, fatigués, dans le simple but d’atteindre Shanghai avant que les parents de Geneviève n’arrivent.
Shanghai
Après 40 jours de vélo intensif, nous avons enfin rejoint la mégapole Chinoise ! Une étape importante de notre voyage se terminait. Certes, nous étions essoufflés physiquement, mais nous étions surtout accablés par une fatigue psychologique intense. La monotonie des derniers jours nous laissait un sentiment de morosité écrasante. Pendant plus d’un mois, nous avons roulé 100 km par jour en moyenne. C’était beaucoup de kilomètres en trop peu de temps. Nous avions perdu la joie de faire du vélo. Jamais nous n’avions pensé abandonner notre projet, mais nous étions désormais peu optimistes à l’idée de pousser nos vélos plus loin après Shanghai.
Heureusement, nous avions près d’un mois devant nous pour nous réconcilier avec nos vélos. A l’arrivée des parents et de la sœur de Geneviève, nous avons entreposé les vélos pour partir avec notre sac à dos ! Des nouvelles aventures en vue ! Mais ca c’est une autre histoire…
lundi 31 août 2009
Express pour Shanghai (2e partie)
Les montagnes et la pluie du Yunnan, comme toutes les choses de ce monde, ont un début et une fin. C’est en atteignant le Guanxi, province voisine, que nous avons atteint les limites de ces deux sources d’ennuie qui, quelque fois, nous paraissent éternelles. Nous avons alors apprécié le soleil qui avait disparu depuis trop longtemps. Un répit qui nous permet de mettre des vêtements secs pour la première fois depuis 10 jours et 10 nuits! De même, la Terre était redevenue ronde sous nos roues et nous pédalions désormais sur des routes bien plates, quel bonheur !
Le Guanxi partage une longue frontière avec le Vietnam. Cette proximité est flagrante par la similarité des paysages. Des petites collines aux formes excentriques qui ont poussé sur des terres ultra-fertiles. Parfois, il est possible d’entendre des conversations dans une langue qu’on devine être du Vietnamien.
Un jour, alors que nous avions fait une courte escale dans une grande cité, un homme véreux vola l’ordinateur de vélo à Geneviève. Voyant que l’objet ne lui était d’aucune utilité, il s’empressa de venir essayer de nous le vendre… se dénonçant du même coup ! En m’exprimant son irrésolution à me rendre l’objet pillé, la discussion tourna rapidement en empoignade. Grabuge qui attroupa un nombre assez suffisant de curieux pour convaincre notre bandit que tout était perdu pour lui. Décidément, le Vietnam n’était pas trop loin !
C’est quelque part au Sud Ouest de la Chine que nous avons franchit une étape importante pour les cyclotouristes que nous sommes : 10 000 km !!! Nous étions fiers de se que nous avions accompli en 6 mois de vélo. C’est devant une vieille maison de campagne en brique que nous avons fêté l’événement avec ce qu’il faut pour être heureux en ces cas-là: un festin de mangues et de litchis frais! Les fermiers autour semblaient bien hébétés de nous voir célébrer je-ne-sais-quoi au milieu de nulle part ! Nous avons alors repensé à tous les efforts que nous avons investis pour se rendre où nous étions. Sans doute, nous avions changé d’idée sur ce qui nous paraissait inconcevable de réaliser au départ. Quel sera donc la distance totale de notre longue route ? Où le hasard nous mènera dans les prochains mois ? Des questions auxquels nous avons peu de réponses…
Un jour, alors que je roulais devant Geneviève, je m’arrêtai au bord de la route pour faire le plein d’eau. Lorsque je repris la route quelque secondes plus tard, j’attendis Geneviève, mais jamais je ne la revis… elle avait disparut ! Je ne la voyais ni derrière ni devant. Le plus ennuyeux c’est que je ne me souvenais plus exactement la dernière fois que je l’avais aperçue. Je me résolu donc à rebrousser chemin pour aller la rejoindre. Elle devait probablement être retenue par une crevaison. Presque chaque jour nous sommes gênés par des débris sur la route qui transpercent nos pneus. Je roulai donc en sens inverse sur plus de 10km. Toujours pas de nouvelles… J’arrêtai donc dans un village pour demander si quelqu’un aurait vue une cycliste sur un vélo qui ressemble à un vaisseau spatial.
-Pas vu…
-Pas vu…
Je stoppai même les camions.
-Pas vu…
-Pas vu…
-Oui, me confia un vieux bonhomme sur son tracteur, elle se trouve dans la direction opposée, à 15 km devant. Il m’indiquait du doigt la direction où j’avais pris l’eau.
Je retournai donc vers le point où je m’arrêtai pour prendre l’eau... En chemin, je continuai de demander aux gens. Contrairement au bonhomme dans son tracteur, personne n’avait vu Geneviève. Or, il faut savoir qu’en Asie, une information donnée par une seule personne ne vaut rien. Il faut toujours confirmer par une source différente. « Je ne sais pas » est une réponse qu’on entend rarement ici. Souvent, les gens prétendent savoir pour ne pas perdre la figure.
De retour au point de disparition, toujours personne n’avait vu passer Geneviève. Il était donc bien peu probable qu’elle soit devant moi ! Elle devait vraisemblablement se trouver derrière moi, mais plus loin ! Je retournai donc une seconde fois en arrière. Cette fois avec la résolution de dépasser mon bonhomme sur son tracteur et de faire au moins 15km pour la retrouver. Toujours rien. Seulement les regards amusés des gens qui me voient passer et repasser sur la même route tel un Sherlock Holmes à l’ouvrage. Ma deuxième tentative de retour en arrière fût inutile. Cette fois, il n’était plus question de revenir en arrière. Geneviève devait finalement se trouver devant tel que le disait le bonhomme.
Geneviève est une grande fille, elle peut très bien se débrouiller sans moi ! Nous nous rejoindrions donc à Yanshuo, où il était envisagé de se rendre. Cette journée-la nous avions prévu parcourir 110 km. Cependant, avec les 50km que je venais d’ajouter à mon compteur en tentant de trouver Geneviève, je doutais que je puisse rejoindre Yanshuo? Néanmoins, il fallait s’y rendre, sinon retrouver Geneviève serait devenue très compliqué.
Je repris donc la route seul en m’imaginant les histoires les plus farfelus, les histoires les plus abracadabrantes et, finalement, les histoires les plus horribles. C’est avec nervosité que je poussais sur mes pédales. Même si je me rendais à Yanshuo, ville de la taille de Québec, comment est-ce que je retrouverais Geneviève ? Je me rappelai alors que, la veille, elle avait parlé d’une auberge jeunesse où il serait possible d’aller. Mon plan était simple : me rendre à cette auberge et lui écrit un email. Si à la tombée de la nuit je demeurerais sans réponse, j’avertirais la police.
Enfin, à mon arrivée à l’auberge je retrouvai Geneviève, les larmes aux yeux ! Lorsque je m’étais arrêté pour prendre de l’eau, elle m’avait dépassé sans m’apercevoir ! Toute la journée, elle fît une course folle pour tenter de me rejoindre, croyant que j’étais devant. Les vendeurs de fruits au bord de la route, tous ignorants qu’ils étaient, lui indiquaient que j’étais tout près devant. Bref, nous avons passé une journée bien angoissante, sans manger et, de mon côté, je venais de faire 150km en un temps record ! Moral de cette histoire : toujours croire les vieux bonhommes sur leur tracteur, mais pas les vendeurs de fruits !
Accompagnés de trois cyclistes chinois que nous avons rencontrés sur la route, nous avons roulé vers le Hunan. Plus que trois autres provinces et nous serions à Shanghai !
mardi 4 août 2009
Express pour Shanghai
Cette course folle vers la Chine urbaine était destinée à nous faire traverser 5 provinces. . Ainsi, chaque province offre un spectacle bien différent de leurs voisins, chaque canton parle son propre langage, chaque contrée sert sa propre (pas toujours propre !) nourriture locale. Un périple, où nous avons salué rapidement une diversité culturelle fantastique. Il aurait fallu y passer des années pour bien comprendre la vie qui s’agitait autour de nous. Pourquoi tant de pauvreté ? Pourquoi tant de richesse ? Pourquoi ces Chinois, tels de bons païens, nous reçoivent avec tant de gentillesse et obligeance ? Nous pédalions trop vite pour saisir le sens de ces circonstances. Tant de territoire à relier sur nos vélos… trop peu de jours nous avions pour vagabonder dans les campagnes. Allons-y ! Voici donc un résumé de cette épreuve fort déraisonnable, mais remplie de péripéties. Une étape qui nous taxa une quantité colossale d’énergie !
Yunnan
Le 26 Juin, nous étions en train d’attacher les bagages sur les vélos après plus d’un mois d’inactivité. Il n’était pas tellement tôt, mais les festivités de la soirée précédente nous laissèrent un poids sur le cerveau. Comme à chaque fois, il nous était impossible de prendre la route en bonne condition physique. Il fallait absolument se donner une gueule de bois avant de quitter… cela était o-bli-ga-toire.
Sensation étrange que de piloter nos bécanes chargées après tout ce temps. Nous nous sentions comme deux cavaliers qui retrouvaient leur monture ! Derniers regards sur Kunming, ville que nous avons aimée et, en peu de temps, celle-ci disparue derrière nous. Maintenant armés d’une connaissance approximative du Mandarin et d’une volonté de se rapprocher de la population, nous étions en route vers de nouveaux récits.
Les premières journées furent difficiles. Une accablante déception s’empara de Geneviève. La forme physique n’était plus... Du moins, elle n’était plus se qu’elle était. Chaque ascension lui brisait le moral. Souvent, les larmes de ses yeux se joignaient à la sueur de son front pour mouiller sa figure attristée. C’est que le Yunnan est une des provinces les plus montagneuses de la Chine. L’effort nécessaire pour franchir les sommets, accompagné des multiples souffrances qui surviennent lorsqu’on passe trop de temps sur un vélo affligeaient Geneviève de tout son être.
Au même moment, nous vivions la vie la plus inconfortable qui puisse être. Pendant 10 jours, nous avons roulé sur des routes perdues sans refuges. Nous avons affronté une météo qui oscillait entre déluges et légères averses sans jamais permettre au soleil de nous réchauffer. La tête callée entre les épaules comme un chien qui reçoit une correction de son maître, nous avons traversé les plateaux élevés en essayant d’oublier l’eau qui transperce nos manteaux et nos bagages. 10 jours d’intempéries… trempes en lavette !
Devant notre condition, l’altruisme des gens était à son maximum. Jamais auparavant nous avions assisté à une telle démonstration de générosité. Je me souviens de cet homme qui nous invita à nous recueillir dans sa misérable demeure située au milieu des terres les plus éloignés dans les montagnes. Il nous offrit le peu qu’il posséda avec la plus grande des fiertés. Deux lits qu’il désigna pour être les nôtres. De peur de décevoir, nous acceptions l’offre. Ce soir-là, lui et sa femme dormirent sur le fauteuil déchiré de leur salon. A l’aube, l’image des deux Chinois somnolant nous toucha beaucoup. Il était clair que dans leur position, ils avaient dû lutter pour trouver le sommeil. Il n’y avait pas de merci assez puissant qui pouvait exprimer notre reconnaissance et pas d’excuse assez cohérente pour formuler notre embarras. Nous sommes repartis sous la pluie avec un sentiment étrange. Est-ce que ces gens seraient aussi bien reçus dans notre pays dont on parle avec tant de bien ? Nous préférons ne pas répondre à la question…
Pendant 10 jours, nous avons aperçu que de rares villages. Nous avons vécu dans la nature parmi les fermiers et les campagnards. Notre éloignement de la ville s’est aussi fait sentir dans notre carnet de dépenses. Après 10 jours de vélos, nous avions chacun vécu sur un budget de 2,5$ par jour! Pas que nous avons été économes, mais il y avait eu peu d’occasion jusque là de sortir notre porte-monnaie.
Nous sommes ensuite arrivés à Nanning avec des vélos qui se plaignent de tous les bruits et des bagages qui sentent les égouts.
- Je crois qu’on mérite un repos Geneviève…
- Tu connais une plage au soleil près d’ici ?
- Oui… dans 3000km seulement !
Guanxi
A suivre...
vendredi 24 juillet 2009
Cadeau (1/5)
http://dl.free.fr/mHrl3l1yG
Le lien sera disponible pendant 30 jours.
mardi 21 juillet 2009
Voyager Différemment
Pierre et moi avons joué le rôle de guides et interprètes. Avec eux, nous avons visité les endroits que nous avions particulièrement aimés à Kunming. Bien entendu, ils ont fait la connaissance de nos amies. Ils ont même eu droit à un repas typiquement chinois cuisiné par Pierre et moi ! Lors de notre séjour à Kunming, notre colocataire, Lui Jian, nous avait donné de bons cours de cuisine.
Près de Kunming, nous avons passé une journée de rois à des bains thermaux japonais que nous nous étions fait recommander. Il avait des bassins de plusieurs couleurs et odeurs : un bassin vert à la menthe, au lilas, au lait, au thé et j'en passe! Il ne manquait que le Jello :) Celui que nous avons particulièrement aimé est le bassin qui avec des petits poissons qui mangeaient s'occupent de dévorer les peaux mortes de notre corps. Une drôle de sensation… interdit pour les chatouilleux!
A Dali, nous avons fait de la randonnée et une excursion en vélo avec des tandems chinois. Nous étions 4 personnes de plus de 6 pieds avec des vélos conçus pour les petits asiatiques. Tous le monde nous regardaient et souriaient de voir nos jambes qui montent jusqu'au menton. Très différent de nos vélos de cyclotouristes. Nous avons eu une pensée pour Francesco et Romina. Bravo à eux! Le tandem est une activité très difficile pour un couple! Nous avons toutefois réussi à découvrir des très beaux coins peu touristiques. Pendant ce séjour, Pierre et un français que nous avions rencontré en ont profité pour aller monter une montagne de 4100m en seulement une journée. Ils ont fait une belle excursion et il y a de très belles photos à l’appuie.
Nous nous dirigions toujours plus au nord. Lijiang est une très belle ville ancienne classée comme un patrimoine mondial de l’UNESCO. Le soir, cette ville a particulièrement un charme avec toutes ses lanternes chinoises et ses chemins pavés de pierres. Nous avons fait de nous de vrais touristes. Cependant, à notre grand plaisir, il n’y en avait pas trop avec nous.
Après quelques jours de préparation mentale pour Jérôme, nous sommes allés au Tiger Leaping Gorges faire une randonnée de 2 jours. Nous avons marché au flanc de cette gorge et dormi dans un endroit paradisiaque. Nous avions une vue époustouflante de notre chambre d’hôtel Pour avoir une pareille vue à Chamonix, nous aurions payé une fortune. Au Yunnan, c’était presque gratuit !
Shangri-la est un village tibétain qui a un cachet particulier comparativement aux autres villes chinoises. Nous avons assisté à la dance quotidienne locale. Avant l’heure du souper, petits, grands, vieux et jeunes se rassemblent sur la place publique et dansent sur des chansons traditionnelles pendant quelques heures. Certain d’entre eux portent fièrement leur costumes traditionnels. Ce fut impressionnant de les voir bouger tous en même temps sur les différents pas de danses. Pour mettre un peu de piquant dans notre voyage, Pierre, Ge et moi avons fait une petite escapade au grand monastère de la ville. Nous voulions le visiter, mais le prix d’entré était ridiculement cher…comme plusieurs endroits touristiques en Chine. Nous avons alors entrepris de trouver notre propre chemin pour s’y rendre sans payer! Nous avons marché et traversé des rizières, des champs et avons atteint le monastère avec succès sans débourser un sous!
Finalement, Deqin a satisfait nos désirs de se retrouver dans les montagnes. La route pour s’y rendre s'étire sur 180km… 180km de lacets, de tape-culs, de passes en altitude (4300m) et de construction qui se parcours en pas moins de 8h ! Située à 3500m d’altitude, Deqin établi à moins de 100 km du Tibet et se compose d’une population essentiellement tibétaine en exile. Les montagnes autour sont à couper le souffle. Beaucoup de sommets enneigés et de montagnes pointues nous entouraient. Nous avons donc entamé une marche pour aller visiter le grand glacier Mingyong. Magnifique, mais malheureusement, nous ne pouvions pas poser nos pieds sur celui-ci… trop dangereux. Nous avons quand même pu observer de nombreuses avalanches de glace qui fondait sous le chaud soleil.
C’est ainsi qu’après 2 semaines, nous nous quittions déjà. Geneviève et Jérôme repartaient en avion pour Pékin, tandis que nous revenions vers Kunming fêter la St-Jean avec des routards Québécois. Ce fut très différent de voyager en autobus, mais l’expérience en valait le coup pour réaliser à quel point nous aimons voyager en vélo. C’est bien reposés après ce mois et demi de congé et en pleine forme que nous repartons avec nos vélos: direction Shanghai !
vendredi 10 juillet 2009
Le nouveau défi!
Salutation habituelles :
- D’où vous venez ?
- Où vous allez ?
- Il vous manque de quelque chose ?
- Oui ! Des gens sympathiques !
- Patience... La Chine n’est plus très loin !
Les deux Américains travaillent à Kunming ; ville où nous nous dirigions pour apprendre le Mandarin ! Adeptes de Couch Surfing, ils nous proposèrent de nous héberger quelques jours et de nous faire découvrir Kunming. La solidarité entre voyageurs à vélo est sans limite. Le rendez-vous est fixé… Le hasard ne pouvait être plus généreux ! Deux nouveaux amis et un endroit pour dormir du même coup !

C’est dans un minuscule studio de Kunming que Stewart et Juliet nous ont accueillis pour 5 jours. Profitant d’un moment creux au travail (NGO environnemental), Stewart nous a fait découvrir la ville au rythme des locaux. Restaurants traditionnels, coutumes étranges, danses burlesques, spectacles saisissants, sports inconnus… le tout appuyé par des petits cours de Mandarin ! C’est que Stewart et Juliet vivent en chine depuis maintenant 2 ans et qu’ils maîtrisent la langue d’une manière déconcertante ! Les voir faire la conversation à la serveuse d’un restaurant nous étourdi. Comment une langue aussi complexe peut être maîtrisée par des occidentaux. Nous sommes motivés ! Nous avons un mois pour y arriver ! C’est notre nouveau défi !

Dès la première semaine, nous nous sommes introduits dans une ligue d’Ultimate Freesbee. Il s’agit d’un sport où il faut courir comme des enragés pour attraper au vol un disque lancé par un coéquipier. Un sport qu’on réservait aux chiens il y a quelques années ! Geneviève et moi nous sommes bien amusés et avons rencontré beaucoup d’amis qui viennent d’un peu partout sur la planète! Geneviève retrouvait un peu le sentiment du jeu d’équipe qui lui manque depuis qu’elle a quitté le basketball. Pour ma part, j’appréciais les après-matchs atour d’une belle grande table ronde remplie de bières et de mets chinois !

Nous avons ensuite emménagé dans un grand appartement situé dans le quartier étudiant. Partageant la location avec Lui Jian (Chinoise) et Alberto (Italien) la langue de communication officielle de l’appartement était le Mandarin. L’Anglais demeure utile comme bouée de secours ! Ici, tous les étrangers que nous connaissons parlent la langue locale avec une certaine aisance. Dans une soirée où une majorité d’étrangers sont présents, la discussion demeure en Mandarin. Je vous l’assure, ce phénomène est bien propre à la Chine ! Jamais nous n’avons vu un blanc parler le Khmer au Cambodge ! Notre environnement d’apprentissage était bien établi, il ne nous manquait plus que de trouver un professeur de langue !



Nos recherches se sont arrêtées lorsque nous avons rencontré Sicilly. Du haut de ses 150 cm, cette petite femme de 23 ans nous a tout de suite plu. S’exprimant dans un Anglais impeccable et dans un Mandarin de Beijing, elle était la personne qu’il nous fallait ! Elle s’est offerte pour nous donner 2h de cours par jour pendant 1 mois. C’est ce qui est nécessaire pour atteindre un niveau de base en Chinois. Entendons-nous, le niveau de base que nous voulons atteindre nous permettra de commander au restaurant, demander des directions et entretenir une conversation digne de la pré-maternelle. Dans l’apprentissage de cette nouvelle langue, il s’est avéré que Geneviève et moi formions un excellent duo ! Geneviève, véritable dictionnaire sur deux pattes, peut retenir une quantité incroyable de mots. De mon côté, je me débrouille pas trop mal pour prononcer des phrases qui peuvent avoir un certain sens. Il nous manquerait seulement quelqu’un pour bien comprendre tout se que les gens nous racontent dans la rue ! Tant d’accents différents, tant de dialectes ; nous arrivons maintenant à comprendre environ la moitié de ce que les gens nous expriment.

Prendre une pause nous a fait le plus grand bien ! Premièrement, il nous fallait un peu de repos pour bien digéré les derniers 6 mois de vélos, de rencontres, de beaux paysages et d’aventures. La pire chose qui pourrait nous arriver serait de perdre le goût de l’aventure et de ne plus réaliser la chance que nous avons d’être ici. Nous avions donc le sentiment qu’il fallait arrêter un peu pour mieux repartir !
Kunming est une ville super ! Puisqu’elle est située à 2000m d’altitude, sa température est celle d’un printemps ensoleillé. Pas trop chaud, pas trop froid ! En raison de son altitude, le ciel de Kunming est très particulier. Les nuages sont très près et dessinent des forment qu’on observe rarement ailleurs. Les couchers de soleil sont remarquables ! Partout dans la ville, de nombreux parcs ultra propres nous font oublier les dépotoirs que nous avons vus avant. A toutes heures de la journée, les gens s’y rassemblent pour danser, chanter, jouer aux cartes et discuter. Kunming est une belle ville vivante ! La solitude ne semble pas exister chez les personnes âgées. A cet égard, l’occident a beaucoup à apprendre des Chinois chez qui l’esprit de communauté prend vraiment un sens.


Tant de gens nous avons rencontré sur la route. Tant de gens avec qui on aimerait garder contact toute notre vie, mais nous savons bien que cela est impossible. Il y a tout de même des gens qui nous ont profondément marqué et qui, malgré la distance, resteront dans nos pensées pour longtemps. Parmi ceux-ci il y a Sicilia (Italie) et Ally (Calgary) que nous avons rencontré dans une soirée bien sympathique sur le toit d’un édifice de Kunming. Sicilia, musicienne extraordinaire, vous donne un frisson sans limite lorsqu’elle joue de sa flute de pan. Ses discours sur l’énergie humaine sont captivants ! Ally est probablement la personne la plus sociable que nous ayons rencontré. Toujours entouré de dizaines d’amis, son enthousiasme est contagieux. Un soir, alors que l’alcool avait bien fait son effet, elle me proposa l’idée de monter sur la scène d’un bar et de jouer une chanson qu’elle aimerait chanter. Oui, oui…un jour… bien sûr ! Je lui ai répondu en sachant que cette idée ne passerait pas la gueule de bois qui nous attendait le lendemain. Enfin, quelques jours plus tard, nous y étions, Ally, Sicily et moi sur la scène d’un bar du centre-ville en train de jouer quelques morceaux que nous avions pratiqués! Qui aurait cru entendre du Jean Leloup live in China ? Un baptême de la scène pour ma part ! De la bonne énergie comme dirait Sicilia !
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Ainsi, nous avons bâtit une petite routine d’étude et de sorties que nous aimions. Après quelques semaines, nous étions déjà bien connus dans le quartier et les gens du voisinage étaient bien fiers de nous saluer au passage. A chaque jour, notre niveau de Mandarin s’améliorait et nos discussions avec les voisins s’approfondissaient. Autant que possible, nous avons tenté d’éviter les contextes où il est possible de parler Anglais. Une fois par semaines, nous faisions des sorties avec le club de vélo local. Dans le groupe, personne ne parlait Anglais alors c’était une excellente occasion de pratiquer ce que nous avions appris ! Fait cocasse : les 120 km de ‘’sport’’ s’étirent sur 12 heures à force de pauses-cigarettes et de copieux repas bien arrosés ! Chaque montée est une bonne raison d’en allumer une ! Fait cocasse #2 : Les chinois ont des vélos de montagne à 5000$ qui brillent. Ils essuient leur vélo avec des papiers mouchoirs après avoir roulé dans la poussière. L’apparence est très importante ici aussi ! Pas question de rouler avec un vélo crotté !

C’est ainsi que nous avons vécu pendant 1 mois à Kunming. Demain, des amis du Québec viennent nous rejoindre! Nous partons avec nos sacs à dos vers la frontière du Tibet avec Geneviève et Jérome ! Ça promet !!!
samedi 27 juin 2009
China!!!
Nous décidons donc de partir à l’aventure et laissons dernière nous nos amis James et Cecilia qui continuent leur parcours en autobus. Après seulement 15 km de route, nous rencontrons trois cyclistes Allemands qui arrivent de Kunming où nous nous dirigeons. Échange de cartes et de conseils ; ils avaient fait beaucoup de recherches pour tracer un itinéraire parfait. Trois semaines de vélo en Chine, il valait mieux pour eux d’optimiser les beaux endroits. Nous empruntons donc leur route en sens inverse.
Les premiers paysages de la chine sont marqués par la pauvreté. Étonnant de voir tant de misère dans un pays qui est maintenant considéré comme une puissance économique mondiale. Comme nous le faisions au Cambodge et au Thailande, nous avons cherché un endroit pour planter notre tente pendant que le soleil nous quittait. Un séjour chez l’habitant nous semble intéressant ! Avec beaucoup de gestes et de sourires, une dame nous mène chez elle. Dans un village si pauvre qu’il nous remémore le Cambodge. Curieusement, là où la pauvreté est incontestable, la générosité est aussi certaine. Malgré nos tentatives d’explications ils n’ont jamais compris le concept de la tente pour dormir à l’extérieur. Pour eux, il est hors de question de dormir sur le sol. Après un long débat nous avons donc convenu qu’il fallait dormir dans l’étable ! Une petite plate forme de bois entourée de foin et de chevaux nous faisait office de lit d’invités.
La tradition en Chine est d’offrir du porc à l’invité en guise de bienvenue. Pour notre part, la famille était bien fière de nous offrir du gras pur de cochon. Aucune nourriture de cabane à sucre ne pourrait battre le taux de gras de ce que nous avons eu dans notre assiette ! Merci à Pierre d’avoir secrètement vidé mon assiette. Nous avons repris la route abasourdis par la gentillesse des gens. Le Vietnam n’est pourtant pas si loin !
Nos premiers hôtels en Chine sont plutôt rudimentaires. Certains hôtels n’ont même pas de toilette. Il faut se rendre aux toilettes publiques du village ; 2 trous dans la terre où l’intimité est inexistante. Nous sommes heureux de pouvoir faire du camping partout et d’avancé à notre gré sans trop planifier autre chose que la nourriture. Partout où nous allons, les chinois nous accueillent comme des rois. Il n’est plus question de s’égueuler sur les prix, les Chinois sont honnêtes. Pendant notre semaine pour se rendre a Kunming, les litchis abondaient de partout et les arbres remplis de mangues défilaient sur notre route. Des routes de campagnes bien sympathiques entrecoupées de zones industrielles sans charme. La Chine nous réserve bien des surprises ! A l’approche des montagnes, la nature est maîtresse et les paysages sont toujours magnifiques.
Nous n’avons aucune connaissance précise de la position des montagnes en Chine. Alors que nous commençons à monter, une voiture s’arrête pour me donner 2 bouteilles d’eau. La montée sera surement longue ! Sans trop savoir si le sommet est loin, nous avons du planter la tente dans cette montée qui s’étirait sans fin. Le lendemain, nous avons atteint le sommet après plus de 45 km de monté abrupte! Affamés une fois au sommet, nous nous somme payé un festin typique chinois : une assiette d’aubergine, de champignons et d’œufs !
La saleté de la Chine nous a bien marqué dès le début. Les ordures sont distribuées aux quatre vents et les villages s’annoncent par une odeur prononcée d’urine. Par contre, tous les terrains agricoles et les jardins sont impeccables. Aucune mauvaise herbe, des rangs bien droits et des gens minutieux à accomplir leur travail. Le contraste entre les champs et les villages est frappant.
La communication n’est pas facile en chine. Presque personne ne parle l’Anglais. Un jour, alors que Pierre avait fait une crevaison, une foule s’est ressemblé autour de nous. Nous avons donc profité de l’occasion pour demander un endroit pour mettre la tente. Un généreux agriculteur nous a dirigés vers son terrain. La foule suivait derrière. L’hospitalité ne devait pas s’arrêter là. Deux jeunes de notre âge nous ont invités à manger chez eux. Ils nous ont cuisiné un de ses festins. Malgré l’apparence malpropre des maisons, l’intérieur est très surprenant. Des appareils électroniques made in China, des beaux meubles et une énorme télévision. Nous rigolons en essayant de communiquer avec notre nouveau dictionnaire. Nous avons appris que les agriculteurs mangent seulement deux repas : le premier a 10h30 et l’autre à 4h30. Malgré plusieurs obstacles, l’échange culturel se fait bien.
Les routes en Chine sont très imprévisibles. Des belles routes goudronnées aux chemins de terre cahoteux. Le plus surprenant est de voir l’infrastructure présente sur des routes de mauvaise qualité. Protections contre l’érosion, ponts suspendus, tunnels, rien ne manque… sauf la route ! Il n’y a rien à comprendre au système chinois.
Lors d’une nuit dans un de nos hôtels deluxe, nous avons eu droit à un concert de rats dans le plafond de notre chambre. Nous sommes donc repartis pas très reposé pour notre dernière journée de vélo avant un long repos à Kunming. Seulement quelques kilomètres nous séparaient de la ville, mais il a fallu rouler pendant plusieurs heures. Les vélos sont interdits sur les autoroutes et les routes secondaires font des spirales autour de la ville ! De plus, nous nous sommes perdus dans un bordel de trafic et de construction.
C’est ainsi que nous avons franchi notre objectif intermédiaire : Kunming. La différence entre la campagne et la ville est choquante. Les voitures, la mode, les restaurants et les hôtels partout. Kunming est situé à 2000m d’altitude. Malgré ses 5 millions d’habitants, elle est très peu polluée, alors nous pouvons voir un beau ciel bleu en permanence. La température est excellente et l’ambiance est sympathique. Nous avons maintenant un nouveau défi : apprendre le mandarin ! Nous allons donc prendre un repos de 1 mois sans vélo (presque). Le but de notre arrêt est principalement de suivre des cours de mandarin afin de pouvoir communiquer l’essentiel avec les gens lorsqu’on retournera sur la route… Un beau défi !