Nous y étions ! Shanghai ! La grande ville ! Lors de nos premiers tours de pédales en Asie, nous aurions été nerveux d’entrer dans un territoire aussi peuplé sur des bécanes sans moteur. Mais, lorsque nous y étions, après 8 mois de voyage, c’était différent. La fatigue mentale qui nous faisait rêver au moment où nous allions enfin entreposer nos vélos et la confiance acquise pendant les 900 heures pédalées se traduisaient alors par une insouciance assurée. Nous avons foncés droits au cœur de la ville sans se poser de question. Était-ce sécuritaire ? Était-ce légal ? Nous en étions totalement indifférents. Allons terminer cette longue et rude étape le plus rapidement possible!
Nous avions deux jours pour nous refaire une beauté avant que la famille de Geneviève ne vienne nous rejoindre. Nous avions la poussière accumulée sur 4000 km à laver et des vêtements troués qui ne tiennent plus qu’à des fils. Nous avons sorti de nos bagages ce qu’il nous restait de mieux pour les accueillir à l’aéroport : des pantalons déchirés et des t-shirts blanchis par le soleil. Triste…
Nous étions bien excités de revoir la famille après une si longue absence. Est-ce que les parents de Geneviève accepteraient bien le mode de vie que nous vivions ici ? Peut-être que notre mode de vie ne leur conviendrait pas ! Nous revisitions les repères qu’un occidental cherche lorsqu’il atterrit en Asie. Nous voulions par-dessus tout que tout le monde passe du bon temps et que les trois semaines de visites soient remplies de belles découvertes. Pour Marie-Hélène, il s’agissait d’une première expérience avec son sac à dos dans un pays totalement étranger. Nous étions doublement motivés à ce que la petite sœur subisse la fameuse piqûre du voyage ! Nous devons avouer que nous nous étions mis beaucoup de pression pour que tout soit parfait même si, au fond, nous savions fort bien que le simple fait de partager du temps ensemble suffirait pour rendre le voyage agréable.
Le jour avant leur arrivée, une pluie torrentielle nettoyait les rues de marbre du centre-ville. Ces rues qui, même sous un ciel fâché, brillent comme les Mercedes des multimillionnaires Chinois. Une journée où les seuls individus qui s’affaire à l’extérieur le font par nécessité. Sous nos imperméables, nous explorions la concession française quand je glissai hors de mes vieilles sandales. C’est que mes Crocs ont les dents bien usées après avoir marché trop de kilomètres. Résultat : pied droit coupé bien profond par un morceau de tuile cassé sur le trottoir, visite des hôpitaux de Shanghai en vitesse, points de suture et béquilles pour 3 semaines ! Voila qui était peu pratique pour entamer la semaine de visite avec la famille. Geneviève se retrouvait alors avec un blessé contraint au repos au lieu d’un assistant guide !
Après une petite opération à mon pied, nous avons sautés dans un taxi pour accueillir les visiteurs qui seraient avec nous pour trois semaines. Un sentiment très spécial de revoir les proches après avoir vécu parmi des visages étrangers pendant neuf mois. C’était comme si un peu de notre maison et de notre confort revenaient pour un instant. Très réconfortant, je vous l’assure! Ils avaient même pris soin de nous réapprovisionner en objets de subsistance pour cyclistes : vêtements neufs, café, chocolat, pièces de réparation, etc.
A partir du moment où la famille Dupont (à l’exception de la grande sœur) mettait le pied en Chine, nous avons entrepris une grande tournée des principaux endroits touristiques de la Chine moderne. Nous avons aligné sur notre trajectoire pas moins de trois sites faisant partie du patrimoine de l’UNESCO. Des incontournables tels que la Grande Muraille de Chine et le Palais d’Eté de Chengde nous ont émerveillés pendant plusieurs heures de visite.
Une soirée sur la grande muraille avec Geneviève et Marie-Hélène restera gravée dans ma mémoire pour toujours. Nous étions au sommet d’une petite colline, à marcher sur cette merveille alors que le soleil peinturait le ciel d’orange et de violet. La température était celle d’une soirée chaude du Québec où on cherche les terrasses pour aller prendre une bière entre amis. Nous étions seuls dans ce décor merveilleux et silencieux. Au loin, nous pouvions apercevoir la muraille qui serpentait sur le sommet des montagnes voisines. Le calme de l’endroit et la beauté du décor nous procurait un sentiment d’apesanteur indescriptible. Nous comprenions pourquoi des centaines d’aventuriers viennent y passer la nuit alors qu’ils avaient prévu revenir avant la noirceur. Si Marie-Hélène avait un demi-doute sur l’attrait du voyage, je crois qu’à ce moment nous étions tous d’accord sur une chose : il n’y avait pas de meilleur endroit dans le monde ni de meilleur moment dans l’histoire. Il n’y avait qu’un moment présent extraordinaire.
Nous nous étions refusé d’entraîner nos visiteurs dans des trous à rats où nous étions désormais abonnés pour passer nos nuits. De même, nous nous étions entendus pour visiter seulement les restaurants recommandables pour les estomacs fragiles d’occidentaux. Or, nous avons tout de même réussit à sortir des sentiers battus. Avec le père de Geneviève, les visites touristiques se terminaient souvent par une bonne bière froide dans l’entrée d’un dépanneur perdu. La soif nous a souvent guidés sur des chemins magiques ! A la grande déception de Guy, nous n’avons pu trouver un endroit pour faire quelques pas de danse sous les regards des Chinois curieux. Dommage ! Bravo Guy pour ta performance de vélo dans les deux plus grosses villes de la Chine ! Même les moines du spectacle de Kong Fu auraient eu peur du trafic!
Carmen, la mère de Geneviève, était armée d’une motivation de fer pour tout visiter ! Malgré des problèmes d’estomac qui l’ont ralentie tout le temps de son séjour, elle était toujours remplie d’une bonne humeur et d’un enthousiasme contagieux. Par chance qu’elle n’était pas au sommet de sa forme sinon elle aurait fait le tour de tous les jardins de la Chine ! Elle aura surement des bonnes anecdotes à raconter sur la longue file que nous avons fait pour aller voir la carcasse de Mao Tse-Tung ! Deux heures de combats sans règles avec des Chinois fous avant de voir leur idole congelé. Carmen compris vite le ridicule de la situation et y mis autant d’énergie que nous pour garder nos places ! Beaucoup de plaisir !
Trois semaines si vite passées ! Le temps seulement que ma blessure au pied guérisse et la famille repartait déjà vers les pays froids ! Leur visite avait été une succession de bons moments, de bons repas et de belles découvertes. Nous avions alors notre quota de visites des endroits touristiques de la Chine et nous étions prêts pour reprendre la route ! Nous étions cependant moins enthousiastes à l’idée de pédaler de longues distances d’ici la fin de notre voyage. Nous jetions alors le dard sur Hong Kong, la prochaine destination ! De nouveaux projets vannaient de germer dans nos têtes ! De nouveaux pays étaient en vue ! A suivre…
jeudi 1 octobre 2009
dimanche 13 septembre 2009
Express pour Shanghai (3e partie)
Hunan
Flanqués de nos trois confrères Chinois, nous avons atteint le Hunan, une province de la Chine centrale. Nous sommes heureux de maîtriser un peu de Mandarin afin de pouvoir partager de bons moments avec des gens qui vivent la même chose que nous. Leur itinéraire coupa le nôtre juste au moment où, en regardant la carte, nous étions bien découragés de voir Shanghai aussi loin. Au moment où Geneviève et moi commencions à sentir la solitude qui nous envahissait. Certain moments, nous demandions vraiment pourquoi nous nous donnions tout ce mal pour pousser nos vélos aussi loin. Or, partager notre route avec ces amis pour quelques jours nous redonna le goût d’avancer !
Le Hunan est situé au centre d’un pays qu’on déconseille aux voyageurs pendant la saison chaude. En été, on suffoque souvent sous une atmosphère horriblement chaude et humide (40-45 C) ; Une sensation qui s’apparente probablement aux légumes qui cuisent sous la pression d’un presto. Sinon, on endure des tempêtes tropicales persistantes. Croyez-moi, ces orages n’ont rien à voir avec les petites giboulées du Québec. Bref, la température estivale de la Chine nous garantie de tremper nos vêtements à chaque jour ; soit par la pluie, soit par la chaleur halitueuse. Vous comprendrez alors que nous sommes la risée de bien des gens lorsque nous leur avouons notre résolution à traverser la Chine à vélo pendant cette période.
Heureusement, le Hunan est une province extrêmement riche en fruits et légumes ! Les produits y étaient offerts presque gratuitement. J’ai le souvenir que les pastèques étaient moins chères que l’eau ! Notre consommation de fruits prenait alors des proportions exagérées !
- 10 kg de pastèques, 5 kg de litchis et 5 kg de poires pour emporter svp !
Après plus de 200 jours sur la route, nous nous sentions bien déconnectés de tout ce qui se passait sur la planète. Sans journaux, sans télévision et sans radio, il y aurait pu y avoir une troisième guerre mondiale, nous l’aurions ignoré. Qu’importe, nous étions très bien connectés sur ce qui se passait tout près de nous : les odeurs, les couleurs et les gens que nous avons rencontrés. En effet, c’était notre objectif, c’était le but principal de notre périple !
Un matin, alors que nous roulions sous un soleil de plomb, un phénomène étrange se passa. Comme si Geneviève et moi avions mis nos lunettes de soleil, tout devint sombre autour de nous. Aucun nuage dans le ciel, c’était une de ces journées chaudes qui se préparait. Une heure plus tard, la lumière réapparue et nous convainquit que c’était l’heure de sortir la crème solaire. Phénomène qu’on s’expliquait mal avant que des citoyens des villes nous demandèrent si nous avions observé l’éclipse totale de soleil ! C’était un événement qu’on attendait depuis longtemps en Asie. Nous l’ignorions. Le même phénomène pourra seulement être observé à nouveau en 2045 ! Déconnectés nous disions…
Jiangxi et Zhejiang
Tranquillement, les décors ruraux se transformèrent pour laisser la place à des paysages urbains très ennuyants. Dans les provinces de l’Est, les Chinois regardent fièrement pousser le béton autour de leurs anciennes fermes! La présence des monstrueux édifices est symbole de prospérité pour tous ! Chacun voit son avenir au sommet des constructions à 50 étages. Les énormes villes surpeuplées et surpolluées s’entassaient donc sur notre trajet. Au même moment, nous étions par une effroyable monotonie qui nous laissait bien tristes. Comme dans le jour de la marmotte, les journées passèrent et se ressemblaient tous ! De ville en ville nous roulions, fatigués, dans le simple but d’atteindre Shanghai avant que les parents de Geneviève n’arrivent.
Shanghai
Après 40 jours de vélo intensif, nous avons enfin rejoint la mégapole Chinoise ! Une étape importante de notre voyage se terminait. Certes, nous étions essoufflés physiquement, mais nous étions surtout accablés par une fatigue psychologique intense. La monotonie des derniers jours nous laissait un sentiment de morosité écrasante. Pendant plus d’un mois, nous avons roulé 100 km par jour en moyenne. C’était beaucoup de kilomètres en trop peu de temps. Nous avions perdu la joie de faire du vélo. Jamais nous n’avions pensé abandonner notre projet, mais nous étions désormais peu optimistes à l’idée de pousser nos vélos plus loin après Shanghai.
Heureusement, nous avions près d’un mois devant nous pour nous réconcilier avec nos vélos. A l’arrivée des parents et de la sœur de Geneviève, nous avons entreposé les vélos pour partir avec notre sac à dos ! Des nouvelles aventures en vue ! Mais ca c’est une autre histoire…
Flanqués de nos trois confrères Chinois, nous avons atteint le Hunan, une province de la Chine centrale. Nous sommes heureux de maîtriser un peu de Mandarin afin de pouvoir partager de bons moments avec des gens qui vivent la même chose que nous. Leur itinéraire coupa le nôtre juste au moment où, en regardant la carte, nous étions bien découragés de voir Shanghai aussi loin. Au moment où Geneviève et moi commencions à sentir la solitude qui nous envahissait. Certain moments, nous demandions vraiment pourquoi nous nous donnions tout ce mal pour pousser nos vélos aussi loin. Or, partager notre route avec ces amis pour quelques jours nous redonna le goût d’avancer !
Le Hunan est situé au centre d’un pays qu’on déconseille aux voyageurs pendant la saison chaude. En été, on suffoque souvent sous une atmosphère horriblement chaude et humide (40-45 C) ; Une sensation qui s’apparente probablement aux légumes qui cuisent sous la pression d’un presto. Sinon, on endure des tempêtes tropicales persistantes. Croyez-moi, ces orages n’ont rien à voir avec les petites giboulées du Québec. Bref, la température estivale de la Chine nous garantie de tremper nos vêtements à chaque jour ; soit par la pluie, soit par la chaleur halitueuse. Vous comprendrez alors que nous sommes la risée de bien des gens lorsque nous leur avouons notre résolution à traverser la Chine à vélo pendant cette période.
Heureusement, le Hunan est une province extrêmement riche en fruits et légumes ! Les produits y étaient offerts presque gratuitement. J’ai le souvenir que les pastèques étaient moins chères que l’eau ! Notre consommation de fruits prenait alors des proportions exagérées !
- 10 kg de pastèques, 5 kg de litchis et 5 kg de poires pour emporter svp !
Après plus de 200 jours sur la route, nous nous sentions bien déconnectés de tout ce qui se passait sur la planète. Sans journaux, sans télévision et sans radio, il y aurait pu y avoir une troisième guerre mondiale, nous l’aurions ignoré. Qu’importe, nous étions très bien connectés sur ce qui se passait tout près de nous : les odeurs, les couleurs et les gens que nous avons rencontrés. En effet, c’était notre objectif, c’était le but principal de notre périple !
Un matin, alors que nous roulions sous un soleil de plomb, un phénomène étrange se passa. Comme si Geneviève et moi avions mis nos lunettes de soleil, tout devint sombre autour de nous. Aucun nuage dans le ciel, c’était une de ces journées chaudes qui se préparait. Une heure plus tard, la lumière réapparue et nous convainquit que c’était l’heure de sortir la crème solaire. Phénomène qu’on s’expliquait mal avant que des citoyens des villes nous demandèrent si nous avions observé l’éclipse totale de soleil ! C’était un événement qu’on attendait depuis longtemps en Asie. Nous l’ignorions. Le même phénomène pourra seulement être observé à nouveau en 2045 ! Déconnectés nous disions…
Jiangxi et Zhejiang
Tranquillement, les décors ruraux se transformèrent pour laisser la place à des paysages urbains très ennuyants. Dans les provinces de l’Est, les Chinois regardent fièrement pousser le béton autour de leurs anciennes fermes! La présence des monstrueux édifices est symbole de prospérité pour tous ! Chacun voit son avenir au sommet des constructions à 50 étages. Les énormes villes surpeuplées et surpolluées s’entassaient donc sur notre trajet. Au même moment, nous étions par une effroyable monotonie qui nous laissait bien tristes. Comme dans le jour de la marmotte, les journées passèrent et se ressemblaient tous ! De ville en ville nous roulions, fatigués, dans le simple but d’atteindre Shanghai avant que les parents de Geneviève n’arrivent.
Shanghai
Après 40 jours de vélo intensif, nous avons enfin rejoint la mégapole Chinoise ! Une étape importante de notre voyage se terminait. Certes, nous étions essoufflés physiquement, mais nous étions surtout accablés par une fatigue psychologique intense. La monotonie des derniers jours nous laissait un sentiment de morosité écrasante. Pendant plus d’un mois, nous avons roulé 100 km par jour en moyenne. C’était beaucoup de kilomètres en trop peu de temps. Nous avions perdu la joie de faire du vélo. Jamais nous n’avions pensé abandonner notre projet, mais nous étions désormais peu optimistes à l’idée de pousser nos vélos plus loin après Shanghai.
Heureusement, nous avions près d’un mois devant nous pour nous réconcilier avec nos vélos. A l’arrivée des parents et de la sœur de Geneviève, nous avons entreposé les vélos pour partir avec notre sac à dos ! Des nouvelles aventures en vue ! Mais ca c’est une autre histoire…
lundi 31 août 2009
Express pour Shanghai (2e partie)
Guanxi
Les montagnes et la pluie du Yunnan, comme toutes les choses de ce monde, ont un début et une fin. C’est en atteignant le Guanxi, province voisine, que nous avons atteint les limites de ces deux sources d’ennuie qui, quelque fois, nous paraissent éternelles. Nous avons alors apprécié le soleil qui avait disparu depuis trop longtemps. Un répit qui nous permet de mettre des vêtements secs pour la première fois depuis 10 jours et 10 nuits! De même, la Terre était redevenue ronde sous nos roues et nous pédalions désormais sur des routes bien plates, quel bonheur !
Le Guanxi partage une longue frontière avec le Vietnam. Cette proximité est flagrante par la similarité des paysages. Des petites collines aux formes excentriques qui ont poussé sur des terres ultra-fertiles. Parfois, il est possible d’entendre des conversations dans une langue qu’on devine être du Vietnamien.
Un jour, alors que nous avions fait une courte escale dans une grande cité, un homme véreux vola l’ordinateur de vélo à Geneviève. Voyant que l’objet ne lui était d’aucune utilité, il s’empressa de venir essayer de nous le vendre… se dénonçant du même coup ! En m’exprimant son irrésolution à me rendre l’objet pillé, la discussion tourna rapidement en empoignade. Grabuge qui attroupa un nombre assez suffisant de curieux pour convaincre notre bandit que tout était perdu pour lui. Décidément, le Vietnam n’était pas trop loin !
C’est quelque part au Sud Ouest de la Chine que nous avons franchit une étape importante pour les cyclotouristes que nous sommes : 10 000 km !!! Nous étions fiers de se que nous avions accompli en 6 mois de vélo. C’est devant une vieille maison de campagne en brique que nous avons fêté l’événement avec ce qu’il faut pour être heureux en ces cas-là: un festin de mangues et de litchis frais! Les fermiers autour semblaient bien hébétés de nous voir célébrer je-ne-sais-quoi au milieu de nulle part ! Nous avons alors repensé à tous les efforts que nous avons investis pour se rendre où nous étions. Sans doute, nous avions changé d’idée sur ce qui nous paraissait inconcevable de réaliser au départ. Quel sera donc la distance totale de notre longue route ? Où le hasard nous mènera dans les prochains mois ? Des questions auxquels nous avons peu de réponses…
Un jour, alors que je roulais devant Geneviève, je m’arrêtai au bord de la route pour faire le plein d’eau. Lorsque je repris la route quelque secondes plus tard, j’attendis Geneviève, mais jamais je ne la revis… elle avait disparut ! Je ne la voyais ni derrière ni devant. Le plus ennuyeux c’est que je ne me souvenais plus exactement la dernière fois que je l’avais aperçue. Je me résolu donc à rebrousser chemin pour aller la rejoindre. Elle devait probablement être retenue par une crevaison. Presque chaque jour nous sommes gênés par des débris sur la route qui transpercent nos pneus. Je roulai donc en sens inverse sur plus de 10km. Toujours pas de nouvelles… J’arrêtai donc dans un village pour demander si quelqu’un aurait vue une cycliste sur un vélo qui ressemble à un vaisseau spatial.
-Pas vu…
-Pas vu…
Je stoppai même les camions.
-Pas vu…
-Pas vu…
-Oui, me confia un vieux bonhomme sur son tracteur, elle se trouve dans la direction opposée, à 15 km devant. Il m’indiquait du doigt la direction où j’avais pris l’eau.
Je retournai donc vers le point où je m’arrêtai pour prendre l’eau... En chemin, je continuai de demander aux gens. Contrairement au bonhomme dans son tracteur, personne n’avait vu Geneviève. Or, il faut savoir qu’en Asie, une information donnée par une seule personne ne vaut rien. Il faut toujours confirmer par une source différente. « Je ne sais pas » est une réponse qu’on entend rarement ici. Souvent, les gens prétendent savoir pour ne pas perdre la figure.
De retour au point de disparition, toujours personne n’avait vu passer Geneviève. Il était donc bien peu probable qu’elle soit devant moi ! Elle devait vraisemblablement se trouver derrière moi, mais plus loin ! Je retournai donc une seconde fois en arrière. Cette fois avec la résolution de dépasser mon bonhomme sur son tracteur et de faire au moins 15km pour la retrouver. Toujours rien. Seulement les regards amusés des gens qui me voient passer et repasser sur la même route tel un Sherlock Holmes à l’ouvrage. Ma deuxième tentative de retour en arrière fût inutile. Cette fois, il n’était plus question de revenir en arrière. Geneviève devait finalement se trouver devant tel que le disait le bonhomme.
Geneviève est une grande fille, elle peut très bien se débrouiller sans moi ! Nous nous rejoindrions donc à Yanshuo, où il était envisagé de se rendre. Cette journée-la nous avions prévu parcourir 110 km. Cependant, avec les 50km que je venais d’ajouter à mon compteur en tentant de trouver Geneviève, je doutais que je puisse rejoindre Yanshuo? Néanmoins, il fallait s’y rendre, sinon retrouver Geneviève serait devenue très compliqué.
Je repris donc la route seul en m’imaginant les histoires les plus farfelus, les histoires les plus abracadabrantes et, finalement, les histoires les plus horribles. C’est avec nervosité que je poussais sur mes pédales. Même si je me rendais à Yanshuo, ville de la taille de Québec, comment est-ce que je retrouverais Geneviève ? Je me rappelai alors que, la veille, elle avait parlé d’une auberge jeunesse où il serait possible d’aller. Mon plan était simple : me rendre à cette auberge et lui écrit un email. Si à la tombée de la nuit je demeurerais sans réponse, j’avertirais la police.
Enfin, à mon arrivée à l’auberge je retrouvai Geneviève, les larmes aux yeux ! Lorsque je m’étais arrêté pour prendre de l’eau, elle m’avait dépassé sans m’apercevoir ! Toute la journée, elle fît une course folle pour tenter de me rejoindre, croyant que j’étais devant. Les vendeurs de fruits au bord de la route, tous ignorants qu’ils étaient, lui indiquaient que j’étais tout près devant. Bref, nous avons passé une journée bien angoissante, sans manger et, de mon côté, je venais de faire 150km en un temps record ! Moral de cette histoire : toujours croire les vieux bonhommes sur leur tracteur, mais pas les vendeurs de fruits !
Accompagnés de trois cyclistes chinois que nous avons rencontrés sur la route, nous avons roulé vers le Hunan. Plus que trois autres provinces et nous serions à Shanghai !
Les montagnes et la pluie du Yunnan, comme toutes les choses de ce monde, ont un début et une fin. C’est en atteignant le Guanxi, province voisine, que nous avons atteint les limites de ces deux sources d’ennuie qui, quelque fois, nous paraissent éternelles. Nous avons alors apprécié le soleil qui avait disparu depuis trop longtemps. Un répit qui nous permet de mettre des vêtements secs pour la première fois depuis 10 jours et 10 nuits! De même, la Terre était redevenue ronde sous nos roues et nous pédalions désormais sur des routes bien plates, quel bonheur !
Le Guanxi partage une longue frontière avec le Vietnam. Cette proximité est flagrante par la similarité des paysages. Des petites collines aux formes excentriques qui ont poussé sur des terres ultra-fertiles. Parfois, il est possible d’entendre des conversations dans une langue qu’on devine être du Vietnamien.
Un jour, alors que nous avions fait une courte escale dans une grande cité, un homme véreux vola l’ordinateur de vélo à Geneviève. Voyant que l’objet ne lui était d’aucune utilité, il s’empressa de venir essayer de nous le vendre… se dénonçant du même coup ! En m’exprimant son irrésolution à me rendre l’objet pillé, la discussion tourna rapidement en empoignade. Grabuge qui attroupa un nombre assez suffisant de curieux pour convaincre notre bandit que tout était perdu pour lui. Décidément, le Vietnam n’était pas trop loin !
C’est quelque part au Sud Ouest de la Chine que nous avons franchit une étape importante pour les cyclotouristes que nous sommes : 10 000 km !!! Nous étions fiers de se que nous avions accompli en 6 mois de vélo. C’est devant une vieille maison de campagne en brique que nous avons fêté l’événement avec ce qu’il faut pour être heureux en ces cas-là: un festin de mangues et de litchis frais! Les fermiers autour semblaient bien hébétés de nous voir célébrer je-ne-sais-quoi au milieu de nulle part ! Nous avons alors repensé à tous les efforts que nous avons investis pour se rendre où nous étions. Sans doute, nous avions changé d’idée sur ce qui nous paraissait inconcevable de réaliser au départ. Quel sera donc la distance totale de notre longue route ? Où le hasard nous mènera dans les prochains mois ? Des questions auxquels nous avons peu de réponses…
Un jour, alors que je roulais devant Geneviève, je m’arrêtai au bord de la route pour faire le plein d’eau. Lorsque je repris la route quelque secondes plus tard, j’attendis Geneviève, mais jamais je ne la revis… elle avait disparut ! Je ne la voyais ni derrière ni devant. Le plus ennuyeux c’est que je ne me souvenais plus exactement la dernière fois que je l’avais aperçue. Je me résolu donc à rebrousser chemin pour aller la rejoindre. Elle devait probablement être retenue par une crevaison. Presque chaque jour nous sommes gênés par des débris sur la route qui transpercent nos pneus. Je roulai donc en sens inverse sur plus de 10km. Toujours pas de nouvelles… J’arrêtai donc dans un village pour demander si quelqu’un aurait vue une cycliste sur un vélo qui ressemble à un vaisseau spatial.
-Pas vu…
-Pas vu…
Je stoppai même les camions.
-Pas vu…
-Pas vu…
-Oui, me confia un vieux bonhomme sur son tracteur, elle se trouve dans la direction opposée, à 15 km devant. Il m’indiquait du doigt la direction où j’avais pris l’eau.
Je retournai donc vers le point où je m’arrêtai pour prendre l’eau... En chemin, je continuai de demander aux gens. Contrairement au bonhomme dans son tracteur, personne n’avait vu Geneviève. Or, il faut savoir qu’en Asie, une information donnée par une seule personne ne vaut rien. Il faut toujours confirmer par une source différente. « Je ne sais pas » est une réponse qu’on entend rarement ici. Souvent, les gens prétendent savoir pour ne pas perdre la figure.
De retour au point de disparition, toujours personne n’avait vu passer Geneviève. Il était donc bien peu probable qu’elle soit devant moi ! Elle devait vraisemblablement se trouver derrière moi, mais plus loin ! Je retournai donc une seconde fois en arrière. Cette fois avec la résolution de dépasser mon bonhomme sur son tracteur et de faire au moins 15km pour la retrouver. Toujours rien. Seulement les regards amusés des gens qui me voient passer et repasser sur la même route tel un Sherlock Holmes à l’ouvrage. Ma deuxième tentative de retour en arrière fût inutile. Cette fois, il n’était plus question de revenir en arrière. Geneviève devait finalement se trouver devant tel que le disait le bonhomme.
Geneviève est une grande fille, elle peut très bien se débrouiller sans moi ! Nous nous rejoindrions donc à Yanshuo, où il était envisagé de se rendre. Cette journée-la nous avions prévu parcourir 110 km. Cependant, avec les 50km que je venais d’ajouter à mon compteur en tentant de trouver Geneviève, je doutais que je puisse rejoindre Yanshuo? Néanmoins, il fallait s’y rendre, sinon retrouver Geneviève serait devenue très compliqué.
Je repris donc la route seul en m’imaginant les histoires les plus farfelus, les histoires les plus abracadabrantes et, finalement, les histoires les plus horribles. C’est avec nervosité que je poussais sur mes pédales. Même si je me rendais à Yanshuo, ville de la taille de Québec, comment est-ce que je retrouverais Geneviève ? Je me rappelai alors que, la veille, elle avait parlé d’une auberge jeunesse où il serait possible d’aller. Mon plan était simple : me rendre à cette auberge et lui écrit un email. Si à la tombée de la nuit je demeurerais sans réponse, j’avertirais la police.
Enfin, à mon arrivée à l’auberge je retrouvai Geneviève, les larmes aux yeux ! Lorsque je m’étais arrêté pour prendre de l’eau, elle m’avait dépassé sans m’apercevoir ! Toute la journée, elle fît une course folle pour tenter de me rejoindre, croyant que j’étais devant. Les vendeurs de fruits au bord de la route, tous ignorants qu’ils étaient, lui indiquaient que j’étais tout près devant. Bref, nous avons passé une journée bien angoissante, sans manger et, de mon côté, je venais de faire 150km en un temps record ! Moral de cette histoire : toujours croire les vieux bonhommes sur leur tracteur, mais pas les vendeurs de fruits !
Accompagnés de trois cyclistes chinois que nous avons rencontrés sur la route, nous avons roulé vers le Hunan. Plus que trois autres provinces et nous serions à Shanghai !
mardi 4 août 2009
Express pour Shanghai
Je ne me souviens plus trop de la raison pour laquelle nous nous sommes engagés dans une telle aventure. Je ne sais pourquoi une telle bravade nous a intéressés. Cependant, lorsque la famille de Geneviève nous annonça quelle souhaitait venir nous visiter à Shanghai, nous avons dessiné un itinéraire de 3500km qui nous mènerait à leur rencontre dans l’Est de le Chine. Disposant de 40 jours pour traverser un pays montagneux qui s’étend sur des milliers de kilomètres, nous étions visiblement devant un défi de taille. C’est probablement pour cela que l’idée nous charmait.
Cette course folle vers la Chine urbaine était destinée à nous faire traverser 5 provinces. . Ainsi, chaque province offre un spectacle bien différent de leurs voisins, chaque canton parle son propre langage, chaque contrée sert sa propre (pas toujours propre !) nourriture locale. Un périple, où nous avons salué rapidement une diversité culturelle fantastique. Il aurait fallu y passer des années pour bien comprendre la vie qui s’agitait autour de nous. Pourquoi tant de pauvreté ? Pourquoi tant de richesse ? Pourquoi ces Chinois, tels de bons païens, nous reçoivent avec tant de gentillesse et obligeance ? Nous pédalions trop vite pour saisir le sens de ces circonstances. Tant de territoire à relier sur nos vélos… trop peu de jours nous avions pour vagabonder dans les campagnes. Allons-y ! Voici donc un résumé de cette épreuve fort déraisonnable, mais remplie de péripéties. Une étape qui nous taxa une quantité colossale d’énergie !
Yunnan
Le 26 Juin, nous étions en train d’attacher les bagages sur les vélos après plus d’un mois d’inactivité. Il n’était pas tellement tôt, mais les festivités de la soirée précédente nous laissèrent un poids sur le cerveau. Comme à chaque fois, il nous était impossible de prendre la route en bonne condition physique. Il fallait absolument se donner une gueule de bois avant de quitter… cela était o-bli-ga-toire.
Sensation étrange que de piloter nos bécanes chargées après tout ce temps. Nous nous sentions comme deux cavaliers qui retrouvaient leur monture ! Derniers regards sur Kunming, ville que nous avons aimée et, en peu de temps, celle-ci disparue derrière nous. Maintenant armés d’une connaissance approximative du Mandarin et d’une volonté de se rapprocher de la population, nous étions en route vers de nouveaux récits.
Les premières journées furent difficiles. Une accablante déception s’empara de Geneviève. La forme physique n’était plus... Du moins, elle n’était plus se qu’elle était. Chaque ascension lui brisait le moral. Souvent, les larmes de ses yeux se joignaient à la sueur de son front pour mouiller sa figure attristée. C’est que le Yunnan est une des provinces les plus montagneuses de la Chine. L’effort nécessaire pour franchir les sommets, accompagné des multiples souffrances qui surviennent lorsqu’on passe trop de temps sur un vélo affligeaient Geneviève de tout son être.
Au même moment, nous vivions la vie la plus inconfortable qui puisse être. Pendant 10 jours, nous avons roulé sur des routes perdues sans refuges. Nous avons affronté une météo qui oscillait entre déluges et légères averses sans jamais permettre au soleil de nous réchauffer. La tête callée entre les épaules comme un chien qui reçoit une correction de son maître, nous avons traversé les plateaux élevés en essayant d’oublier l’eau qui transperce nos manteaux et nos bagages. 10 jours d’intempéries… trempes en lavette !
Devant notre condition, l’altruisme des gens était à son maximum. Jamais auparavant nous avions assisté à une telle démonstration de générosité. Je me souviens de cet homme qui nous invita à nous recueillir dans sa misérable demeure située au milieu des terres les plus éloignés dans les montagnes. Il nous offrit le peu qu’il posséda avec la plus grande des fiertés. Deux lits qu’il désigna pour être les nôtres. De peur de décevoir, nous acceptions l’offre. Ce soir-là, lui et sa femme dormirent sur le fauteuil déchiré de leur salon. A l’aube, l’image des deux Chinois somnolant nous toucha beaucoup. Il était clair que dans leur position, ils avaient dû lutter pour trouver le sommeil. Il n’y avait pas de merci assez puissant qui pouvait exprimer notre reconnaissance et pas d’excuse assez cohérente pour formuler notre embarras. Nous sommes repartis sous la pluie avec un sentiment étrange. Est-ce que ces gens seraient aussi bien reçus dans notre pays dont on parle avec tant de bien ? Nous préférons ne pas répondre à la question…
Pendant 10 jours, nous avons aperçu que de rares villages. Nous avons vécu dans la nature parmi les fermiers et les campagnards. Notre éloignement de la ville s’est aussi fait sentir dans notre carnet de dépenses. Après 10 jours de vélos, nous avions chacun vécu sur un budget de 2,5$ par jour! Pas que nous avons été économes, mais il y avait eu peu d’occasion jusque là de sortir notre porte-monnaie.
Nous sommes ensuite arrivés à Nanning avec des vélos qui se plaignent de tous les bruits et des bagages qui sentent les égouts.
- Je crois qu’on mérite un repos Geneviève…
- Tu connais une plage au soleil près d’ici ?
- Oui… dans 3000km seulement !
Guanxi
A suivre...
Cette course folle vers la Chine urbaine était destinée à nous faire traverser 5 provinces. . Ainsi, chaque province offre un spectacle bien différent de leurs voisins, chaque canton parle son propre langage, chaque contrée sert sa propre (pas toujours propre !) nourriture locale. Un périple, où nous avons salué rapidement une diversité culturelle fantastique. Il aurait fallu y passer des années pour bien comprendre la vie qui s’agitait autour de nous. Pourquoi tant de pauvreté ? Pourquoi tant de richesse ? Pourquoi ces Chinois, tels de bons païens, nous reçoivent avec tant de gentillesse et obligeance ? Nous pédalions trop vite pour saisir le sens de ces circonstances. Tant de territoire à relier sur nos vélos… trop peu de jours nous avions pour vagabonder dans les campagnes. Allons-y ! Voici donc un résumé de cette épreuve fort déraisonnable, mais remplie de péripéties. Une étape qui nous taxa une quantité colossale d’énergie !
Yunnan
Le 26 Juin, nous étions en train d’attacher les bagages sur les vélos après plus d’un mois d’inactivité. Il n’était pas tellement tôt, mais les festivités de la soirée précédente nous laissèrent un poids sur le cerveau. Comme à chaque fois, il nous était impossible de prendre la route en bonne condition physique. Il fallait absolument se donner une gueule de bois avant de quitter… cela était o-bli-ga-toire.
Sensation étrange que de piloter nos bécanes chargées après tout ce temps. Nous nous sentions comme deux cavaliers qui retrouvaient leur monture ! Derniers regards sur Kunming, ville que nous avons aimée et, en peu de temps, celle-ci disparue derrière nous. Maintenant armés d’une connaissance approximative du Mandarin et d’une volonté de se rapprocher de la population, nous étions en route vers de nouveaux récits.
Les premières journées furent difficiles. Une accablante déception s’empara de Geneviève. La forme physique n’était plus... Du moins, elle n’était plus se qu’elle était. Chaque ascension lui brisait le moral. Souvent, les larmes de ses yeux se joignaient à la sueur de son front pour mouiller sa figure attristée. C’est que le Yunnan est une des provinces les plus montagneuses de la Chine. L’effort nécessaire pour franchir les sommets, accompagné des multiples souffrances qui surviennent lorsqu’on passe trop de temps sur un vélo affligeaient Geneviève de tout son être.
Au même moment, nous vivions la vie la plus inconfortable qui puisse être. Pendant 10 jours, nous avons roulé sur des routes perdues sans refuges. Nous avons affronté une météo qui oscillait entre déluges et légères averses sans jamais permettre au soleil de nous réchauffer. La tête callée entre les épaules comme un chien qui reçoit une correction de son maître, nous avons traversé les plateaux élevés en essayant d’oublier l’eau qui transperce nos manteaux et nos bagages. 10 jours d’intempéries… trempes en lavette !
Devant notre condition, l’altruisme des gens était à son maximum. Jamais auparavant nous avions assisté à une telle démonstration de générosité. Je me souviens de cet homme qui nous invita à nous recueillir dans sa misérable demeure située au milieu des terres les plus éloignés dans les montagnes. Il nous offrit le peu qu’il posséda avec la plus grande des fiertés. Deux lits qu’il désigna pour être les nôtres. De peur de décevoir, nous acceptions l’offre. Ce soir-là, lui et sa femme dormirent sur le fauteuil déchiré de leur salon. A l’aube, l’image des deux Chinois somnolant nous toucha beaucoup. Il était clair que dans leur position, ils avaient dû lutter pour trouver le sommeil. Il n’y avait pas de merci assez puissant qui pouvait exprimer notre reconnaissance et pas d’excuse assez cohérente pour formuler notre embarras. Nous sommes repartis sous la pluie avec un sentiment étrange. Est-ce que ces gens seraient aussi bien reçus dans notre pays dont on parle avec tant de bien ? Nous préférons ne pas répondre à la question…
Pendant 10 jours, nous avons aperçu que de rares villages. Nous avons vécu dans la nature parmi les fermiers et les campagnards. Notre éloignement de la ville s’est aussi fait sentir dans notre carnet de dépenses. Après 10 jours de vélos, nous avions chacun vécu sur un budget de 2,5$ par jour! Pas que nous avons été économes, mais il y avait eu peu d’occasion jusque là de sortir notre porte-monnaie.
Nous sommes ensuite arrivés à Nanning avec des vélos qui se plaignent de tous les bruits et des bagages qui sentent les égouts.
- Je crois qu’on mérite un repos Geneviève…
- Tu connais une plage au soleil près d’ici ?
- Oui… dans 3000km seulement !
Guanxi
A suivre...
vendredi 24 juillet 2009
Cadeau (1/5)
Voici quelques photos que nous avons rassemblées de nos premiers moments de voyage en Thaïlande!
http://dl.free.fr/mHrl3l1yG
Le lien sera disponible pendant 30 jours.
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mardi 21 juillet 2009
Voyager Différemment
A l’aéroport, j’étais tellement excitée en attendant Geneviève, ma très bonne amie, et Jérôme, son copain. C’était la première fois que nous utilisions les transports en commun dans la ville et de peur d’être en retard, nous les avons attendus plus de 1h30 ! Nous les voyons enfin ! Ma petite Ge, toute blanche, aura de belles vacances au Yunnan. Souhaitons que ce sera suffisant pour les faire décrocher de leur quotidien…


Pierre et moi avons joué le rôle de guides et interprètes. Avec eux, nous avons visité les endroits que nous avions particulièrement aimés à Kunming. Bien entendu, ils ont fait la connaissance de nos amies. Ils ont même eu droit à un repas typiquement chinois cuisiné par Pierre et moi ! Lors de notre séjour à Kunming, notre colocataire, Lui Jian, nous avait donné de bons cours de cuisine.

Près de Kunming, nous avons passé une journée de rois à des bains thermaux japonais que nous nous étions fait recommander. Il avait des bassins de plusieurs couleurs et odeurs : un bassin vert à la menthe, au lilas, au lait, au thé et j'en passe! Il ne manquait que le Jello :) Celui que nous avons particulièrement aimé est le bassin qui avec des petits poissons qui mangeaient s'occupent de dévorer les peaux mortes de notre corps. Une drôle de sensation… interdit pour les chatouilleux!

A Dali, nous avons fait de la randonnée et une excursion en vélo avec des tandems chinois. Nous étions 4 personnes de plus de 6 pieds avec des vélos conçus pour les petits asiatiques. Tous le monde nous regardaient et souriaient de voir nos jambes qui montent jusqu'au menton. Très différent de nos vélos de cyclotouristes. Nous avons eu une pensée pour Francesco et Romina. Bravo à eux! Le tandem est une activité très difficile pour un couple! Nous avons toutefois réussi à découvrir des très beaux coins peu touristiques. Pendant ce séjour, Pierre et un français que nous avions rencontré en ont profité pour aller monter une montagne de 4100m en seulement une journée. Ils ont fait une belle excursion et il y a de très belles photos à l’appuie.



Nous nous dirigions toujours plus au nord. Lijiang est une très belle ville ancienne classée comme un patrimoine mondial de l’UNESCO. Le soir, cette ville a particulièrement un charme avec toutes ses lanternes chinoises et ses chemins pavés de pierres. Nous avons fait de nous de vrais touristes. Cependant, à notre grand plaisir, il n’y en avait pas trop avec nous.

Après quelques jours de préparation mentale pour Jérôme, nous sommes allés au Tiger Leaping Gorges faire une randonnée de 2 jours. Nous avons marché au flanc de cette gorge et dormi dans un endroit paradisiaque. Nous avions une vue époustouflante de notre chambre d’hôtel Pour avoir une pareille vue à Chamonix, nous aurions payé une fortune. Au Yunnan, c’était presque gratuit !


Shangri-la est un village tibétain qui a un cachet particulier comparativement aux autres villes chinoises. Nous avons assisté à la dance quotidienne locale. Avant l’heure du souper, petits, grands, vieux et jeunes se rassemblent sur la place publique et dansent sur des chansons traditionnelles pendant quelques heures. Certain d’entre eux portent fièrement leur costumes traditionnels. Ce fut impressionnant de les voir bouger tous en même temps sur les différents pas de danses. Pour mettre un peu de piquant dans notre voyage, Pierre, Ge et moi avons fait une petite escapade au grand monastère de la ville. Nous voulions le visiter, mais le prix d’entré était ridiculement cher…comme plusieurs endroits touristiques en Chine. Nous avons alors entrepris de trouver notre propre chemin pour s’y rendre sans payer! Nous avons marché et traversé des rizières, des champs et avons atteint le monastère avec succès sans débourser un sous!


Finalement, Deqin a satisfait nos désirs de se retrouver dans les montagnes. La route pour s’y rendre s'étire sur 180km… 180km de lacets, de tape-culs, de passes en altitude (4300m) et de construction qui se parcours en pas moins de 8h ! Située à 3500m d’altitude, Deqin établi à moins de 100 km du Tibet et se compose d’une population essentiellement tibétaine en exile. Les montagnes autour sont à couper le souffle. Beaucoup de sommets enneigés et de montagnes pointues nous entouraient. Nous avons donc entamé une marche pour aller visiter le grand glacier Mingyong. Magnifique, mais malheureusement, nous ne pouvions pas poser nos pieds sur celui-ci… trop dangereux. Nous avons quand même pu observer de nombreuses avalanches de glace qui fondait sous le chaud soleil.



C’est ainsi qu’après 2 semaines, nous nous quittions déjà. Geneviève et Jérôme repartaient en avion pour Pékin, tandis que nous revenions vers Kunming fêter la St-Jean avec des routards Québécois. Ce fut très différent de voyager en autobus, mais l’expérience en valait le coup pour réaliser à quel point nous aimons voyager en vélo. C’est bien reposés après ce mois et demi de congé et en pleine forme que nous repartons avec nos vélos: direction Shanghai !
Pierre et moi avons joué le rôle de guides et interprètes. Avec eux, nous avons visité les endroits que nous avions particulièrement aimés à Kunming. Bien entendu, ils ont fait la connaissance de nos amies. Ils ont même eu droit à un repas typiquement chinois cuisiné par Pierre et moi ! Lors de notre séjour à Kunming, notre colocataire, Lui Jian, nous avait donné de bons cours de cuisine.
Près de Kunming, nous avons passé une journée de rois à des bains thermaux japonais que nous nous étions fait recommander. Il avait des bassins de plusieurs couleurs et odeurs : un bassin vert à la menthe, au lilas, au lait, au thé et j'en passe! Il ne manquait que le Jello :) Celui que nous avons particulièrement aimé est le bassin qui avec des petits poissons qui mangeaient s'occupent de dévorer les peaux mortes de notre corps. Une drôle de sensation… interdit pour les chatouilleux!
A Dali, nous avons fait de la randonnée et une excursion en vélo avec des tandems chinois. Nous étions 4 personnes de plus de 6 pieds avec des vélos conçus pour les petits asiatiques. Tous le monde nous regardaient et souriaient de voir nos jambes qui montent jusqu'au menton. Très différent de nos vélos de cyclotouristes. Nous avons eu une pensée pour Francesco et Romina. Bravo à eux! Le tandem est une activité très difficile pour un couple! Nous avons toutefois réussi à découvrir des très beaux coins peu touristiques. Pendant ce séjour, Pierre et un français que nous avions rencontré en ont profité pour aller monter une montagne de 4100m en seulement une journée. Ils ont fait une belle excursion et il y a de très belles photos à l’appuie.
Nous nous dirigions toujours plus au nord. Lijiang est une très belle ville ancienne classée comme un patrimoine mondial de l’UNESCO. Le soir, cette ville a particulièrement un charme avec toutes ses lanternes chinoises et ses chemins pavés de pierres. Nous avons fait de nous de vrais touristes. Cependant, à notre grand plaisir, il n’y en avait pas trop avec nous.
Après quelques jours de préparation mentale pour Jérôme, nous sommes allés au Tiger Leaping Gorges faire une randonnée de 2 jours. Nous avons marché au flanc de cette gorge et dormi dans un endroit paradisiaque. Nous avions une vue époustouflante de notre chambre d’hôtel Pour avoir une pareille vue à Chamonix, nous aurions payé une fortune. Au Yunnan, c’était presque gratuit !
Shangri-la est un village tibétain qui a un cachet particulier comparativement aux autres villes chinoises. Nous avons assisté à la dance quotidienne locale. Avant l’heure du souper, petits, grands, vieux et jeunes se rassemblent sur la place publique et dansent sur des chansons traditionnelles pendant quelques heures. Certain d’entre eux portent fièrement leur costumes traditionnels. Ce fut impressionnant de les voir bouger tous en même temps sur les différents pas de danses. Pour mettre un peu de piquant dans notre voyage, Pierre, Ge et moi avons fait une petite escapade au grand monastère de la ville. Nous voulions le visiter, mais le prix d’entré était ridiculement cher…comme plusieurs endroits touristiques en Chine. Nous avons alors entrepris de trouver notre propre chemin pour s’y rendre sans payer! Nous avons marché et traversé des rizières, des champs et avons atteint le monastère avec succès sans débourser un sous!
Finalement, Deqin a satisfait nos désirs de se retrouver dans les montagnes. La route pour s’y rendre s'étire sur 180km… 180km de lacets, de tape-culs, de passes en altitude (4300m) et de construction qui se parcours en pas moins de 8h ! Située à 3500m d’altitude, Deqin établi à moins de 100 km du Tibet et se compose d’une population essentiellement tibétaine en exile. Les montagnes autour sont à couper le souffle. Beaucoup de sommets enneigés et de montagnes pointues nous entouraient. Nous avons donc entamé une marche pour aller visiter le grand glacier Mingyong. Magnifique, mais malheureusement, nous ne pouvions pas poser nos pieds sur celui-ci… trop dangereux. Nous avons quand même pu observer de nombreuses avalanches de glace qui fondait sous le chaud soleil.
C’est ainsi qu’après 2 semaines, nous nous quittions déjà. Geneviève et Jérôme repartaient en avion pour Pékin, tandis que nous revenions vers Kunming fêter la St-Jean avec des routards Québécois. Ce fut très différent de voyager en autobus, mais l’expérience en valait le coup pour réaliser à quel point nous aimons voyager en vélo. C’est bien reposés après ce mois et demi de congé et en pleine forme que nous repartons avec nos vélos: direction Shanghai !
vendredi 10 juillet 2009
Le nouveau défi!
Alors que le soleil rouge se couchait sur le Vietnam et que nous approchions la frontière de la Chine, nous avons fait une rencontre qui changera le reste de notre voyage. Deux jeunes aventuriers sur des vélos chinois roulaient en direction opposée. Cheveux au vent, sourire aux lèvres ; des cyclistes qui ont fière allure !
Salutation habituelles :
- D’où vous venez ?
- Où vous allez ?
- Il vous manque de quelque chose ?
- Oui ! Des gens sympathiques !
- Patience... La Chine n’est plus très loin !
Les deux Américains travaillent à Kunming ; ville où nous nous dirigions pour apprendre le Mandarin ! Adeptes de Couch Surfing, ils nous proposèrent de nous héberger quelques jours et de nous faire découvrir Kunming. La solidarité entre voyageurs à vélo est sans limite. Le rendez-vous est fixé… Le hasard ne pouvait être plus généreux ! Deux nouveaux amis et un endroit pour dormir du même coup !

C’est dans un minuscule studio de Kunming que Stewart et Juliet nous ont accueillis pour 5 jours. Profitant d’un moment creux au travail (NGO environnemental), Stewart nous a fait découvrir la ville au rythme des locaux. Restaurants traditionnels, coutumes étranges, danses burlesques, spectacles saisissants, sports inconnus… le tout appuyé par des petits cours de Mandarin ! C’est que Stewart et Juliet vivent en chine depuis maintenant 2 ans et qu’ils maîtrisent la langue d’une manière déconcertante ! Les voir faire la conversation à la serveuse d’un restaurant nous étourdi. Comment une langue aussi complexe peut être maîtrisée par des occidentaux. Nous sommes motivés ! Nous avons un mois pour y arriver ! C’est notre nouveau défi !

Dès la première semaine, nous nous sommes introduits dans une ligue d’Ultimate Freesbee. Il s’agit d’un sport où il faut courir comme des enragés pour attraper au vol un disque lancé par un coéquipier. Un sport qu’on réservait aux chiens il y a quelques années ! Geneviève et moi nous sommes bien amusés et avons rencontré beaucoup d’amis qui viennent d’un peu partout sur la planète! Geneviève retrouvait un peu le sentiment du jeu d’équipe qui lui manque depuis qu’elle a quitté le basketball. Pour ma part, j’appréciais les après-matchs atour d’une belle grande table ronde remplie de bières et de mets chinois !

Nous avons ensuite emménagé dans un grand appartement situé dans le quartier étudiant. Partageant la location avec Lui Jian (Chinoise) et Alberto (Italien) la langue de communication officielle de l’appartement était le Mandarin. L’Anglais demeure utile comme bouée de secours ! Ici, tous les étrangers que nous connaissons parlent la langue locale avec une certaine aisance. Dans une soirée où une majorité d’étrangers sont présents, la discussion demeure en Mandarin. Je vous l’assure, ce phénomène est bien propre à la Chine ! Jamais nous n’avons vu un blanc parler le Khmer au Cambodge ! Notre environnement d’apprentissage était bien établi, il ne nous manquait plus que de trouver un professeur de langue !



Nos recherches se sont arrêtées lorsque nous avons rencontré Sicilly. Du haut de ses 150 cm, cette petite femme de 23 ans nous a tout de suite plu. S’exprimant dans un Anglais impeccable et dans un Mandarin de Beijing, elle était la personne qu’il nous fallait ! Elle s’est offerte pour nous donner 2h de cours par jour pendant 1 mois. C’est ce qui est nécessaire pour atteindre un niveau de base en Chinois. Entendons-nous, le niveau de base que nous voulons atteindre nous permettra de commander au restaurant, demander des directions et entretenir une conversation digne de la pré-maternelle. Dans l’apprentissage de cette nouvelle langue, il s’est avéré que Geneviève et moi formions un excellent duo ! Geneviève, véritable dictionnaire sur deux pattes, peut retenir une quantité incroyable de mots. De mon côté, je me débrouille pas trop mal pour prononcer des phrases qui peuvent avoir un certain sens. Il nous manquerait seulement quelqu’un pour bien comprendre tout se que les gens nous racontent dans la rue ! Tant d’accents différents, tant de dialectes ; nous arrivons maintenant à comprendre environ la moitié de ce que les gens nous expriment.

Prendre une pause nous a fait le plus grand bien ! Premièrement, il nous fallait un peu de repos pour bien digéré les derniers 6 mois de vélos, de rencontres, de beaux paysages et d’aventures. La pire chose qui pourrait nous arriver serait de perdre le goût de l’aventure et de ne plus réaliser la chance que nous avons d’être ici. Nous avions donc le sentiment qu’il fallait arrêter un peu pour mieux repartir !
Kunming est une ville super ! Puisqu’elle est située à 2000m d’altitude, sa température est celle d’un printemps ensoleillé. Pas trop chaud, pas trop froid ! En raison de son altitude, le ciel de Kunming est très particulier. Les nuages sont très près et dessinent des forment qu’on observe rarement ailleurs. Les couchers de soleil sont remarquables ! Partout dans la ville, de nombreux parcs ultra propres nous font oublier les dépotoirs que nous avons vus avant. A toutes heures de la journée, les gens s’y rassemblent pour danser, chanter, jouer aux cartes et discuter. Kunming est une belle ville vivante ! La solitude ne semble pas exister chez les personnes âgées. A cet égard, l’occident a beaucoup à apprendre des Chinois chez qui l’esprit de communauté prend vraiment un sens.



Tant de gens nous avons rencontré sur la route. Tant de gens avec qui on aimerait garder contact toute notre vie, mais nous savons bien que cela est impossible. Il y a tout de même des gens qui nous ont profondément marqué et qui, malgré la distance, resteront dans nos pensées pour longtemps. Parmi ceux-ci il y a Sicilia (Italie) et Ally (Calgary) que nous avons rencontré dans une soirée bien sympathique sur le toit d’un édifice de Kunming. Sicilia, musicienne extraordinaire, vous donne un frisson sans limite lorsqu’elle joue de sa flute de pan. Ses discours sur l’énergie humaine sont captivants ! Ally est probablement la personne la plus sociable que nous ayons rencontré. Toujours entouré de dizaines d’amis, son enthousiasme est contagieux. Un soir, alors que l’alcool avait bien fait son effet, elle me proposa l’idée de monter sur la scène d’un bar et de jouer une chanson qu’elle aimerait chanter. Oui, oui…un jour… bien sûr ! Je lui ai répondu en sachant que cette idée ne passerait pas la gueule de bois qui nous attendait le lendemain. Enfin, quelques jours plus tard, nous y étions, Ally, Sicily et moi sur la scène d’un bar du centre-ville en train de jouer quelques morceaux que nous avions pratiqués! Qui aurait cru entendre du Jean Leloup live in China ? Un baptême de la scène pour ma part ! De la bonne énergie comme dirait Sicilia !.jpg)



Ainsi, nous avons bâtit une petite routine d’étude et de sorties que nous aimions. Après quelques semaines, nous étions déjà bien connus dans le quartier et les gens du voisinage étaient bien fiers de nous saluer au passage. A chaque jour, notre niveau de Mandarin s’améliorait et nos discussions avec les voisins s’approfondissaient. Autant que possible, nous avons tenté d’éviter les contextes où il est possible de parler Anglais. Une fois par semaines, nous faisions des sorties avec le club de vélo local. Dans le groupe, personne ne parlait Anglais alors c’était une excellente occasion de pratiquer ce que nous avions appris ! Fait cocasse : les 120 km de ‘’sport’’ s’étirent sur 12 heures à force de pauses-cigarettes et de copieux repas bien arrosés ! Chaque montée est une bonne raison d’en allumer une ! Fait cocasse #2 : Les chinois ont des vélos de montagne à 5000$ qui brillent. Ils essuient leur vélo avec des papiers mouchoirs après avoir roulé dans la poussière. L’apparence est très importante ici aussi ! Pas question de rouler avec un vélo crotté !

C’est ainsi que nous avons vécu pendant 1 mois à Kunming. Demain, des amis du Québec viennent nous rejoindre! Nous partons avec nos sacs à dos vers la frontière du Tibet avec Geneviève et Jérome ! Ça promet !!!
Salutation habituelles :
- D’où vous venez ?
- Où vous allez ?
- Il vous manque de quelque chose ?
- Oui ! Des gens sympathiques !
- Patience... La Chine n’est plus très loin !
Les deux Américains travaillent à Kunming ; ville où nous nous dirigions pour apprendre le Mandarin ! Adeptes de Couch Surfing, ils nous proposèrent de nous héberger quelques jours et de nous faire découvrir Kunming. La solidarité entre voyageurs à vélo est sans limite. Le rendez-vous est fixé… Le hasard ne pouvait être plus généreux ! Deux nouveaux amis et un endroit pour dormir du même coup !

C’est dans un minuscule studio de Kunming que Stewart et Juliet nous ont accueillis pour 5 jours. Profitant d’un moment creux au travail (NGO environnemental), Stewart nous a fait découvrir la ville au rythme des locaux. Restaurants traditionnels, coutumes étranges, danses burlesques, spectacles saisissants, sports inconnus… le tout appuyé par des petits cours de Mandarin ! C’est que Stewart et Juliet vivent en chine depuis maintenant 2 ans et qu’ils maîtrisent la langue d’une manière déconcertante ! Les voir faire la conversation à la serveuse d’un restaurant nous étourdi. Comment une langue aussi complexe peut être maîtrisée par des occidentaux. Nous sommes motivés ! Nous avons un mois pour y arriver ! C’est notre nouveau défi !

Dès la première semaine, nous nous sommes introduits dans une ligue d’Ultimate Freesbee. Il s’agit d’un sport où il faut courir comme des enragés pour attraper au vol un disque lancé par un coéquipier. Un sport qu’on réservait aux chiens il y a quelques années ! Geneviève et moi nous sommes bien amusés et avons rencontré beaucoup d’amis qui viennent d’un peu partout sur la planète! Geneviève retrouvait un peu le sentiment du jeu d’équipe qui lui manque depuis qu’elle a quitté le basketball. Pour ma part, j’appréciais les après-matchs atour d’une belle grande table ronde remplie de bières et de mets chinois !

Nous avons ensuite emménagé dans un grand appartement situé dans le quartier étudiant. Partageant la location avec Lui Jian (Chinoise) et Alberto (Italien) la langue de communication officielle de l’appartement était le Mandarin. L’Anglais demeure utile comme bouée de secours ! Ici, tous les étrangers que nous connaissons parlent la langue locale avec une certaine aisance. Dans une soirée où une majorité d’étrangers sont présents, la discussion demeure en Mandarin. Je vous l’assure, ce phénomène est bien propre à la Chine ! Jamais nous n’avons vu un blanc parler le Khmer au Cambodge ! Notre environnement d’apprentissage était bien établi, il ne nous manquait plus que de trouver un professeur de langue !



Nos recherches se sont arrêtées lorsque nous avons rencontré Sicilly. Du haut de ses 150 cm, cette petite femme de 23 ans nous a tout de suite plu. S’exprimant dans un Anglais impeccable et dans un Mandarin de Beijing, elle était la personne qu’il nous fallait ! Elle s’est offerte pour nous donner 2h de cours par jour pendant 1 mois. C’est ce qui est nécessaire pour atteindre un niveau de base en Chinois. Entendons-nous, le niveau de base que nous voulons atteindre nous permettra de commander au restaurant, demander des directions et entretenir une conversation digne de la pré-maternelle. Dans l’apprentissage de cette nouvelle langue, il s’est avéré que Geneviève et moi formions un excellent duo ! Geneviève, véritable dictionnaire sur deux pattes, peut retenir une quantité incroyable de mots. De mon côté, je me débrouille pas trop mal pour prononcer des phrases qui peuvent avoir un certain sens. Il nous manquerait seulement quelqu’un pour bien comprendre tout se que les gens nous racontent dans la rue ! Tant d’accents différents, tant de dialectes ; nous arrivons maintenant à comprendre environ la moitié de ce que les gens nous expriment.

Prendre une pause nous a fait le plus grand bien ! Premièrement, il nous fallait un peu de repos pour bien digéré les derniers 6 mois de vélos, de rencontres, de beaux paysages et d’aventures. La pire chose qui pourrait nous arriver serait de perdre le goût de l’aventure et de ne plus réaliser la chance que nous avons d’être ici. Nous avions donc le sentiment qu’il fallait arrêter un peu pour mieux repartir !
Kunming est une ville super ! Puisqu’elle est située à 2000m d’altitude, sa température est celle d’un printemps ensoleillé. Pas trop chaud, pas trop froid ! En raison de son altitude, le ciel de Kunming est très particulier. Les nuages sont très près et dessinent des forment qu’on observe rarement ailleurs. Les couchers de soleil sont remarquables ! Partout dans la ville, de nombreux parcs ultra propres nous font oublier les dépotoirs que nous avons vus avant. A toutes heures de la journée, les gens s’y rassemblent pour danser, chanter, jouer aux cartes et discuter. Kunming est une belle ville vivante ! La solitude ne semble pas exister chez les personnes âgées. A cet égard, l’occident a beaucoup à apprendre des Chinois chez qui l’esprit de communauté prend vraiment un sens.


Tant de gens nous avons rencontré sur la route. Tant de gens avec qui on aimerait garder contact toute notre vie, mais nous savons bien que cela est impossible. Il y a tout de même des gens qui nous ont profondément marqué et qui, malgré la distance, resteront dans nos pensées pour longtemps. Parmi ceux-ci il y a Sicilia (Italie) et Ally (Calgary) que nous avons rencontré dans une soirée bien sympathique sur le toit d’un édifice de Kunming. Sicilia, musicienne extraordinaire, vous donne un frisson sans limite lorsqu’elle joue de sa flute de pan. Ses discours sur l’énergie humaine sont captivants ! Ally est probablement la personne la plus sociable que nous ayons rencontré. Toujours entouré de dizaines d’amis, son enthousiasme est contagieux. Un soir, alors que l’alcool avait bien fait son effet, elle me proposa l’idée de monter sur la scène d’un bar et de jouer une chanson qu’elle aimerait chanter. Oui, oui…un jour… bien sûr ! Je lui ai répondu en sachant que cette idée ne passerait pas la gueule de bois qui nous attendait le lendemain. Enfin, quelques jours plus tard, nous y étions, Ally, Sicily et moi sur la scène d’un bar du centre-ville en train de jouer quelques morceaux que nous avions pratiqués! Qui aurait cru entendre du Jean Leloup live in China ? Un baptême de la scène pour ma part ! De la bonne énergie comme dirait Sicilia !
.jpg)



Ainsi, nous avons bâtit une petite routine d’étude et de sorties que nous aimions. Après quelques semaines, nous étions déjà bien connus dans le quartier et les gens du voisinage étaient bien fiers de nous saluer au passage. A chaque jour, notre niveau de Mandarin s’améliorait et nos discussions avec les voisins s’approfondissaient. Autant que possible, nous avons tenté d’éviter les contextes où il est possible de parler Anglais. Une fois par semaines, nous faisions des sorties avec le club de vélo local. Dans le groupe, personne ne parlait Anglais alors c’était une excellente occasion de pratiquer ce que nous avions appris ! Fait cocasse : les 120 km de ‘’sport’’ s’étirent sur 12 heures à force de pauses-cigarettes et de copieux repas bien arrosés ! Chaque montée est une bonne raison d’en allumer une ! Fait cocasse #2 : Les chinois ont des vélos de montagne à 5000$ qui brillent. Ils essuient leur vélo avec des papiers mouchoirs après avoir roulé dans la poussière. L’apparence est très importante ici aussi ! Pas question de rouler avec un vélo crotté !

C’est ainsi que nous avons vécu pendant 1 mois à Kunming. Demain, des amis du Québec viennent nous rejoindre! Nous partons avec nos sacs à dos vers la frontière du Tibet avec Geneviève et Jérome ! Ça promet !!!
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