mardi 29 juillet 2008
Montréal - Québec
Il existe pourtant une solution à cet écœurement routier: la 138. Je vous le dis : cette route est tellement belle entre Montréal et Québec qu’on lui a donné un nom propre : Le chemin du roi!
Allez-Hop! C’est partie pour un petit week-end de vélo au Québec. Pour reprendre l’expression de Karl que j’aime bien : « cet été je visite mon pays! ». Une première expérience de vélo de plusieurs jours avec Geneviève. Ca s’annonce une belle aventure! Si son genoux tient le coup, nous allions pédaler de Montréal à Québec, soit environ 300km, en 2 ½ jours.
16h vendredi : Fin de la semaine de travail, il faut me rendre à Montréal en bus pour rejoindre Geneviève avec les deux vélos qui sont chez moi, à Québec. Je quitte donc le bureau avec tous mes bagages sur le dos et le vélo à Geneviève sous mes pieds. Ensuite, je transforme le comptoir d’expédi-bus en atelier de mécanique. Je n’ai jamais démonté deux vélos en si peu de temps. 15 minutes, les deux vélos étaient dans des boîtes! Cet exploits me fît suer à grosses goutes et cela faisait bien rigoler les 2 commis au comptoir qui n’avaient visiblement pas envie de me donner un coup de main. Il me restait 15 minutes pour faire le plein de calories avant le départ du bus. Pour la modique somme de 10$ je fie l’acquisition d’un magnifique club sandwich chez Valentine qui allait me graisser le dalot bien égal. A mon retour sur le quai d’embarquement, le distingué conducteur d’autobus me fit remarqué que « tabarnak c’est pas une place pour mettre des vélos » et que « crisse que je suis dans les jambes de tout le monde». Sur ces mots tendres, je désirais connaître le nom de ce sympathique personnage:
- M’en va tel dire moé cé quoi mon nom : Serge monsuiseusu…
- Serge qui?
- Ah ben pi té sourd en plus câlisse!
Ravi d’avoir payé 75$ pour mon billet et de jouir d’un tel service, je pris rapidement une bouchée dans mon club sandwich, ce qui me força à fermer ma gueule pendant quelques secondes, le temps que je laisse passer cette petite frustration que le fâcheux était en train de me transmettre. Je fis ce qui me semblait de mieux en ces circonstances : un beau grand sourire et je le remerciai pour sa gentillesse. Pauvre type…
A suivre...
lundi 7 juillet 2008
Yay!
2000 km dans les pédales…. Ca y est, c’est fait! Aujourd’hui, je comprends mieux le potentiel du vélo. Avant de me lancer moi-même sur la route, j’avais du mal à imaginer comment il est possible de sillonner des milliers de km sans brûler d’hydrocarbure. Maintenant je le sais… je sais que la motivation est le gaz qui peut nous propulser sur de nouveaux chemins pendant toute une vie.
C’est bizarre quand même. Lorsque je franchissais la 2000e borne, je me retrouvais à 50 mètres de l’endroit où j’avais franchi mon premier millier de km. Comme un jeu de Monopoly, j’étais de retour à la case départ. J’ai même l’impression de passer GO à chaque fois que je reçois mon chèque de paye et de faire un peu de prison le jour au travail! Cela me fit réfléchir. Est-ce que cette vie articulée autour d’une carrière n’est pas aussi absurde qu’une partie de Monopoly? Avez-vous déjà remarqué que dans ce jeu, on paye 50$ lorsqu’on prend le train, mais on ne va jamais nulle part? On tourne… jusqu’à ce que la partie soit finie.
Combien de gens vivent et meurent sans jamais sortir de la spirale, parce qu’ils espèrent, un jour, acheter leur maison sur Boardwalk? Le jeu de la société moderne tourne. Peu de gens cherche la sortie. Dans un esprit de conservatisme et de sécurité, on se laisse guider… le voyage est smooth. «On s’engage comme bétail, pas de malheur, pas de bonheur » -R. Desjardins.
M’enfin, me voilà sur cette piste cyclable. Beaucoup d’heures d’effort sous la pluie avec le vent dans le nez, une fatigue grandissante, 5 chutes, 3 crevaisons, des douches polluées au dégraisseur à moteur, des Pontiacs avec leur collant « Liberté » qui me frisent les oreilles, des jeunes insouciants qui s’amusent à me pointer avec leur fusil d’apprenti guerrier : C’était le prix à payer pour échanger sa voiture contre un vélo. En retour, on obtient des soleils généreux, des paysages jamais photographiés, le silence de la campagne, une condition physique à tout casser, une indépendance totale, un compte de banque accessoire. Certes, ce style de vie me convient, mais l’ultime jouissance c’est de se sentir invincible. "I read somewhere... how important it is in life not necessarily to be strong... but to feel strong." –Chris McCandless. Si on accepte cette idée, les obstacles franchis sont des médailles et les épreuves deviennent des opportunités de grandir.
jeudi 5 juin 2008
On se connait
Mon compagnon de route est une monture bien ordinaire qui sort du cabanon de mes parents. Puisque mes parents préfèrent rouler à haute vitesse avec leur vélo de course, le mien était très peu utilisé. Un peu de rouille, mais pas trop. Un peu vieux, mais pas trop.
- Tu penses pas qu’il est trop p’tit pour moi p’pa?
- Un peu petit, mais pas trop!
Bref, c’était la bécane idéale! Il fallait maintenant qu’elle ne soit pas la bécane idéale pour un potentiel voleur… Une cure de vieillissement s’imposait! A tours de Duck-Tape je fis de ma petite reine un vieux bicycle laid comme un pou. Sans marque, sans artifice, sans attrait, c’était l’allure recherchée!
Le problème fondamental avec les marques c’est qu’elles sont toujours affichées en premier plan afin de servir d’outil de prétention. On roule en Mercedes pour l’élégance de l’étoile sur le capot. On porte fièrement le Hugo Boss et le week-end on shine son Harley de façon à ce qu’un maximum de voisins puisse nous voir. Il existe deux théories pour expliquer ce phénomène. La première est le transcendantalisme : Un objet peut devenir un dieu si on lui accorde suffisamment d’importance pour qu’il le devienne. L’objet lui-même n’arbore que peu d’importance, mais ce sont les sentiments envers cet objet qui lui alloue un prestige. La deuxième théorie est celle de l’apparence. Les humains sont drogués de la forme. De nos jours le contenu n’a plus d’importance. On veut de l’image, du brillant. Nos gestes quotidiens sont guidés inconsciemment par une volonté de projeter une belle image.
mardi 27 mai 2008
Apparente Solitude
Les étoiles sont lourdes ce soir
Pour qui brillent-elles si fort?
Par chance la lune me tient
loin de la réalité
Tant de chemins empruntés
Et la peur... Et la peur
Il faut choisir.
L'apparence d'une solitude
ou seulement l'apparence.
Et cette étoile?
Est-elle seulement apparence?
Est-elle seulement solitude?
Comment est-ce possible
Nous qui croyons.
Un début apparent, une fin solitaire.
Mais la vie!
Mais la vérité...
Mais la vraie vie?
Une vie musique
qui puise dans ses racines
Une force divine
Qui force au repos
éternel.
mardi 20 mai 2008
8800
C’est le nombre de coups de pédales qu’il me faut faire chaque jour de la semaine pour aller me reposer au bureau et revenir me reposer dans mon modeste appartement de la rue St-Jean.
Depuis environ 1 mois je dois travailler avec des logiciels top-secrets au travail. Des applications qui vont accomplir de nobles tâches : gérer des situations de guerres, mieux régenter les acrobates de la violence et conduire des affrontements oiseux avec des pays qui refusent de partager leur pétrole sacré. Qu’est-ce que je fais ici ? Aucune idée. Mais il faut que je sois ici.
J’ai des amis adeptes de tout-inclus dans l’sud. Il semble que la devise en ces cas-là est « Ce qui s’passe dans l’sud reste dans l’sud. Ok l’gros? ». Dans notre équipe de travail c’est plutôt : « L’information classifiée maintenue par la base militaire ne dois pas être reçue en dehors des infrastructures de Valcartier. CHEF, OUI CHEF! » Alors voila, je me retrouve donc à l’intérieur des bunkers de la base militaire afin d’y exercer mon travail. Et surtout ne pas oublier : mon travail est important pour ma nation! L’air bête du commissaire à la guérite me le rappel à chaque matin. D’ailleurs, on le surnomme monsieur sourire :)
Faisant appel à mon positivisme, il fallait tirer un avantage de cette situation très absurde. Je vais franchir les 27.5 km qui sépare la rue St-Jean de la base militaire à vélo!! Pas de bouchon de circulation. Pas d’histoires insignifiantes sur le FM. Pas de klaxon, ni de frustration. Les moments à mettre du gaz dans mon char sans trop me demander si le 70$ dépensé en vaut vraiment le coup ne me manqueront pas. C’est la fin d’une époque et je l’annonce fièrement en posant le drapeau de la victoire sur mon bazou : À vendre. 934-7300.
6h30, réveil…..6h45 réveil (2e prise)…. 7h me voici en train de pédaler vers Valcartier en empruntant le corridor des chemineaux. A mon sens, cette piste cyclable a été nommée en l’honneur du café-Brandy du même nom. Y pédaler vous procure un high considérable, mais vous assure aussi de réveils plus difficiles!
Entre 7:30 et 7:45 je croise alors mon premier chum de bike. Un motivé que je reconnais par son casque de couleur rouge. Il me fixe d’un regard insistant et lorsqu’enfin, je me m’aperçois que c’est lui, il me signe de la tête. Ce moment est très risqué, car son mouvement de cou lui ramène le casque dans les yeux et il perd vraisemblablement la vision pendant quelque secondes. Il faut rouler bien à droite quand on le croise!
Ensuite, suit le reste de ma gang. Ils sont 3. Le premier porte une barbe blanche de 8 pouces et pédale sans jamais toucher le guidon. Une activité qui l’empêche de me saluer. Ou peut-être qu’il me trouve trop junior avec ma petite barbe dégarnie pour que la fraternité s’installe entre nous. Comme mes amis Français le disent si bien « Je me prends un vent » à chaque fois que je le salue.
Je me console toutefois en saluant la prochaine complice : une femme dans la jeune trentaine qui a suffisamment de beauté pour se faire remarquer. Lorsqu’on fait partie de cette espèce, le port du casque est prohibé. Premièrement, cela pourrait détruire la mise en plie acquise chez le coiffeur et deuxièmement, ce n’est pas à la mode cette année.
Quelques coups de pédale plus loin je croise monsieur sécurité en personne. Déguisé en signaleur routier, il est visible 5 km à l’avance. Son salue ressemble à un signal pour tourner à droite. Je l’imite en signalant à droite moi aussi: un ami de plus!
8:15 j’ai traversé tout Val-Bélair sur mon rutilant Specialized. Le nombre d’arbres au kilomètre carré augmente… la distance qui me sépare de mon travail diminue.
- Bonjour monsieur sourire!
Par chance je ne pense pas tout haut!
mercredi 14 mai 2008
Pourquoi pas!!
L'AVENTURE, les DÉFIS, les EXPÉRIENCES HORS DU COMMUN et surtout le goût de VOIR DU PAYS nous motivent, Pierre et moi, à planifier un voyage de vélo en Asie...très bientôt et pour une durée indéterminée!!!! Pour le moment, Pierre gère très très bien les préparatifs du voyage, car je suis plutôt occupée à dealer avec la réalité du travail et encore de l'étude.
Pierre, avec sa passion, son goût d'apprendre et de découvrir à tout instant des nouvelles choses ne se plaint point de s'informer et d'assouvir sa soif sur l'Asie et le cyclo-tourisme. Que ce soit pour le matériel et l'équipement idéal à utiliser, les différentes propriétés d'un bon vélo, la réparation et du trajet idéal à entreprendre...Pierre se tient à l'affût des informations pertinentes et essentielles.
Je décrirais Pierre comme un gars qui sait pleinement profiter de la vie, très positif, avec un intérêt fortement développé a ne pas se confondre dans le model préconçu de la société d'aujourd'hui, comme moi d’ailleurs. Faire comme tout le monde n'est pas quelque chose que Pierre fait. Écolo, grano et musicien à ses heures, Pierre est avant tout un sportif à la recherche de défis. Les marathons, des longues randonnées de ski de fond et les montés vers des hauts sommets sont les passions première de Pierre. La nature et le plein air sont les deux premiers critères!
Son emploi, pour ceux qui le connaisse, est un seulement un emploi... mais il est maintenant rendu callé dans son domaine d'informatique. Voila d'où provient ce blog!!
Ensemble en vélo, nous allons aller saisir pleinement le sens de profiter de la vie et aller découvrir les merveilles de l'Asie. Le mode de vie nomade va être une expérience unique, enlevante et enrichissante. J'ai hâte d'entamer ce défi et de nous intégrer au mode de vie des Asiatiques qui, dit-t-on, sont très accueillants et aimables!
A suivre nos péripéties, car avec moi en voyagent… ils se passent toujours pleins d'aventures!!!!!!!
Mélanie et Olivier
- Mesdames et messieurs, Veuillez accueillir Mélanie et Olivier !!
… Visionner l’aventure intéresse tout le monde. Vraiment! Nous sommes ici pour célébrer la détermination de ces deux jeunes qui ont décidé, un bon matin, de partir de la Mongolie et de pédaler vers l’horizon. 8000 km plus tard, ils sont devant nous et tentent de nous expliquer ce qui n’est pas explicable : pourquoi pédaler autant?
Première constatation : Ce ne sont pas des robots, mais plutôt des jeunes comme on en voit à tous les jours sur le campus… mais avec un sourire…
- Shut! Ca commence!
En introduction, on nous sert quelques vidéos d’escalades réalisés dans le passé par Olivier et Mélanie. A ce moment, je repense à Terminator : Peut-être font-t-ils des robots qui ressemblent à des humains maintenant? Les parois grimpées étaient juste trop hallucinantes. S’ils ont mis la même énergie pour y aller à l’horizontal plutôt qu’à la verticale, pas étonnant qu’ils soient allé aussi loin!
Voici la Mongoliieee!! Voici la CHHHIiinneee !! Et Maintenant... le TIBET !!! oulala! Et pour vous mesdames, le Népalllll. Et pour vous messieurs, l'INDEEE!!! Le récit est digne d'une fable. L'exploit est olympien. Les images nous font oublier le Seigneur des Anneaux.
Je regarde mon voisin de gauche : Un homme à la peau rouge, qui transporte son embonpoint à l’intérieur de sa chemise. Je me demande ce qui se passe dans sa tête. C’est surement "dans une autre vie peut-être" ou bien "ca coute trop cher" ou alors "je suis beaucoup mieux chez moi". Plus loin, un groupe de sportifs qui semblent commandités par Shell (!?) cherchent à savoir si leur vitesse moyenne sur la route peut accoter la-leur.
Pour la majorité c’était un 10$ bien investi et un bon 2h de divertissement. Pour ma part, c’était une révélation. Je devais l’essayer moi aussi! Le 2h ne m’avais pas suffit. Pourquoi se contenter de si peu dans toute une vie?
En sortant de la salle, nous traversons les fumeurs, leur fix de nicotine entre les doigts.
- Tu crois qu’on pourrait le faire?
- Quoi? Commencer à fumer?
- Ah niaiseux, pédaler aussi longtemps ?
- Noonnnn surement pas !
Mais moi aussi il me faudrait mon fix… et je crois qu'il se trouve en Asie
Le site de Mélanie et Olivier est ici dans les liens ------->