samedi 27 juin 2009

China!!!

En traversant la frontière du Vietnam à la Chine, notre vie a changé. Instantanément, l’ambiance s’est transformée ; beaucoup plus de sourires, des gens curieux et sympathiques. Nous avons même du remplir un questionnaire de satisfaction pour évaluer le travail des douaniers ! En ce qui concerne la nourriture, nous sommes satisfaits ! Nous trouvons de délicieux légumes de toutes sortes offerts à prix ridicules ! Choc culturelle en vue : on ne peut plus faire la différence entre un salon de coiffure, un restaurant et un garage ! Les affiches en chinois abondent et nous laisse loin d’un monde où l’Anglais est utile.

Nous décidons donc de partir à l’aventure et laissons dernière nous nos amis James et Cecilia qui continuent leur parcours en autobus. Après seulement 15 km de route, nous rencontrons trois cyclistes Allemands qui arrivent de Kunming où nous nous dirigeons. Échange de cartes et de conseils ; ils avaient fait beaucoup de recherches pour tracer un itinéraire parfait. Trois semaines de vélo en Chine, il valait mieux pour eux d’optimiser les beaux endroits. Nous empruntons donc leur route en sens inverse.

Les premiers paysages de la chine sont marqués par la pauvreté. Étonnant de voir tant de misère dans un pays qui est maintenant considéré comme une puissance économique mondiale. Comme nous le faisions au Cambodge et au Thailande, nous avons cherché un endroit pour planter notre tente pendant que le soleil nous quittait. Un séjour chez l’habitant nous semble intéressant ! Avec beaucoup de gestes et de sourires, une dame nous mène chez elle. Dans un village si pauvre qu’il nous remémore le Cambodge. Curieusement, là où la pauvreté est incontestable, la générosité est aussi certaine. Malgré nos tentatives d’explications ils n’ont jamais compris le concept de la tente pour dormir à l’extérieur. Pour eux, il est hors de question de dormir sur le sol. Après un long débat nous avons donc convenu qu’il fallait dormir dans l’étable ! Une petite plate forme de bois entourée de foin et de chevaux nous faisait office de lit d’invités.


La tradition en Chine est d’offrir du porc à l’invité en guise de bienvenue. Pour notre part, la famille était bien fière de nous offrir du gras pur de cochon. Aucune nourriture de cabane à sucre ne pourrait battre le taux de gras de ce que nous avons eu dans notre assiette ! Merci à Pierre d’avoir secrètement vidé mon assiette. Nous avons repris la route abasourdis par la gentillesse des gens. Le Vietnam n’est pourtant pas si loin !

Nos premiers hôtels en Chine sont plutôt rudimentaires. Certains hôtels n’ont même pas de toilette. Il faut se rendre aux toilettes publiques du village ; 2 trous dans la terre où l’intimité est inexistante. Nous sommes heureux de pouvoir faire du camping partout et d’avancé à notre gré sans trop planifier autre chose que la nourriture. Partout où nous allons, les chinois nous accueillent comme des rois. Il n’est plus question de s’égueuler sur les prix, les Chinois sont honnêtes. Pendant notre semaine pour se rendre a Kunming, les litchis abondaient de partout et les arbres remplis de mangues défilaient sur notre route. Des routes de campagnes bien sympathiques entrecoupées de zones industrielles sans charme. La Chine nous réserve bien des surprises ! A l’approche des montagnes, la nature est maîtresse et les paysages sont toujours magnifiques.

Nous n’avons aucune connaissance précise de la position des montagnes en Chine. Alors que nous commençons à monter, une voiture s’arrête pour me donner 2 bouteilles d’eau. La montée sera surement longue ! Sans trop savoir si le sommet est loin, nous avons du planter la tente dans cette montée qui s’étirait sans fin. Le lendemain, nous avons atteint le sommet après plus de 45 km de monté abrupte! Affamés une fois au sommet, nous nous somme payé un festin typique chinois : une assiette d’aubergine, de champignons et d’œufs !


La saleté de la Chine nous a bien marqué dès le début. Les ordures sont distribuées aux quatre vents et les villages s’annoncent par une odeur prononcée d’urine. Par contre, tous les terrains agricoles et les jardins sont impeccables. Aucune mauvaise herbe, des rangs bien droits et des gens minutieux à accomplir leur travail. Le contraste entre les champs et les villages est frappant.


La communication n’est pas facile en chine. Presque personne ne parle l’Anglais. Un jour, alors que Pierre avait fait une crevaison, une foule s’est ressemblé autour de nous. Nous avons donc profité de l’occasion pour demander un endroit pour mettre la tente. Un généreux agriculteur nous a dirigés vers son terrain. La foule suivait derrière. L’hospitalité ne devait pas s’arrêter là. Deux jeunes de notre âge nous ont invités à manger chez eux. Ils nous ont cuisiné un de ses festins. Malgré l’apparence malpropre des maisons, l’intérieur est très surprenant. Des appareils électroniques made in China, des beaux meubles et une énorme télévision. Nous rigolons en essayant de communiquer avec notre nouveau dictionnaire. Nous avons appris que les agriculteurs mangent seulement deux repas : le premier a 10h30 et l’autre à 4h30. Malgré plusieurs obstacles, l’échange culturel se fait bien.


Les routes en Chine sont très imprévisibles. Des belles routes goudronnées aux chemins de terre cahoteux. Le plus surprenant est de voir l’infrastructure présente sur des routes de mauvaise qualité. Protections contre l’érosion, ponts suspendus, tunnels, rien ne manque… sauf la route ! Il n’y a rien à comprendre au système chinois.


Lors d’une nuit dans un de nos hôtels deluxe, nous avons eu droit à un concert de rats dans le plafond de notre chambre. Nous sommes donc repartis pas très reposé pour notre dernière journée de vélo avant un long repos à Kunming. Seulement quelques kilomètres nous séparaient de la ville, mais il a fallu rouler pendant plusieurs heures. Les vélos sont interdits sur les autoroutes et les routes secondaires font des spirales autour de la ville ! De plus, nous nous sommes perdus dans un bordel de trafic et de construction.

C’est ainsi que nous avons franchi notre objectif intermédiaire : Kunming. La différence entre la campagne et la ville est choquante. Les voitures, la mode, les restaurants et les hôtels partout. Kunming est situé à 2000m d’altitude. Malgré ses 5 millions d’habitants, elle est très peu polluée, alors nous pouvons voir un beau ciel bleu en permanence. La température est excellente et l’ambiance est sympathique. Nous avons maintenant un nouveau défi : apprendre le mandarin ! Nous allons donc prendre un repos de 1 mois sans vélo (presque). Le but de notre arrêt est principalement de suivre des cours de mandarin afin de pouvoir communiquer l’essentiel avec les gens lorsqu’on retournera sur la route… Un beau défi !

dimanche 17 mai 2009

Mi-Temps

Et nous avons tourné à droite. Sur un chemin qui mène nul part. Celui qui, en fait, nous éloignera de notre destination. Nous comptons bien découvrir de nouveaux paysages avant de rejoindre Yan et Géraldine à Hanoi.
Notre motivation à faire tourner nos pédales est toujours là! A chaque fois que nous prenons quelques jours de repos, nous sommes impatients de retourner sur la route. Nous sommes en parfaite santé en ce moment. Nous croyons donc qu'il faut en profiter au maximum! Les problèmes d'estomac de Geneviève semblent être derrière nous. Par contre, le régime Vietnamien composé exclusivement de riz me pose de petits soucis. Aller aux toilettes est devenu un véritable sport d'endurance, au même titre que la traversée de l'Asie à vélo!

C'est en traversant un village sans nom que nous franchissons notre 7000e kilomètre! Je m'arrête le temps des félicitations habituelles et prends un bon coup d'eau chaude pour fêter l'événement. Nous y étions, environ à mi-chemin de notre parcours, quelque part entre Bangkok et Hong Kong.
- Imagine on fait demi-tour vers la Thaïlande...
- Oublie-ça!! Ça serait beaucoup trop loin!
Pourtant il y a autant de kilomètres devant nous pour rejoindre Hong Kong!

Petite anecdote.
Un jour, nous nous retrouvons dans une ville à visiter un fameux temple maoïste. Dès notre entrée dans la cours intérieure du temple, les gens s'affolent. On nous presse à l'intérieur où une forte odeur d'encens nous parfume le nez. Sitar et chants religieux; une ambiance totalement zen (au Vietnam c'est rare!). Des gens sont agenouillés autour d'un jeune homme vêtu de blanc. On prit je-ne-sait-quel-Dieu en faisant des offrandes à celui qui est au centre. Sans cesse, les gens nous donnent des objets que nous devons, à notre tour, offrir à cet homme. Nous nous retrouvons rapidement à l'avant de la cérémonie. Cigarettes, encens, argent, biscuits... Lorsque nous faisons des offrandes, une euphorie gagne l'assistance. Les gens tentent, malgré tout, de maintenir leur sérénité.
C'est ainsi jusqu'à ce que de jolies dames entrent dans la pièce et jouent le rôle de soubrettes. Au rythme de la musique, elles habillent l'homme de vêtements colorés qui le transformeront en prince. Progressivement, les coups de tambours s'amplifient et la cérémonie prend des allures de fête. Les mains jointes en guise de prière se dénouent et s'activent pour battre le tempo d'une musique devenue joyeuse et dansante. Le prince se lève pour gesticuler dans tous les sens et l'assistance en fait autant. Les spectateurs tournent les yeux pour nous voir apprendre les gestes de leur rituel. A chaque imitation réussit, les exclamations se font entendre. Comme on dit chez nous: "le party est pogné dans cabane!". Le prince ouvre une petite boîte et en sort un trésor: des grosses liasses de billets rouges. Suivant les élans de ses pas de danse, il distribue aux quatre vents les billets qui volent comme des confettis. Mouvement de folie. La foule est en délire. On se marche sur la tête pour attraper les billets. Les dames autour de moi redoublent d'ambition. Les donations ne vont maintenant plus au prince, mais à nous! Malaise... Nous quittons avec les poches pleines de petites coupures qui font l'équivalent de 2$! Les Vietnamiens ont vraiment compris comment attirer les jeunes vers la religion! En rigolant, nous nous dirigeons vers le marché local où nous échangeons notre magot contre de délicieux rouleaux de printemps!

En planifiant notre retour vers Hanoi, nous apercevons sur notre carte la présence d'un grand parc national sur notre chemin. Enfin un endroit pour planter notre tente dans la nature! Le parc est le plus vieux du Vietnam et aussi celui qui offre la plus grande biodiversité. Sur le territoire qui encercle la montagne, on y conserve des espèces de singes en voie de disparition. C'est en cuisinant nos pâtes aux tomates que nous comprenons que nous ne sommes pas les seuls étrangers ici. Il y a aussi James d'Australie et Cecilia de Suède; deux backpackers venus visiter le parc eux aussi. Les liens d'amitié se crés très rapidement avec le couple du même âge que nous! Ils enfourchent leur vélo loué et viennent avec nous découvrir les trésors du parc. Au bout de la route, nous laissons les vélos et nous nous enfonçons dans la foret. Les deux sont des amants de la nature. A chaque deux pas, ils nous arrêtent pour nous faire découvrir des insectes et des plantes jamais vus auparavant. L'expédition devient super intéressante en leur compagnie! Nous faisons de ces deux nouveaux amis des compagnons de voyage en leur donnant rendez-vous a Ninh Binh le lendemain. Nous planifions faire la visite d'un autre petit paradis terrestre avec eux. Ninh Binh
A bord d'une petite chaloupe assez grande pour transporter 3 personnes, nous nous baladons sur un ruisseau qui traverse des collines aux formes originales. Taillées par un quelconque Dieu adepte d'art abstrait, elles évoquent un mystère de la nature. Une dame portant un chapeau traditionnel nous y guide en activant des rames en bois qui ont fait la guerre. En peu de temps, Geneviève remarque qu'une rame supplémentaire se trouve dans l'embarcation. L'ennuie de l'aviron se fait sentir... Voila que Geneviève participe à la tâche. Nous passons les autres embarcations comme si elles étaient arrêtées! Les touristes autour en sont bien amusés. Je ne serais pas surpris de les voir essayer de recruter Geneviève dans la National Chaloupe Association! Trêve de plaisanteries, le lieu est magnifique! Par endroit, la rivière est si paresseuse qu'elle refuse de contourner les montagne. Elle préfère plutôt passer dans des tunnels que nous visitons en ramant. Incroyable! Dans leur bateau, James et Cecilia sont aussi stupéfaitsque nous. Comment un paysage aussi extravaguant peut-il exister? Nous en discutons autour d'un repas (appelons cela une arnaque) qui se termine plutôt mal. Nos tentatives de contourner cette arnaque se terminent lorsque le serveur juge pertinent de me cracher dessus! Lorsque nous quittons, traumatisés, sa femme en rajoute et m'envoie affectueusement son plus beau crachat en me criant des mots doux que je n'oserais traduire. Classe, finesse et distinction...
- Bientôt Geneviève... Bientôt le Vietnam sera derrière nous...

De péripéties en péripéties, nous voici à Hanoi. Nous avions imaginé un concentré de ce que le Vietnam peut offrir: beautés et conneries. C'est avec une certaine appréhension que rejoignons la capitale. Fatigués par les nombreux kilomètres en peu de temps, nous accrochons nos vélos pour une grosse semaine! Si ce congé devait nous servir de repos, la présence de Yan, Geraldine, James et Cecilia nous a gardés éveillés tard chacune des nuits! Chaque soir, nous nous retrouvons à boire des bières froides au prix ridicule de 0.10$ sur les trottoirs de Hanoi! Nous apprécions au maximum chaque moment passé avec ces amis. Personne ne pourrait dire si nous allons nous revoir un jour! Pour cette raison, chaque rencontre devient une occasion spéciale. Et en un clin d'oeil nous étions devenu des touristes réguliers! Visites des musées, tournées des bars et pâtisseries. Enfin, nous avons investi dans un super week end tout inclus à Halong Bay avec James et Cicilia. Il faut dire qu'au Vietnam cet endroit est aussi célèbre que la tour Eiffel en France. Dodo sur le bateau, baignades au milieu de la mer de Chine, bouffe exquise; Bref, nous nous sommes offert des petites vacances de luxe!

C'est avec émotion que nous avons quitté nos amis pour se diriger vers la Chine, la destination finale! 150 jours sur la route, plus de 8000km et des centaines de photos dans la tête... Il nous faut un vrai repos pour digéré le tout et continuer à apprécier toutes les beautés qui nous entourent. La Chine sera pour nous l'endroit idéal pour réaliser des projets qui nous motivent beaucoup. Pour le moment, nous prenons un moment pour faire le bilan de ce que nous avons accompli jusqu'ici; de ce que nous avons aimé; de ce que nous avons moins aimé. La suite sera remplie d'aventures. Nous sommes maintenant experts pour stimuler le hasard et provoquer des événements mémorables! Nous avons reçu des mots d'encouragement depuis le départ qui nous donnent des ailes. Certains nous avouent que les histoires de voyages font rêver. Je me souviens lorsque je visionnais Asimut -le film réalisé par Olivier et Mélanie- ma tête se remplissait de rêveries. Maintenant, c'est notre tour. Nous réalisons que ce genre d'expédition est ridiculement accessible à tous! Nous croisons des cyclistes de tous genres: des vieux, des jeunes, des riches, des pauvres, des athlètes et des bedonnants. Nous connaissons peu de bonnes raisons de ne pas vivre ses rêves. Pourquoi pas vous?

Statistiques (mi-parcours):

154 jours depuis le départ.
+/- 100 jours de vélo.
+/- 50 nuits de camping.

8 000 km depuis Chiang Mai.

+/- 10 crevaisons.
+/- 0 problème mécanique majeur!

Thailande (+ facile pour les cyclistes)

Routes (5/5)
Les routes sont tout simplement parfaites en Thaïlande pour faire du cyclotourisme. Les routes secondaire comme les autoroutes sont munis de bandes très larges qui rendent la circulation à vélo un véritable plaisir! La signalisation est exagérément précise et claire. Il faut être aveugle pour se tromper de chemin. Il faut quand même avouer que circuler à gauche nous à causé quelque maux de tête au départ!

Gens (4/5)
La Thailande est définitivement le pays des sourires. Les gens sont relativement habitués aux touristes. Ils apprécient et sont intéressés par notre présence, mais demeurent timides. Le sport est très valorisé et les gens sortent souvent leur pouce en guise d'encouragement. Ils sont très respectueux envers les cyclistes. Avec un peu de Thai, la communication est relativement facile.

Accessibilité (5/5)
Il est d'une facilité déconcertante de voyager en Thaïlande. Il est facile de trouver un endroit pour piquer sa tente. Les gens sont aussi désireux de nous héberger. Les hôtels coûtent autour de 5$. Apportez votre tente!

Nourriture (3/5)
Les endroits pour manger sont dispersés à chaque 500m. La nourriture est souvent très épicée (plus qu'en Inde!) et parfois un peu grasse. En général, c'est très bon, mais peu raffiné... Beaucoup de bizarreries (intestins, cerveau, etc.). Environ 1$/personne.

Aventure (0/5)
Il est difficile de passer 1 mois hors des sentiers battus. Pour les aventuriers, la Thaïlande est trop facile. Nourriture et hôtels partout, routes faciles, gens accueillants... Un peu plus de défi svp!


Cambodge (Gens + sympathiques)

Routes (2/5)
Les autoroutes sont étroites et les routes secondaires sont souvent en terre battue. Un vélo de montagne est préférable! Lorsqu'on s'éloigne de la grande route, il faut être prêt au pire. Des ponts manquent; des autoroutes se transforment en piste de BMX. Le cambodge est le seul pays où il nous a fallu une boussole pour trouver notre chemin sur un highway! Signalisation très limitée.

Gens (5/5)
Comme la Thaïlande, les gens sont souriants, mais ils sont moins timides. Le Cambodge est le pays du rire! Très respectueux, ils viennent facilement vers les étrangers. 50% de la population a moins de 20 ans. Les jeunes veulent apprendre l'Anglais et se débrouillent très bien! La communication avec les gens est très facile. Un peu de Khmer est pratique pour communiquer, mais loin d'être essentiel.

Accessibilité (3/5)
La pauvreté est un obstacle important. Les hôtels sont généralement propres, peu chère, mais sans eau chaude et électricité (5$). Le camping est relativement facile, mais attention de ne pas sortir des sentiers (mines antipersonnelles!). Il faut définitivement une tente pour quitter la route principale.

Nourriture (2/5)
La nourriture se fait plus rare qu'en Thaïlande. Il faut faire des provisions pour les longues routes! Moins épicée et moins propre; on doit souvent manger de la viande qui a doré au soleil toute la journée! Un peu plus cher qu'en Thaïlande. (2$/personne)

Aventure (5/5)
Au Cambodge, il suffit de quitter la route principale pour que les péripéties surgissent. Définitivement un beau terrain de jeux pour l'aventurier qui sommeil en vous! Les paysages désertiques et la proximité de la mer font le charme du pays. Se perdre dans la jungle est aussi une expérience inoubliable!


Laos (+ populaire pour le cyclotourisme)

Routes (3/5)
Une belle et longue route du Sud au Nord. Les routes sont désertes de voitures. Près de Vientiane, la circulation devient plus rapide et dangereuse. En général, les routes sont de bonne qualité et on peut rouler au milieu de la voie! Signalisation inexistante.

Gens (3/5)
Les gens sont plus introvertis et on vient rarement vers les étrangers. Par contre, les Laossiens sont très respectueux. Alcool serait le bon mot pour décrire le pays. On y brasse la meilleure bière du Sud-Est asiatique et les gens consomment allègrement l'alcool de riz à partir de 7h le matin! Des milliers de gens qui se saoulent en regardant pousser le riz... La communication est plus difficile même si le Lao est semblable au Thai.

Accessibilité (4/5)
Pour les cycliste en bonne condition physique, il est facile de faire du vélo au Laos. Les distances sont parfois longues entre les hôtels (6$), mais il y a des beaux endroits pour piquer sa tente! Les routes sont remplis de cyclistes!

Nourriture (2/5)
La nourriture est encore plus rare qu'au Cambodge. Il faut parfois compter sur les bon vieux paquets de Ramens. Le prix de la nourriture est un peu plus élevé qu'au Cambodge et qu'en Thaïlande (2$).

Aventure (3/5)
Depuis 10 ans, le Laos est le terrain de jeux de milliers de touristes. L'industrie du tourisme a explosé depuis. Il est difficile de sortir des sentiers battus sans devoir payer une agence de tourisme. Certaines villes sont tâchées à jamais par l'industrie du tourisme incontrôlé. On ne sent plus trop le sens du ''vrai'' Laos. Par contre, les paysages sont vraiment grandioses.


Vietnam (+ beaux paysages)

Routes (3/5)
''Inprévisibles'' est le bon mot. Les routes sont en général bonnes mais sont souvent coupées de tronçons complètement détruits. Les klaxons sont un véritable cauchemar. La circulation est relativement dense sur les belles routes et inexistante sur les chemins de pierres. Nous conseillons les moins belles routes plus tranquilles. Attention aux chiens ...et aux Vietnamiens! Signalisation relativement claire.

Gens (0/5)
Une bonne raison de ne pas aller au Vietnam. Même le Dalai Lama ne saurait garder son calme dans ce pays. Vraiment, une jungle...

Accessibilité (2/5)
Des hôtels partout prêt à arnaquer les riches touristes (de 7$-20$). Camping interdit.

Nourriture (3/5)
Super bon! Très santé! Mais, il faut bien mettre au clair par écrit la commande et le prix avant de manger. Chaque repas est un combat contre l'arnaque. (de 0.50$ à 10$ pour la même assiette!) Fatiguant...

Aventure (4/5)
Outre le fait de devoir côtoyer les gens les plus sauvages, le Vietnam offre les paysages les plus spectaculaires. Des endroits rêvés pour s'évader et apprécier la vue. Les contacts avec les locaux sont limités par des lois ridicules. Venez prendre quelque photos au Vietnam et repartez vite au Cambodge avec votre chapeau d'aventurier!

dimanche 26 avril 2009

Prendre son Temps

Toute règle à une exception. Nous devons l'avouer, il y a tout de même quelques bonnes âmes au Vietnam. A quelques reprises, nous avons rencontré des gens fiers de leur pays qui nous ont accueillis chaleureusement. A chacune de ces occasions, nous repartons avec l'idée que, finalement, ce n'est pas si terrible que ça! Il y a tout de même cette dame qui nous a donné rendez-vous plus tard le soir nous promettant de nous faire découvrir la culture vietnamienne. Voila qui était bien. Nous l'avons attendu encore et encore pour enfin réaliser que nous nous étions fait poser un lapin. Est-ce que cela faisait parti d'une leçon culturelle vietnamienne?

Nous tournons les pages du calendrier et dehors les saisons changent. La saison des pluies approche visiblement! Il n'y a plus un jour où nous pouvons rouler sous un ciel rassurant. La température nous rappelle celle de notre belle province. Ciel variable pourait-t-on dire... Notre équipement passe le test, tout reste au sec! Seulement les routes du pays se transforment en rivières. A certains endroits, l'eau des routes passe la hauteur des sacoches. Comme des enfants qui jouent dans l'eau, cela nous amuse bien! N'allez pas croire que nous allons nous plaindre de la température, car en 4 mois de voyage, nous avons roulé sous la pluie pendant une heure seulement!

Nous voici donc à Cao Bang. Une grande ville; un immense marché. Nous rechargeons nos batteries et faisons le plein de fruits avant de s'enfuir vers le Nord. Nous avons dessiné sur notre carte une boucle qui s'improvise sur des routes qui n'existent peut-être même pas! Les chemins choisis apparaissent sur une seule de nos trois cartes. Ainsi, nous espérons visiter la caverne où Ho Chi Minh se cachait pendant la grande guerre.

L'endroit se nomme Pac Bo. Après 30 ans de vie en exil, le leader du communisme est venu s'y installer afin de mettre à terme ses travaux révolutionnaires. Qu'on aime ou non le personnage, on doit reconnaître son bon goût pour les décors. Le site est très enchanteur! Les rizières bien vertes, en guise de tapis d'honneur, mènent à un lagon bleu que l'oncle Ho a baptisé Lenin en l'honneur du grand-père du communisme. L'eau est si clair qu'on peut y voir les poissons à une trentaine de mètres! Au bord du ruisseau, existent encore 3 morceaux de pierre qui lui servaient de table. On suggère que les dernières grandes idées de Ho Chi Minh on été pensées ici. Plus loin derrière, se cache une montagne qui a été baptisé Karl Marx. Caché dans cette caverne en 1941, il était facile pour lui de se réfugier en Chine en cas d'urgence. Située à moins de 2 km, la frontière se franchit facilement à pied! De sa cachette, l'homme de 50 ans a dirigé la révolution avec succès.

Nous avons ensuite fait tourner nos roues en direction d'un parc national où nous avons posé notre tente dans une vallée où la quiétude fait sa loi. Qu'il faisait bon de retrouver notre petite tente 2 places! Je vous jure, elle nous manque énormément! Seul le bruit du vent qui fait claquer la toile de la tente, le calme était parfait. Nous avons passé un petite soirée sous un ciel qui explose d'étoiles. Loin de tout, nous ne manquons de rien. (Note de Geneviève : Elle aurait tout de même pris une poutine de la cantine Fortier.)

Le lendemain nous entreprenons une descente vers l'ouest où une chute chevauche la frontière chinoise. Malgré le faible débit de la rivière, nous sommes ravis par l'endroit! On aurait dit un barrage hydroélectrique naturel qui fuit de partout! Des centaines de jets sont pulvérisés partout dans la colline verte. Nous en profitons pour faire un pic-nic près du torrent pendant qu'un groupe de touristes fraîchement débarqués d'un autocar nous prennent en photos comme si nous étions des animaux exotiques. Leur mine intriguée en disait long... Ils n'avaient jamais vu de cyclistes auparavant!

Après 4 jours, nous complétons une boucle très difficile en raison de la qualité des routes. Cependant, nous sommes heureux d'avoir découvert cette merveilleuse région. Il est vrai que les chemins de mauvaise qualité et les montagnes qui n'en finissent plus commencent à nous fatiguer. Nous avons très hâte de rejoindre le terrain plat et de revenir vers les routes plus touristiques. Dans les montagnes, certains endroits sont tellement isolés que nous sentons la solitude nous envahir. Une nostalgie des bons moments passés avec Francesco et Romina. Des soirées à penser à ceux que nous avons hâte de revoir à la maison...

Le grand souci de Geneviève cette semaine: que je passe une journée d'anniversaire inoubliable. Elle nous guide donc vers le lac de Ba Be où il est possible de vivre dans une famille traditionnelle. L'expérience est vraiment extraordinaire! Du balcon de la maison sur pilotis, nous apercevons les pêcheur faire des prises incroyable. A chaque fois que le filet remonte à la surface, le monstre du Loch Ness est capturé. A table avec la famille et d'autres étudiants de la capitale, nous enchaînons vin français, vodka russe et alcool de riz vietnamien. Si la diversité culturelle est une chose souhaitable, la diversité des alcools dans mon estomac en est autrement... A la manière d'un gamin de 13 ans qui s'initie aux pratiques des grands, je fût malade pendant une journée complète (sans compté la gueule de bois qui ma suivi pendant 2-3 jours!).


Malgré tout, les échanges pendant la soirée furent exceptionnels! Des gens super sympathiques et respectueux qui nous on beaucoup fait rire. A un moment dans la soirée, le père de la famille me tend la guitare et me demande de jouer. Jouer quoi? N'importe quoi, il me répond. En essayant quelque chose d'un peu oriental à la guitare, il est partie de son côté en mode freestyle, chantant les beautés de la région. Wow! Cela ressemblait à une vieille complainte amérindienne! Même si Geneviève et moi ne comprenions rien aux paroles inventées, la sonorité du chant nous a donné quelque frissons! Définitivement, le Vietnam marque des points! (N'achetez pas vos billets d'avion tout de suite, il nous reste certainement d'autres mésaventures à vivre dans le prochain mois!)

Alors que nous nous approchons de Hanoi, nous recevons le mail de Yan et Géraldine, deux amis rencontrés au Cambodge au jour de l'an :
...
Toujours au Vietnam?
Nous serons à Hanoi dans 10 jours.
...
En dépliant notre carte routière sur le lit, nous dévions notre trajectoire pour ajouter des kilomètres à notre parcours. Nous avons eu tellement de bons moments avec ces Français que nous ne voulons pour rien au monde manquer ce rendez-vous! En attendant que nos deux amis rejoignent la belle capitale, nous pédalons vers de Sud dans des endroits inconnus, comme cela, au hasard. Certains appelleraient cela perdre son temps... nous préférons appeller cela prendre son temps!


mardi 14 avril 2009

Hors Routes

La descente pour quitter Sapa est impressionnante! 35km sans jamais donner un coup de pédale! Nous retrouvons le soleil avec la joie de Robert Gratton qui atterrit à Santa Banana. Crème solaire, lunettes de soleil, Aaaaalouette!

Nous arrivons dans cette ville grise qu'est Lao Cai. Pas même le soleil tropical n'arrive à donner envie d'y rester. L'endroit a le charme d'une cours à scrap. Par contre, nous sommes curieux de voir ce qu'il y a de l'autre côté du pont situé au bout de la ville. De l'autre côté de la rivière, c'est la Chine! Encore mieux, le Yunan! C'était comme goûter au gâteau avant le déssert. Il nous reste plus d'un mois à découvrir le Vietnam, donc pas question de traverser ce pont pour l'instant! De l'autre côté, nous arrivons quand même à déceler les affiches et édifices aux enseignes chinoises. Ce ne sera pas de tout repos à décrypter!

A partir de maintenant, nous longerons la frontière qui sépare le Vietnam de la Chine. Notre trajet est dessiné dans des montagnes qui promettent des paysages spectaculaires. Nous espérons aussi participer à des petits marchés isolés dans les montagnes. La tenue de ces marchés est faite en fonction du calendrier lunaire chinois. Finalement, la suite révélera que nos calculs étaient mauvais, nous tomberons donc sur 2 endroits déserts!


En route, lorsque nous demandons notre direction, nous obtenons souvent la même réponse: un"NO" prononcé comme si c'était le chien qui est en train de mordre le canapé. En vérité, nous avons appris que cela peut avoir trois significations:

1- (La plus probable): "Je ne parle pas Anglais et je n'ai pas envie de me concentrer pour comprendre ce que tu me dis en Vietnamien."
2- (Souvent dans les montagnes): "Vous ne pouvez jamais vous rendre avec des vélos, c'est trop loin, trop haut, trop difficile, trop..."
3- (Grand classique des balades hors routes): "Je ne connais que mon village dans ce pays, alors je n'ai aucune idée de ce qu'il y a 10 km plus loin."
Le même genre de "No" est aussi entendu lors de visites au restaurant. La confusion dans ces cas est encore plus grande. J'y reviendrai dans un prochain message...

Sur une jolie route de campagne, nous sommes émerveillés par les paysages. Au loin devant, nous apercevons les montagnes qui seront les défis des prochains jours. Tout près derrière, un chien me prend en chasse sous les yeux amusés de son propriétaire. Sans même que j'aie le temps de réagir, la bête avait planté ses crocs dans ma sacoche arrière laissant 2 trous bien visibles. Par chance, ce n'était pas mon mollet! La prochaine fois, je me le promets, je décharge mon poivre de cayenne! Un Vietnamien, un chien, n'importe quoi... celui qui nous agressera mangera épicé pour quelques jours!

Malgré l'incident, nous sommes heureux, car le parcours choisi nous permet de faire ce que nous appelons "du cyclotourisme de qualité". Le genre de paysage qu'on pourrait visiter avec un tour guidé qui coûte une petite fortune.


Un peu plus loin, Geneviève glisse et se retrouve à l'horizontal deux fois en moins de cinq minutes. Une vilaine flaque de boue... Les pneus, usés par 5500 km de chemins de qualité très variable, tiennent moins bien la route qu'auparavant. Heureusement, les deux chutes de Geneviève nous ont servi de leçons. Plus question de se laisser aller à 50 km/h dans les descentes. Même si Geneviève s'en sort sans blessure, sa confiance est ébranlée. Pour quelques kilomètres, le focus est plutôt tourné vers le négatif. Geneviève, sans trop le savoir, cumule les expériences de cycliste et elle m'impressionne par sa progression sur deux roues!



Derrière nous, la ville disparaît. Le bruit des motos laisse la place aux bruits de la ferme. Plus de klaxon, nous entendons seulement les cochons et les vaches qui remplissent les chemins de gravier. Là où nous allons, on peut s'y rendre en 4X4 seulement. Je réalise alors que les possibilités de trouver une endroit où dormir sur cette route sont nulles. Il faudra se débrouiller pour dormir ce soir! ...aventures en vue! Hier soir, dans la chambre de notre guesthouse, Geneviève et moi avons inventé un jeu de mémoire où il faut se souvenir des moments marquants notés dans notre journal de bord. Quel plaisir de réaliser qu'après seulement trois mois, nous avons vécu tellement d'aventures! Nous avons bien profité de la vie et des péripéties qu'elle peut offrir!


Après cette nuit passée dans un lit qui est en train de se faire bouffer par les termites (bruit d'enfer!), nous visitons les plus beaux marchés. D'un côté, les femmes vendent des poules et des fruits, tandis que les hommes, plus loin, égorgent les chiens et les cochons entre deux verres d'alcool de riz. L'homme qui s'en retournerait à jeun du marché serait rejeté par sa femme qui croirait que son mari n'a pas d'amis. Vraiment, c'est un monde à l'envers!



Et nous quittons, comme toujours, vers la montée du jour. Servie chaude sur des montagnes de rizières, nous en avons pour notre argent! La route est vivante. Après le marché, c'est le retour des gens vers leur village respectif. Chaque village porte fièrement ses propres couleurs, comme une équipe de hockey. L'atmosphère est à la fête et le quotient intellectuel des gens frôle souvent le négatif. Un vietnamien de grande finesse nous a alors appris une excellente blague que voici: Il suffit de faire semblant de trébucher afin de toucher la poitrine de Geneviève. Dommage que je n'étais pas là pour rire avec eux... Parfois, je me demande quel animal est le plus dangereux pour un cycliste, le chien ou le Vietnamien? Dans ces régions où le savoir-vivre est aussi rare qu'un pot de beurre de peanuts, je suis maintenant sur mes gardes. Je roule désormais près de Geneviève.



En deux grosses semaines de montagnes, nous avons traversé les plus beaux décors de notre vie. A certains endroits, nous avions carrément la sensation de rouler sur la Lune! Un paysage de pierres qui donne un sentiment d'éloignement et de désolation. Nous passons, avec l'envie de s'arrêter à tous les 100 mètres pour prendre une photo. Rien à faire, le paysage est trop grandiose pour entrer sur une 6X8. Regarder un beau paysage est une chose, mais il n'y a rien de tel que d'interagir avec celui-ci. Ces montagnes que nous regardons, nous les montons, nous les touchons. Leur forme détermine nos journées. Après avoir erré lentement sur ces routes, après avoir bu l'eau des rizières, après avoir senti l'odeur de la végétation, les photos ne font plus trop de sens. Traverser ces décors en voiture ou en autobus nous dégoûterait.



Il y a une phrase que Geneviève m'a dite l'autre jour et que j'ai bien aimé:"Le fait qu'on ait pas de maison nous oblige à profiter au maximum de l'extérieur". Certes, ce n'est pas la vie la plus confortable, mais est-ce que le confort mène réellement au bonheur?