mardi 7 octobre 2008

La vie - Théories 1, 2 et 3

Ce levé de soleil je l’avais imaginé de toutes les façons, tournés et dirigé dans toutes les directions. Ce matin-là je le connaissais comme si je l’avais déjà vécu. Pourtant, il faisait parti de mon futur. C’est que j’avais, moi aussi, mon lot d’idées préconçues. Normal, tout le monde en a.

Première journée universitaire; date que j’avais construit dans ma tête avec un peu d’espérance et beaucoup de préjugés. Oh oui, cela me faisait peur de me jeter dans un univers d’extraterrestres aux mœurs étranges qui ne parlent pas le même langage que moi. Cela m’importait peu, j’allais apprendre l’extra terrien et devenir informaticien moi-aussi! Devenir informaticien, je ne pouvais l’imaginer. Mais bon, je me dirige volontiers vers l’inconnu…

-théorie 1-

A quoi bon vivre une vie qu’on a TROP BIEN inventée? Pourquoi ne pas tenter l’aventure et se diriger dans une direction qui nous mène dans un endroit qu’on ne saurait décrire ? Un univers de nouveau… Une 2e vie où il faut réapprendre à manger, lire et parler ! J’y reviendrai… d’ailleurs, c’est essentiellement le sujet de ce blog.

Je disais… j’allais devenir informaticien. Un geek…

-théorie 2-

Heureux est celui qui peut combiner préjugés et ouverture d’esprit. Les deux font bien ensemble. Surtout quand le second l’emporte sur le premier. Tranquillement, la vie offre sa part de surprises. Équitablement? Nooon! L’homme sans idées préconçues ne s’étonne pas. Devant de nouvelles cultures, il les découvre, il les analyse pour capter des faits. - No Surprises – L’étonnement est réservé à celui qui voit ses préjugés abattus un à un. Mesdames, Messieurs, le spectacle va commencer !

Je disais… cette première journée aura modifié mon existence. Pas pour le diplôme. Pas pour la bague. Pour le monde… Pour les gens que j’ai rencontrés.

-théorie 3-

‘’La grandeur d’un métier est peut-être, avant tout, d’unir des hommes; il n’est qu’un luxe véritable, et c’est celui des relations humaines. En travaillant pour des biens matériels, nous bâtissons nous-mêmes notre prison.’’ – Antoine St-Exupéry.

Sur mon chemin, j'ai croisé des gens qui m'ont beaucoup influencé. Certains sont encore près de moi, d’autres qui, aux dernières nouvelles, auraient déménagé à Babylone. Et si je prenais un peu de mon temps pour leur rendre hommage? Si ce n’est que pour les féliciter d’être ce qu’ils sont…

vendredi 19 septembre 2008

Attachez votre ceinture!

Ca s’en vient! Le départ est fixé : 25 Novembre! Le retour ? Quelque part en 2009. Nous avons déniché un excellent billet qui nous donnera le droit de poser nos fesses sur un fougueux vol de China Airlines. Il a fallu faire vite, car il semblerait que nous n’étions pas les seuls prétendants pour obtenir ces places. Et, sans même y penser une seconde, j’ai fait le geste qui bouleversera probablement une bonne partie de ma vie. Je fouillai dans mes poches et tendis la clé du bonheur; une carte de crédit bien chargée! D’un mouvement habile du poignet, le commis vida mes économies des derniers mois. Chlic Chlic… et un petit papier sorti de la machine. Monsieur MasterCard en personne m’envoya un genre de fax pour me remercier de dépenser autant d’argent et me demanda de signer en bas pour approuver que je ne sois pas fou. J’acquiesçai!

Dès lors, les papillons furent invités dans mon estomac. Il n’y avait plus de retour en arrière possible.

- Désirez-vous une assurance annulation Monsieur?

- Non merci

C’était comme dire ‘’Non merci’’ lorsqu’on offre l’Extra, ça vient naturellement, sans remord. Et je quittai le pavillon Desjardins de l’université le sourire aux lèvres. C’est une bien grande entreprise qui se préparait et je trouvai particulièrement amusant de voir le premier épisode de l’histoire se dérouler avec tant d’aisance.

Jusqu’à maintenant il n’a fallu que de petits efforts pour garder cet objectif dans la mire. Tout cela à commencé par la vente de ma voiture, trop inutile en ville. Quel soulagement! Dorénavant, quand les lumières de déneigement allumeront, je pourrai célébrer la neige qui tombe au lieu de chercher un endroit pour foutre ma bagnole. Ensuite, il a fallu laisser tomber mon appartement beaucoup trop grand pour une seule personne… Et de retrouver le plaisir de vivre en colocation! J’ai enfin compris que la vie solitaire en appartement ne conduit nulle part, sinon qu’à une triste fin asociale et individualiste. Enfin, chose qui a été très facile, j’ai réduit mes apparitions dans les bars que je déteste profondément.

Je lisais sur le blog de Mark et Juliette comment ils ont réussit à recueillir assez d’argent pour faire le tour du monde tout en ne travaillant pas plus que la majorité des gens. La recette est simple : ‘’ no mobile phone, car, television, computor or interest in clothes or beer’’. Juliette avoua même avoir intégré la patate comme ingrédient principal de tous les repas! Ok, il y aura toujours des gens plus radicaux. Mark, pour sa part avait un intérêt un peu plus développé pour les gadgets et la bière : il ramassa £10 000 de moins que sa compagne. L’histoire ne dit pas si Mark aime les patates par contre…

mardi 26 août 2008

Une image vaut mille mots

Combien valent 10 images?


25 Novembre 2008


Bangkok

Décembre 2008 - Thailande


Janvier 2009 - Cambodge



Février 2009 - Laos



Mars 2009 - Vietnam

Avril 2009 - Chine




Mai - Juin 2009 - Honk Kong



Une route




Un objectif - Chasser quelques sourires!

mercredi 13 août 2008

5h30, Quelque part au bord du fleuve

Comme dirait Geneviève, la nuit fut « correcte ». Elle utilise ce qualificatif lorsque quelque chose n’est pas tout à fait merdique, mais pas loin de l’être. C’est que le propriétaire du terrain adjacent jugeait que l’été n’était pas assez pluvieux ainsi et avait programmé ses gicleurs pour arroser son étang pendant toute la nuit. Bravo! « Tara ta ta ta ta…… Tara ta ta ta ta » Au début, nous avons cru à l’arrivé de l’armée Canadienne, mais nous avons ensuite compris l’ineptie de la situation. Cette nuit plutôt mouvementée se prolongea avec une grâce matinée royale. Ce matin-là, il n’y avait pas de croissant ni de thé pour le roi et la reine, mais du pain sec avec beurre de peanuts. Et nous sommes partis comme des voleurs.

Suivant le chemin du roi, nous avons découvert de petits villages trop sympathiques, des gens trop souriants, des routes trop extraordinaires et, par-dessus tout, un généreux vent de dos qui nous propulse de contrées en contrées. En arrêtant sur la route pour nous prendre à manger, nous nous sommes longuement questionné à savoir pourquoi les gens de la campagne sont si gentils comparativement à ceux de la ville. Je ne sais pas, mais cela me donne envie de m’y installer. Au milieu d’un champ de blé, une petite maison. Deux jeunes en train de refaire la toiture et derrière, des musiciens donne un concert intime à quelques personnages sortis tout droit des années 70. Cette commune aurait fait rougir tous ceux qui se cachent derrière leur individualisme.

C’est vers midi que nous avons découvert qu’il faisait trop chaud pour avancer davantage. Nous avons donc garé nos montures près d’une rivière à l’écart de la route et nous avons dormi. Combien de temps ? Aucune idée. Mais juste assez pour bien digéré les super sandwiches à saveur de bonne humeur que Geneviève nous avait préparés. Et nous sommes repartis, direction Trois-Rivières!

Le soleil (concept abstrait de nos jours) était maintenant caché par les nuages et nous avions chacun le mal du cycliste, communément appelé le « mal-de-cul ». Entrant à Trois-Rivières, le tonnerre nous suggéra de prendre une pause au gros ‘’M’’ jaune. Mais c’était peine perdu de tenter de demeurer au sec, il a plu le reste de la journée… Cela nous força à prendre un souper bénis des dieux sous le perron couvert d’une église. Le corps du Christ…Amen!

Ensuite, nous avons filé jusqu’à la prochaine halte routière où nous nous sommes installés pour la nuit. Du haut du cap, nous avions une vue imprenable sur le fleuve, mais les rafales de vent, mêlés à la pluie, nous firent se rabattre dans notre tente jusqu’au lendemain. Ok, dormir dans une halte routière est illégal. D’ailleurs, un agent de sécurité est venu nous le rappeler tard dans la nuit.
- C’est pas un camping icitte
- Ok monsieur
- Êtes-vous en vélo ?
- Oui monsieur
- Ah ouuuuuuiiiiin !?!
Le ton avait changé et notre interlocuteur était maintenant notre ami. Il me raconta quelques blagues et me proposa de surveiller nos vélos pendant la nuit.

Le lendemain, nous avons roulé au soleil avec un ami que nous avons rencontré le soir précédent. Fils d’un aventurier qui a traversé l’Amérique à vélo, il en était à son initiation. Il était parti d’un petit village près de Repentigny et se rendait, seul avec son vélo, visiter un ami à Amqui en Gaspésie. Le type était jeune, mais il avait une détermination extraordinaire. Voyager seul c’est dans une catégorie à part. Je respect cela énormément. Tu te souviens de ma résolution de 2008 Geneviève? « Ne jamais attendre les autres pour partir à l’aventure ». Notre ami l’avait compris, lui.

Nous avons roulé vers Québec à la recherche de champs où nous aurions pu cueillir des framboises, mais nous n’avons pas trouvé. Heureusement pour les framboises… elles auraient passé un mauvais quart d’heure, je vous l’assure!

La fin du week-end approchait déjà! Seulement 40 km à faire quand le malheur arriva. C’était un avertissement pour la suite. Il faut toujours être prêt à tout sur la route. Le poids de mon corps et de mes sacoches ont fait exploser un rayon de roue arrière, la laissant complètement tordue et pratiquement inutilisable. Cela nous embêtait particulièrement, car nous n’avions pas les outils nécessaires pour faire la réparation. Mais pas question de marcher les 20 km qui nous séparent de l’atelier de réparation. Je continue sur ma roue fausse en espérant quelle tienne le coup.

Je vous disais que les gens de la campagne sont particulièrement sympathiques? Voici un autre exemple : Pendant que nous avancions tranquillement, mais surement vers Québec, une camionnette nous arrêta au bord de la route. Je connaissais le conducteur, il nous avait dépassés à vélo un peu plus tôt. Voyant que nous étions en mauvaise posture, celui-ci avait foncé vers sa demeure, pris son pick-up et était revenu nous offrir un raccompagnement à la maison. Wow! Mais nous avons refusé. Il fallait finir ce que nous avions commencé. De toute façon c’est probablement ce que Mike Horn aurait fait…

vendredi 8 août 2008

Berri-Uqam 20h30

Sur le quai de débarquement, nous nous trouvons à l’écart du flot en train de resserrer les derniers écrous qui font tenir nos vélos en un morceau. Improviser un atelier de mécanique à l’improviste me fera toujours sourire; pas besoin de rendez-vous au garage et le seul outil nécessaire ne tient que dans le creux de ma main. Pendant que je fais les derniers ajustements, Geneviève réparti les bagages dans les 2 nouvelles sacoches de vélo.
- 1 tente
- 2 sacs de couchage
- 2 matelas de sol
- 2 imperméables
- des sous-vêtements
On voyage léger. C’est tout.

Le soleil est couché depuis quelques minutes et la ville vibre maintenant au rythme de la nuit. Le départ est imminent. Je sens l’excitation dans l’air.
- Es-tu crinké?
- Ohh ooouuiii !
Le regard de Geneviève en dit long : « Quittons vite cette jungle! » Je réalise alors la chance que j’ai d’être accompagné d’une personne aussi intense et aventurière. Je suis fière de toi Ge ;)

Les premiers kilomètres sont applaudis par les klaxons et les sonnettes de la ville. L’air est humide, mais nous sommes bien. Comme dirait Cayouche, « on n’est pas chez nous mais on est ben ». Puis, nous roulons vers l’Est, sans trop de chemin précis, l’air devient plus frais et la lumière se tamise. Mais détrompez-vous, nous étions bien loin du décor romantique escompté. À mesure que mes yeux s’habituent à la noirceur, je découvre l’endroit : Montréal-Est, le royaume du métal rouillé! Sur ce territoire industriel, il n’y a pas de trace de vie. Lorsqu’un jour la Terre se videra de ses humains, c’est comme ca que j’imagine le paysage. Des réservoirs d’essence, des barils d’huiles et des centaines de grues tous harmonisés dans des teintes qui varient du rouille pâle au rouille foncé.

L’absence de trafic en ce territoire nous permet d’échanger pour vrai depuis le départ.
- Semaine de fou !
- Toi aussi ?
- Ouais, même que …
- Est-ce que je t’avais dit que …
- Et là, le gars m’a dit …
- Donc je suis allé …
- …
- …
Et cette conversation se termine lorsque nous réalisons qu’il n’y a plus d’usines autour de nous, que nous sommes en terres de banlieusards et que nous avons vraisemblablement perdu le Nord (ou plutôt l’Est). Arrivé à un ‘T’, ni la gauche ni la droite ne nous inspire. 10 secondes pour y penser et…
- ETES-VOUS PERDU ?!?!
C’était la voie d’un homme en robe de chambre qui nous interpellait du 3e balcon. Le rôle de cet individu dans la vie est de diriger les vélos perdus à 23h30 dans un quartier sans lumière. Du moins, c’est la seule explication que j’ai pu imaginer. « C’est par là » en nous pointant la droite. Nous roulons donc en direction de Repentigny, traversant une série d’échangeurs d’autoroutes plus ou moins réglementaires pour les cyclistes. Quand Geneviève m’a fait remarquer l’illégalité de la situation, nous avons jugé bon d’en rire un bon coup.

Un pont, deux ponts, je ne me souviens pas… mais je me souviens de ce sentiment de liberté lorsque nous avons quitté l’île. Devant, des lumières au loin, derrière, une quarantaine de km nous séparent du point de départ. Pas un bruit, sauf un : celui du vent dans mes oreilles. L’air est bon « et j’espère ne jamais arriver » -J. Leloup.

Bienvenue à Repentigny dit l’affiche pendant que je fredonne les deux mêmes lignes en boucle :
« Bienvenue à Repentigny-by-the-see / On va s’saouler en tabarly »
Lieu de naissance des Cowboys Fringuants et d’environ 75 000 autres personnages, Repentigny nous en met plein la vue avec son fameux Motel Capri. Une façade chromée qui lui voudrait surement un 3 étoiles à Fort Lauderdale. Trêve de plaisanteries, le centre-ville de Repentigny nous semble bien sympathique la nuit. Petites rues de pavés qui, d’un côté, hébergent d’agréables cafés et, de l’autre, offre une vue magnifique sur le fleuve! Ce n’est pas l’envi qui manque, mais nous nous sommes résolus à ne pas piquer notre tente directement au centre-ville. C’était mieux ainsi nous avons convenu J

Nous traversons donc la ville en profitant de chaque instant. Tantôt une voie porte les échos d’un festival sous un chapiteau, tantôt l’effluve d’une boulangerie nous rappel que le déjeuné est notre repas préféré à Geneviève et moi. « Demain on revient ! » Et, tranquillement, comme cela, nous passons des rues. Et encore des rues. Et nous passons cette rue. Celle que j’ai bien remarquée : le cul-de-sac sombre sur notre droite. Un chemin vers nulle part. Pendant que j’y pensais, Geneviève me rattrape pour me dire qu’elle a peut-être aperçu une place trippante pour passer la nuit. « T’as vu la petite rue à droite? »

Le cul sombre du sac débouche sur une séduisante pointe de terre qui s’avance dans le fleuve. Juste assez large pour y jeter notre abri. Immense coucher de lune, ciel étoilé à souhait, brise de la mer.
- C’est la couronne qui vous l’offre mademoiselle
- zzz zzzz zzz
- Geneviève ?!

mardi 29 juillet 2008

Montréal - Québec

La route est longue… Celle qui sépare les deux grandes villes s’étend sur des miles d’asphaltes. Un peu de pelouse entre les deux voies pour éviter tout face-à-face mortel; il y a bien peu de distractions lorsqu’on roule sur la 20 ou sur la 40. Personnellement, je préfère la 20 parce qu’à un moment donné, vers Drummondville, on à la chance de croiser Jurassique Park en version truck stop! C’est l’apogée de l’excitation. Des Monster trucks et des dinosaures rassemblés, je capote! Quelques secondes d’excitation et, complètement las, je fonce en rêvant au stade olympique. L’impatience est à son maximum. C'est la même histoire à chaque fois!

Il existe pourtant une solution à cet écœurement routier: la 138. Je vous le dis : cette route est tellement belle entre Montréal et Québec qu’on lui a donné un nom propre : Le chemin du roi!

Allez-Hop! C’est partie pour un petit week-end de vélo au Québec. Pour reprendre l’expression de Karl que j’aime bien : « cet été je visite mon pays! ». Une première expérience de vélo de plusieurs jours avec Geneviève. Ca s’annonce une belle aventure! Si son genoux tient le coup, nous allions pédaler de Montréal à Québec, soit environ 300km, en 2 ½ jours.

16h vendredi : Fin de la semaine de travail, il faut me rendre à Montréal en bus pour rejoindre Geneviève avec les deux vélos qui sont chez moi, à Québec. Je quitte donc le bureau avec tous mes bagages sur le dos et le vélo à Geneviève sous mes pieds. Ensuite, je transforme le comptoir d’expédi-bus en atelier de mécanique. Je n’ai jamais démonté deux vélos en si peu de temps. 15 minutes, les deux vélos étaient dans des boîtes! Cet exploits me fît suer à grosses goutes et cela faisait bien rigoler les 2 commis au comptoir qui n’avaient visiblement pas envie de me donner un coup de main. Il me restait 15 minutes pour faire le plein de calories avant le départ du bus. Pour la modique somme de 10$ je fie l’acquisition d’un magnifique club sandwich chez Valentine qui allait me graisser le dalot bien égal. A mon retour sur le quai d’embarquement, le distingué conducteur d’autobus me fit remarqué que « tabarnak c’est pas une place pour mettre des vélos » et que « crisse que je suis dans les jambes de tout le monde». Sur ces mots tendres, je désirais connaître le nom de ce sympathique personnage:
- M’en va tel dire moé cé quoi mon nom : Serge monsuiseusu…
- Serge qui?
- Ah ben pi té sourd en plus câlisse!

Ravi d’avoir payé 75$ pour mon billet et de jouir d’un tel service, je pris rapidement une bouchée dans mon club sandwich, ce qui me força à fermer ma gueule pendant quelques secondes, le temps que je laisse passer cette petite frustration que le fâcheux était en train de me transmettre. Je fis ce qui me semblait de mieux en ces circonstances : un beau grand sourire et je le remerciai pour sa gentillesse. Pauvre type…

A suivre...

lundi 7 juillet 2008

Yay!

2000 km dans les pédales…. Ca y est, c’est fait! Aujourd’hui, je comprends mieux le potentiel du vélo. Avant de me lancer moi-même sur la route, j’avais du mal à imaginer comment il est possible de sillonner des milliers de km sans brûler d’hydrocarbure. Maintenant je le sais… je sais que la motivation est le gaz qui peut nous propulser sur de nouveaux chemins pendant toute une vie.

C’est bizarre quand même. Lorsque je franchissais la 2000e borne, je me retrouvais à 50 mètres de l’endroit où j’avais franchi mon premier millier de km. Comme un jeu de Monopoly, j’étais de retour à la case départ. J’ai même l’impression de passer GO à chaque fois que je reçois mon chèque de paye et de faire un peu de prison le jour au travail! Cela me fit réfléchir. Est-ce que cette vie articulée autour d’une carrière n’est pas aussi absurde qu’une partie de Monopoly? Avez-vous déjà remarqué que dans ce jeu, on paye 50$ lorsqu’on prend le train, mais on ne va jamais nulle part? On tourne… jusqu’à ce que la partie soit finie.

Combien de gens vivent et meurent sans jamais sortir de la spirale, parce qu’ils espèrent, un jour, acheter leur maison sur Boardwalk? Le jeu de la société moderne tourne. Peu de gens cherche la sortie. Dans un esprit de conservatisme et de sécurité, on se laisse guider… le voyage est smooth. «On s’engage comme bétail, pas de malheur, pas de bonheur » -R. Desjardins.

M’enfin, me voilà sur cette piste cyclable. Beaucoup d’heures d’effort sous la pluie avec le vent dans le nez, une fatigue grandissante, 5 chutes, 3 crevaisons, des douches polluées au dégraisseur à moteur, des Pontiacs avec leur collant « Liberté » qui me frisent les oreilles, des jeunes insouciants qui s’amusent à me pointer avec leur fusil d’apprenti guerrier : C’était le prix à payer pour échanger sa voiture contre un vélo. En retour, on obtient des soleils généreux, des paysages jamais photographiés, le silence de la campagne, une condition physique à tout casser, une indépendance totale, un compte de banque accessoire. Certes, ce style de vie me convient, mais l’ultime jouissance c’est de se sentir invincible. "I read somewhere... how important it is in life not necessarily to be strong... but to feel strong." –Chris McCandless. Si on accepte cette idée, les obstacles franchis sont des médailles et les épreuves deviennent des opportunités de grandir.